Philosophie du soin et de la médecine

Quels philosophes, historiens et épistémologues se sont penchés sur la question de la maladie, du soin et de la médecine ? Sciences Humaines consacre son dernier numéro “Les Grands dossiers » (n° 53, décembre 2018, janvier – février 2019) à ce thème, moins connu que les essais sur le le bonheur, la liberté ou encore l’identité. Pourtant ce champ disciplinaire est tout aussi riche et dynamique aujourd’hui – des antiques traités d’Hippocrate ou Galien aux travaux contemporains sur le « care » et l’éthique médicale. Dans la rubrique “points de repère”, je vous propose un panorama des philosophes, classiques ou toujours en activité, attachés à ces questions brûlantes. Il ne prétend pas à l’exhaustivité mais vous donnera rapidement quelques clés et, je l’espère, l’envie d’aller plus loin.

À lire :

 

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Dialectique de la pop

Ce livre n’est pas un nouvel opus de « pop philosophie » débusquant les idées d’un Nietzsche ou d’un Platon dans le dernier tube de l’été. Il propose une analyse esthétique de cette musique légère et « mauvaise sans exception », telle que la dénigrait Theodor Adorno. Face à ce rejet élitiste des hits d’Abba ou de Claude François, la philosophe et musicienne Agnès Gayraud commence par constater que la pop a désormais gagné : elle est partout et sa légitimité culturelle est rarement contestée.

Prenant acte, l’auteure considère l’histoire et la spécificité de cet art musical aux multiples facettes, son analyse valant autant pour la « pop », au sens restreint, que pour les musiques populaires en général, folkloriques ou alternatives. Contrairement aux formes jugées plus savantes, reposant sur l’écrit et la partition, la pop naît à l’origine de l’enregistrement de performances quasi sauvages, comme les premières ballades et morceaux de blues-rock radiodiffusés aux États-Unis, au début du 20e siècle. C’est cet enregistrement qui fait l’œuvre pop, non seulement en tant qu’il la colore d’un grain particulier – le crissement du vinyle, la qualité de son d’une époque –, mais surtout parce qu’il démocratise son écoute : pour la première fois dans l’histoire, tout le monde peut écouter le hit du moment.

La pop vise dès lors un engouement universel, qui ne sacrifie cependant rien à ses qualités esthétiques. À l’instar de la « juste mesure » théorisée par Mozart, elle entend emballer les experts comme les béotiens. Mais comment plaire à tous quand, en tant qu’artiste, on souhaite exprimer sa différence et son originalité ? La « dialectique de la pop » désigne cette « lutte intestine » entre un élan presque enfantin, au cœur des grands succès, et les mécanismes de standardisation de l’industrie musicale. À l’avenir, remarque A. Gayraud, d’autres formes musicales émergeront de nouvelles conditions de production, la diffusion numérique et le streaming se substituant à l’édition discographique.

Dialectique de la pop, Agnès Gayraud, La Découverte/La Rue musicale, 2018, 522 p., 26,50 €. Cet article est paru dans Sciences Humaines (n° 309 – décembre 2018)

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Le Smartphone, poison ou remède ?

Dans son essai Le Troisième Cerveau, Pierre-Marc de Biasi, directeur de recherche émérite au CNRS, alerte sur la relation de dépendance que nous entretenons avec le Smartphone, outil « intrusif, injonctif et addictif ». Cette interview est parue dans Le Journal du CNRS.

Neuf utilisateurs sur dix ne sortent jamais sans leur Smartphone et le consultent près de 100 fois par jours. © Sirinapa Wannapat / EyeEm/GETTY IMAGES

 

Vous avez dirigé l’Institut des textes et manuscrits modernes. Comment en êtes-vous venu à travailler sur les Smartphones ?
Pierre-Marc de Biasi : En étudiant les archives de la création, on s’intéresse forcément aux supports de la communication et aux conditions concrètes de la transmission, aux interrelations entre technique et culture : ce que Régis Debray a appelé la « médiologie ». Comment se désintéresser d’un médium qui véhicule aujourd’hui l’essentiel de ces interactions ? Neuf utilisateurs sur dix ne sortent jamais sans leur Smartphone et le consulte près de cent fois par jour ; un tiers admet être en situation de dépendance. Début 2018, dans la revue Médium j’avais évoqué les analogies entre le Smartphone et le silex paléolithique : taillé pour la main, c’est un outil qui nous dote de superpouvoirs et nous rend de plus en plus puissants dans la maîtrise de notre environnement. Mais l’asymétrie de notre relation au Smartphone nous conduit tout droit à ce que Hegel appelait la dialectique du maître et de l’esclave. Pour le moment, nous sommes les maîtres, et les Smartphones sont nos esclaves. Plus nous déléguons de tâches à cet outil, plus il devient compétent pour satisfaire et anticiper nos désirs, et plus nous devenons dépendants de lui : le petit serviteur zélé finira par se faire le maître de ses maîtres. J’ai eu envie d’approfondir cette réflexion en me donnant l’espace d’un essai. Il n’y avait pas de livre sur le sujet.

Vous attaquez fort ! Concrètement, quelles utilisations pourraient avoir tendance à nous asservir ?
P.-M. de B. : Demandez-vous simplement : dans cinq ans qui sera encore capable de lire une carte ou de s’orienter sans la géolocalisation de son Smartphone ? Lire la suite

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Vive les cafés différents !

Ici, ils ne sont pas « autistes », « trisomiques » ni « sourds », mais serveurs, barmen, cuisiniers… et ils veulent transformer notre vision du handicap.

Cet article est paru dans Version Femina (n° 867, semaine du 12 au 18 novembre 2018). Un grand merci aux équipes du Café Joyeux, du Café Signes et de Katimavik pour leur accueil et leurs explications.

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Spirou et Fantasio, c’est toute une philosophie !

Un couple nietzschéen, un écureuil socratique, une journaliste disciple de Simone de Beauvoir… Ces petits personnages donnent de grandes leçons de vie. Contrairement à la plupart des héros de BD, Les aventures de Spirou et Fantasio n’appartiennent pas à un auteur en particulier mais à une maison d’édition. Résultat, pas moins d’une trentaine de bédéastes ont dû réinventer cet univers tout en respectant ses codes, son ADN, sa philosophie.

Les fans attendaient au tournant ! Pas question de bouleverser du jour au lendemain le couple si singulier que forment les deux héros, la conception du bien et du mal défendue face à leurs antagonistes, ou la présence surréaliste d’un écureuil pétri de sagesse à leurs côtés. De fait, il y a une vraie continuité d’un auteur à l’autre, même chez les plus innovants, laissant présager que ces aventures pourraient avoir une portée plus universelle qu’il n’y paraît. Focus sur six grandes idées qu’incarnent le célèbre groom et ses compagnons.

Cet article est paru dans le Hors-série de Ça M’intéresse consacré aux aventures de Spirou (n° 13,  24 octobre 2018). Cliquez ici pour le commander en ligne !

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Un grand footballeur fait-il un bon manager ?

Thierry Henry a pris les rênes de l’AS Monaco, marchant dans les pas de joueurs d’exception devenus entraîneurs – comme Didier Deschamps ou Zinédine Zidane. Mais, comme l’expliquait déjà Kant, la connaissance du terrain ne fait pas tout lorsqu’on bascule dans la direction des opérations.

Cet article est paru dans Philonomist, nouveau site web de Philosophie magazine consacré au management et au monde de l’entreprise. À découvrir en ligne !

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Internet : cliquer, c’est polluer ?

Écrire un mail, regarder une vidéo, publier des photos sur les réseaux sociaux : autant de gestes anodins mais loin d’être aussi écologiques qu’on ne pourrait le croire. État de lieux et astuces pour lever le pied !

Mon article est paru dans Version Femina (n° 865, semaine du 29 octobre au 4 novembre 2018). Merci pour leurs analyses et témoignages à :

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