L’argent fait-il le bonheur ?

En psychologie comme en économie, les rapports entre niveau de richesse et bien-être font l’objet d’études détaillées. Il serait même possible de définir un seuil optimal de revenu, au-delà duquel le niveau de satisfaction ne progresse presque plus. Plus généralement, tout l’enjeu est de déterminer dans quelle mesure et à quelles conditions l’argent contribue à notre bonheur.

Cet article est paru dans Sciences humaines (n° 349, juillet 2022), dans un dossier consacré à notre rapport à l’argent. À retrouver en kiosque ou en ligne !

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« Squid Game », le jeu de la mort

Cette chronique est parue dans Sciences Humaines (n°349 – juillet 2022). À lire pour aller plus loin : La Psychologie selon Squid Game, Jean-François Marmion (éd. de l’Opportun, mars 2022)

Dans cette série coréenne, des centaines de personnes endettées voire ruinées sont invitées à une compétition illégale pour tenter de gagner 45,6 milliards de wons (environ 32 millions d’euros). Chaque épreuve est littéralement un jeu d’enfant, parfois connu en Occident comme « 1, 2, 3… soleil », et parfois propre à la culture coréenne : le « squid game », ou « jeu du calamar », est ainsi un étonnant mélange de marelle et de rugby. Le hic, c’est que les règles de tous ces jeux sont aménagées pour que les perdants soient fusillés, écrabouillés ou encore déchiquetés. Ils peuvent même s’entretuer entre deux épreuves pour éliminer des rivaux. Les joueurs forment des alliances, certains se trahissent, d’autres se retrouvent malgré eux dans des duels à mort. À la fin, seuls les survivants se partageront la récompense.

Et vous, que feriez-vous ? Si l’on en croit Jean-François Marmion, auteur d’un essai sur La Psychologie selon Squid Game et collaborateur de Sciences Humaines, vous tueriez comme tout le monde ! Tant cette compétition pousse à commettre « l’irréparable à petits pas ». « Les jeux sont organisés pour favoriser cette gradation irréversible des actes violents, et parfois meurtriers, dont les auteurs ne se seraient pas crus capables. » D’abord on court pour sauver sa peau, puis on gagne en sachant que les perdants seront exécutés ; de fil en aiguille, on finit par tuer pour ne pas être tué – et peut-être même par envie d’empocher la récompense, histoire de ne pas avoir traversé ces horreurs pour rien.

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Alexandre Viros, patron d’Adecco : « Le CDI reste le Graal en France »

Le géant de l’intérim aide les précaires à retrouver le chemin de l’emploi stable et embauche en CDI. Paradoxe ? Pas pour son patron, qui estime qu’une entreprise doit savoir penser au-delà d’elle-même. Cette interview est parue dans Management (n° 303, juin – juillet 2022)

Alexandre Viros, président France du Groupe Adecco. ©Ed Alcock / M.Y.O.P. pour Management

Le conflit ukrainien a de lourdes conséquences sur l’économie mondiale et sur le marché de l’emploi. Si l’intérim n’est pas épargné, le secteur bénéficie pourtant encore de la bonne santé qui était la sienne avant la guerre. D’après la Direction des statistiques du ministère du Travail, le nombre d’intérimaires est passé d’environ 730.000 en janvier  2021 à près de 850.000 un an plus tard, alors que la crise sanitaire continuait de chambouler l’économie.

Pour se maintenir, un géant du secteur comme Adecco (23,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019) mise sur trois chantiers : le numérique, la formation et… l’ambition sociale. Le point avec Alexandre Viros, président France du groupe depuis septembre 2020.

Quelles évolutions du marché de l’emploi anticipez-vous à court et moyen terme ?

Alexandre Viros : Nous entrons dans une sorte de révolution permanente. Les postes et les métiers se transforment de plus en plus vite. Je ne parle pas seulement de la disparition d’emplois, dans l’industrie ou sur des chaînes de production, et de créations dans d’autres secteurs, comme l’informatique et le numérique.

Certes, cette dynamique est une réalité, mais on a trop tendance à occulter ce qui se passe entre ces deux pôles. Le métier que vous faites aujourd’hui existera sans doute encore dans cinq ou dix ans, mais vous ne ferez plus du tout la même chose. Votre emploi se sera transformé et vous mobiliserez d’autres savoir-faire et outils au quotidien.

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Le Giec, une institution sans équivalent

Depuis plus de trente ans, cette coopération internationale dresse un état des lieux des connaissances scientifiques sur l’évolution du climat. Quelles sont ses forces et ses faiblesses ? Comment s’est-elle remise en question pour faire évoluer son modèle ?

Cet article est paru dans Le journal du CNRS (n° 308, juin 2022). À retrouver en ligne ! Vous pouvez également télécharger directement un pdf en cliquant ici.

Un grand merci pour leurs éclairages à :

  • Anouk Barberousse, professeure de philosophie des sciences à Sorbonne Université, membre du laboratoire « Sciences Normes Démocratie »
  • Kari De Pryck, chercheuse post-doctorante en sciences politiques, relations internationales et politiques de l’environnement. Associée au Pacte, laboratoire de sciences sociales de l’Université de Grenoble et du CNRS, elle vient de publier Giec, la voix du climat (Sciences Po, 2019).

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« Le vote bobo n’existe pas »

Ils seraient cultivés, à l’aise financièrement, habiteraient les centres de grandes villes et voteraient de manière homogène, plutôt à gauche… Ils, ce sont les bobos. Une « caricature » selon Jean Rivière, enseignant-chercheur en géographie, qui vient de publier L’Illusion du vote bobo (PUR, 2022), où il démontre l’hétérogénéité de cet électorat supposé. Cette interview est parue dans Le Journal du CNRS.

Bureau de vote à Strasbourg (67), le 10 avril 2022, lors du premier tour de l’élection présidentielle. © Frédéric Maigrot / RÉA

Pourquoi dites-vous que le « vote bobo » n’existe pas ?

Jean Rivière. Au-delà du vote, c’est l’idée même de « bobo » qui pose problème. C’était déjà l’objet d’un précédent livre collectif auquel j’ai participé : Les Bobos n’existent pas (PUL, 2018). À travers cette notion, on imagine une catégorie de la population qui serait homogène sur presque tous les plans – idéologique, politique, intellectuel, professionnel, géographique… Ce serait des personnes bien dotées, financièrement et culturellement, privilégiant les centres de grandes villes et adhérant plutôt à des idées de gauche.

« Le terme de “bobo” est apparu sous la plume de l’essayiste conservateur américain David Brook au début des années 2000 »

Mais dès qu’on essaye de comprendre concrètement de qui on parle, à l’aune de statistiques et de recherches scientifiques, on constate bien vite que c’est une caricature. Vous ne pouvez pas mettre sur le même plan un architecte vedette, propriétaire à Paris et gagnant 10 000 euros par mois ou plus, et un jeune graphiste indépendant installé dans un studio à Lille, qui peinerait à joindre les deux bouts. Ils n’ont pas forcément les mêmes préoccupations, goûts ou idées… Et souvent ils ne votent pas de la même façon. C’est pourtant ce qu’on fait croire en les associant à un même « vote bobo ».

Cette idée s’est néanmoins imposée sur la scène médiatique…

J. R. Le terme de « bobo » est apparu sous la plume de l’essayiste conservateur américain David Brook au début des années 2000. En France, l’expression est d’abord reprise avec une certaine autodérision par des médias situés à gauche. Puis la droite et l’extrême droite s’en emparent à la fin des années 2000 pour délégitimer des causes politiques associées à ce groupe supposé : l’écologie, l’antiracisme ou encore l’antisexisme.

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Classé dans Politique, Société

Littérature : le futur entre les lignes

De la révolte des robots aux apocalypses climatiques, la science-fiction imagine les conséquences de nos actions et de nos choix de société dans un futur souvent inquiétant. Elle participe ainsi aux débats sur le monde d’aujourd’hui.

Cet article est paru dans Carnets de science, la revue du CNRS (n° 12), à retrouver, en kiosque, en librairie ou en ligne ! Merci aux spécialistes de SF pour leurs éclairages et conseils de lecture :

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Barbie est-elle féministe ?

Cette chronique est parue dans Sciences Humaines (n°348 – juin 2022). À lire pour aller plus loin : Le féminisme pop. La défaillance de nos étoiles, de Sandrine Galand (éd. du remue-ménage, 2021)

Au premier regard la réponse serait « non ». Avec ses mensurations aberrantes et sa dégaine de princesse slave, la célèbre poupée mannequin véhiculerait des clichés sexistes. Pourtant cette icône avait une vocation émancipatrice aux yeux de sa créatrice Ruth Handler. Le premier modèle de 1959 incarne une adulte indépendante, devenue astronaute dès 1965, candidate à la présidentielle américaine de 1992, ou encore ingénieure en robotique en 2018. Sa morphologie aussi s’est diversifiée, mais reste proche de canons de beauté artificiels. Qu’en penser au final ?

Le 12 mai, Mattel annonçait la création de sa première poupée équipée de prothèses auditives (3e en partant de la gauche) et d’un Ken atteint de vitiligo (4e).

Le procès de Barbie est plus généralement celui du « féminisme pop », analyse Sandrine Galand, docteure en études littéraires de l’université du Québec à Montréal, qui vient de publier un essai sur le sujet. Barbie serait un archétype des pop féministes d’aujourd’hui, actives dans les films, les séries ou encore la musique. De Buffy contre les vampires à Miley Cyrus, ces icônes revendiquent leur émancipation tout en assumant une apparence glamour et hypersexualisée, se faisant cheffes de file d’un « girl power » mondialisé. Cette posture ambiguë suscite de vives critiques d’intellectuelles féministes, note S. Galand, qui confesse être elle-même passée par tous les stades.

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Classé dans Politique, Pop culture

Comment décidons-nous ?

J’ai dirigé le dernier dossier de Sciences Humaines, consacré à la prise de décision (n°348 – juin 2022). À découvrir en kiosque ou en ligne !

Trois grandes familles de réponses ont été apportées à cette interrogation. Dès l’Antiquité, la philosophie s’intéresse notamment aux enjeux moraux: se décider, c’est préférer certaines valeurs, un modèle de vie et de société à d’autres.

Aux 19e et 20e siècles, l’économie met un fort accent sur la question de la délibération, soit le calcul rationnel des décisions supposées les plus bénéfiques à un individu.

Plus près de nous, la psychologie explore à nouveaux frais les choix automatiques que chacun fait au quotidien.

Ces trois dimensions ne sont pas forcément exclusives et s’enrichissent même. Entre raison et intuition, préférence morale et subjective, la décision n’a pas fini de livrer ses mystères.

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Classé dans Histoire, Philosophie, Politique, Psychologie, Sciences, Société, Travail

Tous cobayes ? 2500 ans d’expérimentations humaines

Pour Ça m’intéresse – Histoire, j’ai remonté le temps jusqu’aux premières traces d’expériences scientifiques sur des êtres humains : de la trépanation des migraineux, dans la préhistoire, jusqu’à la naissance de bébés génétiquement modifiés en Chine, en 2018, en passant par les débats sur la vivisection dans l’Antiquité et les horreurs de la Seconde guerre mondiale.

À retrouver en ligne et en kiosque. Bonne lecture !

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Classé dans Ça m'intéresse, Histoire, Santé, Sciences

“Négocier, cela signifie simplement qu’on ne peut plus ignorer l’autre”

Quand on vous dit blanc, vous comprenez bleu ? Vous avez l’impression de passer votre temps à vous battre pour faire entendre votre point de vue ? Quand vous écrivez un e-mail, vous avez toujours l’impression qu’on vous interprète de travers ? Rien de plus banal, d’après Dominique Wolton, spécialiste de la communication. Dans son dernier ouvrage, Communiquer, c’est négocier (CNRS éd., 2022), il s’intéresse à la nécessaire confrontation des points de vue et aux marges de manœuvre dont on bénéficie pour « se mettre d’accord plutôt que de se faire la guerre ».

Retrouvez mon interview sur Philonomist, site web de Philosophie Magazine consacré monde du travail, du management ou encore aux nouvelles économies.

Dominique Wolton est directeur de recherche au CNRS en sciences de la communication et fondateur de la revue Hermès. Spécialiste des médias, de la politique ou encore des rapports entre sciences et société, il travaille aujourd’hui sur la mondialisation de l’information et de la communication.

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