Archives de Catégorie: Société

Retour vers le vivant : qu’en pense Gaïa ?

Envisager le monde et ses habitants comme s’ils faisaient partie d’un même organisme : c’est le changement de point de vue que propose une « l’Hypothèse Gaïa » et ses interprètes depuis les années 1970. Ce dossier est paru dans L’ADN, la revue (n° 21, Décembre 2019 – Février 2020), à retrouver en kiosque ou en ligne ! Un grand merci aux spécialistes qui ont pris le temps de répondre à mes questions : en particulier Sébastien Dutreuil, philosophe, historien des sciences, auteur d’une thèse de référence sur l’Hypothèse Gaïa, et Philippe Bertrand, climatologue, notamment auteur de Les Attracteurs de Gaïa (Publibook, 2008).

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« Un auteur a changé ma vie »

Il arrive qu’un livre exerce un effet puissant et durable sur son lecteur : il enclenche une vocation professionnelle, donne le goût du voyage, fait bifurquer l’existence… J’ai eu le plaisir de recueillir trois témoignages en ce sens pour Sciences Humaines, dans un numéro dédié au « pouvoir des livres ».

Philippe Huneman, philosophe de la biologie au CNRS, n’aurait probablement pas fait ce métier s’il n’avait jamais lu Jay Gould. Renan Larue, Professeur à l’université de Californie, à Santa-Barbara (États-Unis), est devenu végétarien en lisant Ovide. Marie Leroy-Collombel, Maîtresse de conférences en sciences du langage, a éveillé sa conscience politique en lisant Orwell. Et Cécile Van den Avenne, sociolinguistique spécialiste du contact colonial et des pratiques langagières en Afrique de l’Ouest, a été fascinée par la lecture de Patrick Chamoiseau. Un grand merci pour leurs témoignages ! À retrouver sur le site de Sciences humaines.

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« Aujourd’hui, je vous emmène à la mer… »

Des lectures sont régulièrement organisées dans les hôpitaux de Paris. Si cette démarche n’est pas officiellement intégrée à des protocoles de soin, elle permet néanmoins d’offrir une échappatoire à la maladie. Ce reportage est paru dans Sciences humaines (n° 321, janvier 2020). Un grand merci à Salima Sohier de l’APHP, et à Laure Sirieix de l’association La Liseuse, pour m’avoir fait partager leur ateliers.

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« Innover, c’est aussi chercher à améliorer nos conditions de vie »

Notre conception de l’innovation a radicalement changé ces dernières décennies, et une approche davantage fondée sur le bien-être et l’humain se serait substituée à l’idéologie techno-centrée des années 1990. C’est l’analyse de l’économiste Sébastien Lechevalier qui a dirigé un récent ouvrage sur le sujet. Cette interview est parue dans Le Journal du CNRS.

 

Le livre Innovation Beyond Technology: Science for Society and Interdisciplinary Approaches que vous avez dirigé, paru cette année aux éditions Springer, montre à quel point ces dernières décennies ont été un « âge d’or » pour l’innovation technologique. Pour quelles raisons est-ce le cas ?
Sébastien Lechevalier (1) : D’un point de vue statistique, plusieurs indicateurs témoignent d’une accélération dans ce domaine depuis les années 1990. Des historiens et des économistes constatent notamment que les investissements dans la recherche scientifique et dans l’ingénierie ont beaucoup augmenté, tout comme le nombre de chercheurs, de doctorants ou encore de publications. Dans le secteur public comme dans le privé, il y a donc davantage de ressources mobilisées au niveau mondial. Cela tient bien entendu en partie au développement chinois en la matière. Cette évolution est également visible au niveau des effets, comme en témoigne l’évolution de la puissance de calcul des ordinateurs selon les lois de Moore. On retrouve des tendances similaires dans la médecine, les biotechnologies et l’ingénierie de manière générale.

Dans les années 1990, l’idée s’impose que l’innovation (essentiellement technologique) est la condition sine qua non pour se développer, prospérer, ou tout simplement survivre.

Il faut cependant relativiser ces évolutions à l’échelle de l’histoire : l’invention de l’imprimerie n’a-t-elle pas été une innovation plus importante que celle de l’internet par exemple ? Difficile de répondre d’un point de vue strictement statistique. En revanche, quand on s’intéresse à l’histoire des sciences et des idéologies, on constate que l’innovation devient une valeur cardinale dans les années 1990. À la tête des entreprises comme des États, l’idée s’impose que l’innovation (essentiellement technologique) est la condition sine qua non pour se développer, prospérer, ou tout simplement survivre. Lire la suite

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Qui a peur du « genre » ?

Aux quatre coins du monde, de Donald Trump à Jair Bolsonaro, des intégristes religieux aux partisans proclamés du bon sens, le « genre » est devenu un épouvantail permettant de fédérer des tendances politiques par ailleurs opposées. Cet article est paru sur Le Journal du CNRS.

Le drapeau de la « straight pride » de Boston, le 31 août 2019, une étonnante marche pour exprimer la « fierté hétérosexuelle » qui a suscité l’indignation aux États-Unis. © Scott Eisen / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Les études de genre ont gagné en légitimité, pourtant elles n’ont jamais été autant attaquées à travers le monde. Cette ambivalence a été abordée lors de la conférence plénière du deuxième Congrès international du Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Institut du Genre, qui s’est tenu du 27 au 30 août dernier à l’Université d’Angers, en partenariat avec cette dernière.

Ces mouvements trouvent appui au plus haut sommet de l’État, obtenant le retrait de campagnes pédagogiques, de projets de loi, des restrictions gouvernementales à l’encontre de la recherche scientifique.

« Certes le nombre de publications scientifiques et de coopérations internationales et interdisciplinaires a régulièrement augmenté ces dernières années, constate la sociologue Sylvie Cromer (1). Et de plus en plus de disciplines tiennent compte du prisme de genre dans leurs études, comme la musicologie et les sciences de gestion dont nous avons pour la première fois accueilli une intervention au congrès », s’enthousiasme-t-elle. Mais on constate aussi que l’opposition aux études de genre s’est renforcée et organisée. Lire la suite

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La management à la lumière des sciences humaines

J’ai eu le plaisir de coordonner un dossier consacré au management pour le magazine Sciences Humaines (n° 319, novembre 2019). À retrouver en kiosque ou en ligne ! Je vous laisse découvrir le sommaire ci-dessous et vous souhaite une très bonne lecture.

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« La musique ouvre sur tous les univers de culture »

La sixième édition du festival Haizebegi, consacré aux « mondes de la musique » et aux sciences sociales, s’ouvre aujourd’hui à Bayonne. Pour son directeur, l’anthropologue Denis Laborde, l’étude des œuvres et des façons de faire de la musique offre un éclairage crucial sur les rapports sociaux. Cette interview est parue sur Le Journal du CNRS.

À Bayonne en 2017, la fondation Tumac est l’invitée d’honneur du festival Haizebegi. En Colombie, elle œuvre à la socialisation des enfants en utilisant la musique et la facture instrumentale, la danse et la couture, comme armes face aux guérillas. ©Martine Laborde

Vous avez créé en 2014 à Bayonne un centre de recherche sur les musiques du monde (ARI) et le festival Haizebegi, qui mélange musique et recherche. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce festival ?
Denis Laborde (1) : En langue basque, « haize begi » signifie « regard du vent ». La musique, comme le vent, ignore les frontières et porte témoignage. Elle dit quelque chose de celles et ceux qui la font, et elle constitue une magnifique porte d’entrée sur tous les univers de culture. Ce festival, que nous avons créé avec mes doctorants de l’EHESS, est unique en son genre. Il conjugue les sciences sociales (conférences, débats, colloques, publications) et la musique (concerts, films, expositions, danse).

Pour cette sixième édition, qui se déroulera jusqu’au 20 octobre, nous accueillons des musiciens syriens, cubains, argentins, kanaks, et des créateurs basques qui seront à l’honneur avec Rain of Music, un invraisemblable opéra pour robots, à la pointe des nouvelles technologies et composé dans le cadre d’un projet scientifique international (2). Nous accueillons aussi des Selk’nam et des Yagán de l’extrême sud de la Patagonie, grâce à l’ethnomusicologue Lauriane Lemasson qui leur consacre sa thèse. Lire la suite

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