La Lune, reflet de nos croyances

La Lune inspire depuis toujours des récits mythologiques à toutes les cultures et civilisations. Souvent religieux, ils sont aussi teintés de considérations politiques et sociales. Des premiers mythes sur l’apparition de la vie et de la mort, du bien et du mal, à l’invention des calendriers et aux superstitions sur la biodynamie, tour d’horizon de croyances plus ou moins lunaires.

Cet article est paru dans Ça m’intéresse – Questions et Réponses daté de juillet 2019. Un grand merci à l’anthropologue Jean-Loïc Le Quellec, coauteur du Dictionnaire critique de mythologie (CNRS éd., 2017), et à Yaël Nazé, astrophysicienne à l’Université de Liège et autrice de Astronomie du passé (Belin, 2018).

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Une sociologue sous les feux de la rampe

Peut-on être à la fois sociologue et metteure en scène ? C’est le pari tenu par Odile Macchi : elle écrit des pièces de théâtre tout public à partir de ses recherches. Ce portrait est paru dans Sciences humaines (n° 318, octobre 2019).

Les lumières s’éteignent dans le petit théâtre de la Reine Blanche, dimanche 23 juin à Paris. La dernière représentation de 36e dessous commence. Sur scène, une jeune femme décroche un téléphone imaginaire et questionne sans relâche un élu du Pays basque : quid de Fertiladour, cette usine de fabrication d’engrais implantée sur le site du port de Bayonne à la fin des années 1960 ? Qu’en est-il de la pollution des sols, devenus radioactifs, ou de la reconnaissance des maladies ayant décimé ses ouvriers ? Au bout du fil, l’élu reconnaît les faits sans esquisser de solution. Ses réponses sont authentiques ; les spectateurs entendent un enregistrement réalisé par la metteure en scène, O. Macchi, qui est aussi sociologue. Elle a participé notamment à une vaste enquête sur la silicose, croisant sciences sociales et santé publique. Cette maladie professionnelle a fait des ravages sur le site de Fertiladour, comme en témoignent des enregistrements d’ouvriers, également diffusés sur scène. Ils évoquent l’apparition des symptômes, la peur de ne pas retrouver de travail s’ils se déclarent malades, les collègues plus atteints que d’autres et mutés à des postes administratifs…

Ce n’est pas la première fois qu’O. Macchi mêle théâtre et sociologie. Elle a par exemple écrit une pièce sur les rencontres amoureuses ou fortuites, Indéfectible !, à partir d’observations sur Internet et dans la rue . Elle a aussi mis en scène Le Plus Clair de mon temps, une réflexion sur nos rythmes de vie qui mêlait les témoignages de pompiers, de médecins urgentistes ou encore d’enfants de 7 ans. Lire la suite

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Faut-il ralentir ?

Plus nous avons de temps pour faire les choses, plus nous cherchons à aller vite… Ce constat paradoxale a poussé le sociologue et philosophe Hartmut Rosa à critiquer notre tendance à l’accélération liée, selon lui, à des impératifs de productivité déraisonnables. Cette chronique est parue dans Management (n° 277, septembre 2019). À lire pour aller plus loin : Accélération. Une critique sociale du temps (La Découverte 2010).

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Henry David Thoreau, le philosophe des bois

Rejeter les conventions, le prêt à penser et les artifices de la société, pour tracer sa propre voie en toute liberté, est un leitmotiv majeur de Thoreau. Écrivain, philosophe, naturaliste, militant politique… Cet auteur fondamental pour la culture américaine – et la nôtre – louait une simplicité et une nature lui permettant de vivre sans entrave.

Cet article est paru dans Psychologies (n° 400, août 2019). Un grand merci pour leurs analyses à Michel Granger, professeur honoraire de littérature américaine à l’université de Lyon 2, qui a notamment dirigé l’anthologie Pensées sauvages (éd. Le mot et le reste, 2017) et Frédéric Gros, philosophe, qui consacre un chapitre à Thoreau dans Désobéir (Albin Michel, 2017).

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Homo biologicus

Peut-on espérer comprendre l’esprit humain sans commencer par le cerveau et les cellules de notre corps ? Le neurobiologiste Pier Vincenzo Piazza en doute fortement. Pour lui, la dichotomie classique entre le corps et l’esprit n’est pas fondée. Nos oscillations psychologiques, nos comportements, notre culture ou encore notre spiritualité s’expliquent d’abord en termes de mécanismes biologiques. L’auteur décrit par exemple comment des expériences de vie traumatisantes peuvent s’inscrire au fer rouge dans les neurones, comment notre quête du bonheur et du plaisir est un produit de l’évolution, ou encore quelles modifications du cerveau peuvent faire basculer un individu dans la toxicomanie.

Précises et pédagogiques, les analyses neurobiologiques de P.V. Piazza sont d’autant plus convaincantes qu’elles ne versent pas dans un réductionnisme simple que l’auteur critique par ailleurs, s’agissant de la génétique notamment. Certains arguments font mouche : si l’esprit était une entité purement immatérielle, par exemple, comment des objets, des faits ou des événements matériels pourraient-ils avoir un effet sur lui ? Cet essai captivera tout lecteur s’interrogeant sur les rapports entre le corps et l’esprit, la nature et la culture, la biologie et la psychologie.

Seul bémol : en usant et abusant d’expressions telles que « selon les sciences humaines et sociales », P. V. Piazza cède facilement au sophisme de l’homme de paille. Les thèses qu’il attribue aux humanités sont souvent caricaturales et ne correspondent pas à l’état actuel de la recherche, par exemple en philosophie de l’esprit ou en épistémologie. On recommandera donc de survoler voire d’oublier les chapitres abordant l’histoire des idées, pour dévorer avec d’autant plus de gourmandise les parties revenant à la biologie, qui est le vrai domaine d’expertise de l’auteur.

Homo biologicus, Pier Vincenzo Piazza, Albin Michel, 2019, 416 p., 22,90 €. Cette critique est parue dans Sciences Humaines (n° 318, octobre 2019).

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Obésité, l’autre combat

Perdre 50 kilos ne suffit pas pour se sentir mince. Après un régime important et parfois une opération, il est nécessaire d’entreprendre un travail de reconstruction physique et psychologique. Une véritable épreuve… trop souvent sous-estimée.

Cet article est paru dans Version Fémina (n° 906, semaine du 12 au 18 août 2019). À découvrir en ligne ! Merci à toutes celles et ceux qui ont bien voulu témoigner, partager leurs expériences et leurs analyses, et tout particulièrement à :

  • Virginie, dite « Navie », co-autrice, avec Audrey Lainé au dessin, du roman graphique Moi en double (Delcourt, 2019)
  • Fabien Stenard, chirurgien et responsable d’un nouveau pôle bariatrique à la Clinique des cèdres d’Echirolles (Isère)
  • Deborah Tholliez, psychologue clinicienne au cabinet Nutrition Longchamp

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Mort de honte

À mi-chemin entre le témoignage, l’autobiographie et l’essai introspectif, le dernier ouvrage du psychiatre et psychanalyste Serge Tisseron peut dérouter au premier abord. L’auteur part d’une anecdote : apprenant que la Légion d’honneur doit lui être remise, il éprouve une gêne, une incompréhension et même une légère honte à être récompensé. Étonné par cette réaction, il tente de remonter à l’origine de son malaise et examine alors ses souvenirs d’enfance, ses premiers textes et dessins, ou encore ses travaux de recherche.

Et l’on se prend au jeu : suivre un spécialiste de l’esprit explorer les méandres du sien s’avère assez captivant. S. Tisseron montre notamment comment la honte peut infuser dans un cercle familial et se transmettre à travers des attitudes, des réponses évasives aux questions de l’enfant ou encore une ambiance appesantie par les tabous et les secrets de famille. Est-ce un hasard, d’ailleurs, si l’auteur a consacré ses premières publications à ces sujets ?

On peut certes regretter que S. Tisseron colle d’aussi près à son histoire personnelle et néglige toute mise en perspective ou presque : le ton est loin d’être académique. Les concepts psychanalytiques mobilisés ne sont quasiment pas définis, par exemple. Pour autant, cet essai conserve bien une portée générale, au-delà des souvenirs personnels, des anecdotes et des révélations que livre l’auteur sur sa propre histoire. S. Tisseron donne en effet à voir une démarche psychanalytique en acte. Plus qu’une plongée en un for intérieur, celle-ci apparaît davantage comme une relecture de faits et gestes dont la cohérence et l’interconnexion lui échappaient jusque là. Ainsi, les souvenirs qu’il convoque deviennent des hypothèses susceptibles de donner du sens au présent.

Mort de honte, Serge Tisseron, Albin Michel, septembre 2019, 216 p., 17 €. Cette critique est parue dans Sciences Humaines (n° 318, octobre 2019)

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