La connerie décryptée à l’aune des sciences humaines

Le magazine Sciences Humaines consacre son dossier de fin d’année à « la connerie ambiante » : ses racines, ses ailes de géante, ses ramifications, ses labyrinthes et ses impasses. « Histoire, en tamisant ce bourbier, d’en tirer quelques pépites de savoir, voire des perles de sagesse », espère Jean-François Marmion, qui a coordonné ce dossier. Cliquez ici pour l’acheter ou commander le numéro complet !

J’ai eu le plaisir de rédiger deux articles pour ce dossier : dans « Cons sans frontières », je passe en revue différentes traduction et connotations de cette insulte à travers le monde, à l’aune d’analyses en sciences du langage. Dans « La philosophie contre-attaque », je vous propose quelques stratégies imaginées par des philosophes pour faire faire à la bêtise d’autrui… et à la nôtre surtout ! Bonne lecture

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Étude clinique : comment ça marche ?

Crise sanitaire oblige, sans oublier d’interminables débats sur l’hydroxychloroquine, j’ai souhaité faire le point avec une épidémiologiste sur le déroulement normal d’une étude clinique, avant la mise sur le marché d’un médicament. Cet article est paru dans Version Femina (n° 971, semaine du 9 au 15 novembre 2020). Un grand merci à Dominique Costagliola, directrice de recherche à l’Inserm, pour ses éclairages !

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Le rôle des inégalités dans la prise en charge des AVC

© Chinnapong/Stock.Adobe.com

Maîtrise de la langue, milieu social, homme ou femme… la Journée mondiale de l’accident vasculaire cérébral (AVC), le 29 octobre, est l’occasion de rappeler que les inégalités sociales de santé jouent un rôle non négligeable dans la prise en charge des patients, au-delà des critères purement biologiques ou médicaux. Cet article est paru dans Le Journal du CNRS.

En 2011, alors que Nicole Guinel était orthophoniste à l’hôpital Tenon AP-HP, dans le 20e arrondissement de Paris, dans le service du Pr Sonia Alamowitch, une patiente polonaise s’est présentée complètement mutique après un accident vasculaire cérébral (AVC). « L’aphasie, perte partielle ou totale du langage, est une conséquence fréquente d’un AVC, explique Nicole Guinel. C’est pourquoi nous préconisons des exercices de démutisation, permettant d’encourager un retour de la parole. » Ces exercices consistent par exemple à prononcer des mots ou des expressions de façon adaptée à un contexte – « bonjour », « merci », « nous sommes lundi »… –, à nommer correctement des objets de la vie quotidienne, ou encore à chanter de petites comptines. Pour être plus efficaces, ces exercices doivent débuter le plus tôt possible. Leur succès dépend aussi de l’état de la victime, de la gravité de son accident, de son profil ou encore de son parcours de vie. « Face à cette patiente polonaise, arrivée en France depuis deux mois et qui ne parlait pas un mot de français, j’ai de nouveau été confrontée au fait que nos exercices étaient inadaptés pour les non francophones », se souvient Nicole Guinel.

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L’Odyssée des gènes

16026666410_odyssee-des-genes-2L’ADN est une formidable machine à voyager dans le temps. En comparant les génomes de populations humaines, d’autres grands singes et de fossiles, il est possible de retracer les chemins empruntés par notre espèce depuis sa séparation d’avec les chimpanzés jusqu’aux migrations et évolutions d’aujourd’hui. C’est le point de départ de l’anthropologie génétique, discipline née dans la seconde moitié du 20e siècle, alliant génie génétique, calculs statistiques, paléoanthropologie, histoire et linguistique.

Professeure au Muséum national d’histoire naturelle, Evelyne Heyer en présente les principaux acquis, les méthodes de travail et les projets de recherche actuels, dans un essai clair, pédagogique et vivant. Les grands consensus sur l’évolution humaine y sont rappelés : origine commune en Afrique, colonisation de la planète par vagues successives, croisements entre différentes espèces d’hominidés. Mais l’ouvrage recèle aussi quelques surprises. On y apprend, par exemple, qu’Homo sapiens n’a pas brusquement quitté l’Afrique pour partir à la découverte d’horizons inconnus, suivant une image consacrée, mais que plus probablement des milliers de générations se sont établies à 3 km en moyenne de leur lieu de naissance, colonisant progressivement et lentement la planète. On apprend aussi que 10 % des hommes habitant sur le territoire de l’ancien empire mongol pourraient descendre de Gengis Khan, réputé pour avoir eu un grand nombre d’épouses et d’enfants. On lit également que toute personne ayant certains de ses grands-parents nés en France retrouverait à coup sûr Charlemagne dans son arbre généalogique.

Scrupuleuse et prudente, E. Heyer met aussi en garde contre les conceptions erronées du déterminisme génétique,  aujourd’hui portées par de nouveaux adeptes du racisme scientifique, ou parfois promues par des entreprises de séquençage pour vendre des généalogies fumeuses. Une lecture salutaire, donc, en plus d’être captivante.

L’Odyssée des gènes, Evelyne Heyer, Flammarion, 2020, 388 p., 22,90 €. Cet article est paru dans Sciences Humaines (n° 330, novembre 2020). Rendez-vous sur le site pour d’autres critiques d’essai

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Tout plaquer, une fausse bonne idée ?

Repartir de zéro pour tout changer et enfin « vivre sa vie » : l’idée est séduisante sur le papier mais trompeuse, car la “vraie vie” ne peut-être qu’ici et maintenant, et faite d’insatisfactions. Mieux vaut s’efforcer de devenir meilleur sans rêver d’une existence parfaite. C’est du moins ce que l’on peut en conclure à la lecture du dernier essai du philosophe François Jullien : De la vraie vie (éd. de l’Observatoire, 2020).

Cette chronique est parue dans Management (n° 289, octobre 2020) : cliquez ici pour commander un numéro en ligne ! Toujours dans cette rubrique, retrouvez en prime l’art de manager comme L’homme de cour de Baltasar Gracián.

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Ça m’intéresse… le monde de demain !

La crise sanitaire n’était pas encore flagrante quand nous avons commencé à travailler sur ce numéro, mais la question était déjà d’actualité : dans quel monde vivrons-nous demain ? La nature reprendra-t-elle ses droits ? Pourrait-on se passer d’argent ? Le transhumanisme verra-t-il ses rêves réalisés ? Le hors-série de Ça m’intéresse – Questions & Réponses (n° 97), paru le 1er octobre 2020, passe aux cribles 200 questions sur l’avenir !

J’ai eu le plaisir de rédiger quelques articles sur l’économie d’hier et de demain :

  • Depuis quand accumule-t-on des richesses ?
  • Que se passerait-il si on annulait la dette ?
  • Le bouddhisme peut-il sauver l’économie mondiale ?
  • Pourquoi accorde-t-on de la valeur à du papier ?
  • 7 idées reçues sur le capitalisme passées au crible

Pour avoir des éléments de réponse à ces questions fascinantes et à bien d’autres encore, cliquez ici pour commander ce numéro ! Un grand merci notamment aux économiste Jézabel Couppey-Soubeyran et Charles Banaste pour leurs éclairages.

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Classé dans Ça m'intéresse, Histoire, Politique, Religion, Société

« Il existe trop de cas limites pour qu’on prétende avoir une définition stricte de la mort »

Que se passe-t-il dans notre cerveau lorsque nous passons de vie à trépas ? Y a-t-il un moment précis où l’on glisse irrémédiablement d’un état à l’autre ? Et qu’est-ce que mourir, au fond ? Professeur de neurosciences et auteur de La Science de la résurrection (Flammarion, 2020), Stéphane Charpier fait le point sur ce domaine insondable.

Cette interview est parue dans Le Monde (« Le Monde des religions » / « Sciences »), à retrouver en ligne !

Stéphane Charpier © Astrid di Crollalanza, Flammarion

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Le sens, source de bonheur au travail ?

Le magazine Management consacre son dossier d’octobre à la quête de sens au travail : qu’est-ce qui nous motive à nous lever chaque matin ? Pourquoi beaucoup s’arrêtent ou changent de voie en cours de carrière ? Comment aimer son job ou donner l’envie d’aimer à ses collègues ? Et bien d’autres questions encore !  J’ai eu pour ma part le plaisir d’interviewer Flora Bernard, consultante en philosophie en entreprise et cofondatrice de l’agence Thaé. Selon elle, les entreprises ont certes vocation à mettre en place de bonnes conditions de travail, mais elles ne peuvent pas “donner du sens” au travail de chacune et de chacun. Passé un certain point, le sens serait avant tout « l’objet d’un cheminement personnel ». Je vous invite à retrouver l’intégralité de cet entretien dans Management (n° 288, octobre 2020).

Flora Bernard, Thaé

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Classé dans Management, Philosophie, Travail

Notre psychologie, un héritage du passé ?

Notre psychologie actuelle serait-elle le fruit d’une réponse adaptative aux conditions du passé ? Un article récent relance les critiques sur cette théorie explicative. Cet article est paru dans Sciences Humaines (n° 329, octobre 2020)

Pourquoi avons-nous peur des serpents et insectes venimeux, même si nous n’en croisons jamais ? Un amateur de psychologie évolutionniste ou « évopsy » pourrait répondre que cette crainte a aidé nos ancêtres préhistoriques à se protéger de piqûres mortelles et donc à survivre. Elle aurait ainsi été sélectionnée au fil de l’évolution naturelle, comme d’ailleurs un grand nombre des comportements humains : la façon dont on recherche de la nourriture, un partenaire sexuel, un foyer, etc. Ce genre d’explication suscite néanmoins de vifs débats depuis son apparition à la fin des années 1980.

Spéculative et circulaire

Beaucoup de chercheurs en sciences humaines et sociales ont notamment reproché à l’évopsy de négliger le poids des facteurs historiques ou culturels. « Dans les années 1990, illustre le philosophe des sciences Philippe Huneman, codirecteur d’un ouvrage de référence sur Les Mondes darwiniens (2011), les fondateurs de l’évopsy ont prétendu avoir identifié des comportements naturels, communs à toute l’humanité. » Par exemple un ratio entre la taille d’une femme et celles de ses hanches, tel qu’elle serait jugée plus ou moins attirante par les hommes… « Leurs tests étaient complètement biaisés ! Et on a pu facilement montrer que les standards de beauté étaient très différents d’un pays à l’autre. »

La philosophe américaine Subrena Smith vient de jeter un nouveau pavé dans la mare dans un récent article. Elle dénonce l’évopsy comme une idée nécessairement « spéculative » et « circulaire ». Lire la suite

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La lenteur est-elle la vraie agilité ?

Le modèle de “l’homme pressé » a du plomb dans l’aile, comme le montre notamment l’historien Laurent Vidal dans Les hommes lents (Flammarion 2020). Beaucoup de travailleurs et de travailleuses préfèrent en conséquence vivre moins vite et mieux, renouant avec un ancien idéal de sagesse. Saviez-vous que le mot « lent » vient du latin « lentus », désignant aussi la souplesse et la flexibilité ? Cette chronique est parue dans Management (n° 288, octobre 2020). À retrouver en ligne ou en kiosque ! À lire également dans cette rubrique : l’art de manager comme L’homme de cour de Baltasar Gracián.

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