Archives de Catégorie: Société

Quels sont les ressorts de la prise alimentaire ?

Trois spécialistes nous éclairent sur les rapports étonnants et encore largement mystérieux d’un geste à la frontière de la nature et de la culture, du biologique et du psychique. Ce dossier a été réalisé pour Médiathena et l’université Paris Diderot.

Serge Luquet, neurobiologiste au sein de l’Unité de Biologie Fonctionnelle et Adaptative, explique en quoi notre cerveau est mal calibré pour nos sociétés d’abondance et pourquoi on grossit de plus en plus (cliquez ici pour lire l’article).

Patrick Rambourg, historien associé au laboratoire Identités, Cultures, Territoires, retrace les grandes lignes de l’histoire de la gastronomie, une invention française ! (cliquez ici pour lire l’article)

Cristina Lindenmeyer, psychiatre au sein du Centre de Recherche Psychanalyse, Médecine et Société, envisage que les troubles du comportement alimentaire puissent être liés à la relation parentale (cliquez ici pour lire l’article).

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La petite ceinture de Paris, un monde à part

Autour de Paris, existe une ancienne voie de chemin de fer, la «petite ceinture», laissée en friche mais fréquentée par de nombreux promeneurs. L’anthropologue Julie Scapino a étudié cet espace si particulier qui, recolonisé par la faune et la flore, accueille une étonnante biodiversité. Cet article est paru sur Le Journal du CNRS.

L’ancienne ligne de la petite ceinture couvre 32 kilomètres tout autour de Paris, intra-muros. © J. SCAPINO

 

« On pense qu’il y a des renards », glisse Julie Scapino, auteur d’une thèse sur la reconquête de la petite ceinture de Paris. Dans cette ligne de chemin de fer, construite autour de la capitale au XIXe siècle et aujourd’hui largement fermée à la circulation comme au public, fouines, hérissons et lézards des murailles ont reconquis un espace laissé en friche. Des plantes exotiques ou invasives, comme le robinier faux acacia et l’ailante, émaillent des tapis de verdure traversés par les rails… et quelques promeneurs. Car les clôtures n’empêchent pas les Parisiens d’enjamber les interdits pour quitter l’agitation urbaine – à l’instar des amateurs de virée dans les catacombes. « Il s’agit d’un espace à part, très différent d’un parc aménagé ou d’un bois aux abords de la ville, insiste Julie Scapino, qui travaille actuellement au Laboratoire dynamiques sociales et recomposition des espaces (LADYSS). C’est un terrain privilégié pour interroger le rapport des citadins à la biodiversité, et l’idée d’une cohabitation avec un environnement plus sauvage. »
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La justice à l’heure des algorithmes et du big data

Les logiciels et les robots remplaceront-ils un jour les avocats, les notaires et les juges ? Pour les experts, si la tendance à l’automatisation et à l’accélération technologique change la donne, certaines prédictions relèvent encore de la science-fiction. Cet article est paru sur Le Journal du CNRS.

© THE LIGHTWRITER/FOTOLIA.COM

Une « justice prédictive », des contrats exécutés automatiquement grâce à des logiciels, des robots recrutés par des cabinets d’avocats… En quelques années, les innovations technologiques et numériques ont donné lieu à toute une série d’annonces fracassantes, laissant entendre notamment que l’ubérisation des professions juridiques et judiciaires serait en marche. Mais si certaines de ces innovations bouleversent l’exercice du droit, en automatisant certaines tâches et en accélérant les procédures notamment, beaucoup ont encore un caractère exploratoire, voire s’apparentent au fantasme.

D’une manière générale, le code informatique et l’intelligence artificielle paraissent encore loin de pouvoir se substituer à l’expertise humaine, mais ils ne sont pas pour autant sans impact sur les métiers juridiques et judiciaires. « C’est une question d’équilibre », résume Bruno Dondero, agrégé des facultés de droit et professeur à l’université Paris 1, estimant que beaucoup de croyances sur le sujet sont « trop enthousiastes ou au contraire trop insouciantes ». En pratique, ces professions comportent de nombreuses tâches paraissant pouvoir être automatisées. « Lorsqu’un avocat rédige un contrat par exemple, il se fonde généralement sur des modèles qu’il adapte en fonction des cas particuliers. On peut envisager qu’un logiciel, auquel on fournirait quelques informations spécifiques à l’affaire, génère lui-même ce document. »

Une justice « prédictive »

De fait, de nombreuses start-up ont récemment développé des solutions pour rédiger des documents juridiques, analyser une affaire à partir d’une recherche documentaire, ou encore estimer la probabilité de succès d’un procès. L’année dernière, le cabinet américain BakerHostetler a ainsi « engagé » le système d’intelligence artificielle Ross pour assister ses avocats en répondant à des questions sur la jurisprudence et en facilitant la recherche documentaire. « Ces systèmes ont leurs limites lorsque les affaires sont complexes ou ambiguës, poursuit Bruno Dondero, sinon une simple recherche sur Internet aurait déjà remplacé le métier d’avocat-conseil. » Pour autant, il envisage que, pour des cas classiques et bien connus, ces outils seront de plus en plus utilisés par les cabinets. « Honnêtement, le travail d’avocat consiste rarement à imaginer LA clause à laquelle personne n’avait jamais pensé. Et dans les faits, certains n’hésitent pas à copier-coller leurs modèles en changeant juste quelques détails… » Rien qu’une machine ne puisse effectuer.

À certains égards, la « justice prédictive » fonctionne suivant le même principe. Ces dernières années, plusieurs systèmes ont été développés, permettant de déterminer les probabilités de succès d’une affaire et de calculer les éventuels dommages et intérêts, en tenant notamment compte des décisions antérieures du juge appelé à statuer. « Contrairement à ce qu’on entend, il ne s’agit pas de “remplacer” les avocats », tempère Thomas Saint-Aubin, chercheur associé à l’Institut de recherche juridique de la Sorbonne et directeur de la recherche et du développement chez Seraphin Legal.

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Reconnaître les ethnies : un débat français

Poser le débat social en termes ethniques ou raciaux est-il la conséquence d’un brouillage nuisible à sa clarté ou le moyen légitime de lutter contre des discriminations persistantes ? Un article coécrit avec Nicolas Journet pour Sciences humaines.

La France est-elle en voie de « racialisation » ? En 2006, le sociologue Didier Fassin définissait la « racialisation » comme « une certaine manière de décrire le monde social et de poser des problèmes dans l’espace public ». Les références aux catégories ethniques et aux origines des individus se développent ces dernières années. Mais pourquoi ? Faut-il y voir l’effet d’un discours politico-médiatique ou bien s’agit-il d’une tendance plus profonde, d’un changement de paradigme dans nos manières de vivre les rapports sociaux ? Sur ces questions, les positions des observateurs peuvent être très divergentes.

Ainsi, l’anthropologue Jean-Loup Amselle, auteur de L’Ethnicisation de la France (2), interrogé sur ce point, juge que la responsabilité revient aux discours médiatiques et politiques, « qui ont aujourd’hui tendance à assigner les individus à leurs communautés, que ce soit en faisant la promotion des minorités visibles, ou en défendant au contraire l’existence d’un “pays de race blanche” » [ lire la suite… ]

Article de 1454 mots.

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Une vaste enquête sur la radicalité chez les lycéens

Les sociologues Anne Muxel et Olivier Galland ont dévoilé ce matin les premiers résultats d’une étude qu’ils coordonnent auprès de plus de 7 000 lycéens pour mieux comprendre les facteurs d’adhésion des jeunes à la radicalité politique et religieuse. Cette interview est parue sur Le Journal du CNRS.

Anne Muxel et Olivier Galland

Vous avez présenté ce matin à la presse les premiers résultats de votre étude sur les jeunes et la radicalité, dont vous aviez déjà donné un aperçu pour la radio du CNRS. En quoi consiste-t-elle ?
Olivier Galland : Notre travail s’inscrit dans le cadre de l’appel à projets du président du CNRS sur le terrorisme et les attentats, pour aider les pouvoirs publics à mieux comprendre un ensemble de phénomènes associés à ces événements. Plusieurs travaux se sont penchés sur le processus de radicalisation individuelle : des chercheurs comme Gilles Kepel, Farhad Khosrokhavar ou encore Olivier Roy ont mené des entretiens avec des jeunes radicalisés et analysé leurs parcours. Ces recherches sont passionnantes, mais ne portent que sur des échantillons très limités. Nous avons souhaité développer une approche quantitative, ciblant la jeunesse lycéenne scolarisée en classe de seconde, en diffusant un questionnaire auprès de 7 000 élèves issus de quatre académies – Lille, Créteil, Dijon et Aix-Marseille – et 21 lycées. Il s’agit d’une enquête exploratoire sur la thématique de la radicalité en matière de politique et de religion, jusqu’alors peu couverte par les enquêtes sociologiques classiques sur la jeunesse.

Anne Muxel : Étant donné l’importance et le caractère relativement inédit du sujet, notre dispositif d’enquête est rigoureux et diversifié. Trois types d’enquêtes ont été réalisés sur une période de six mois (octobre 2016 – mars 2017) : une enquête quantitative auto-administrée par questionnaire auprès d’un large échantillon de classes de seconde (7 000 lycéens interrogés), une enquête quantitative « témoin » réalisée en ligne par l’institut Opinion Way auprès d’un échantillon représentatif de jeunes âgés de 14 à 16 ans (1 800 jeunes ont été interrogés), et une enquête qualitative comportant des entretiens individuels et des entretiens collectifs réalisés avec des jeunes lycéens des classes de seconde. Mais il ne s’agit pas d’une étude sur le processus de radicalisation. C’est très important de le souligner. Elle ne permet pas de repérer des jeunes radicalisés ou en voie de l’être, mais elle cherche à mesurer le degré d’adhésion à la radicalité au sein de la jeunesse. Cette mesure ne peut aboutir à une lecture binaire de la radicalité car elle fait apparaître toute une gamme d’attitudes allant du rejet de toute forme d’extrémisme, de déviance ou de violence à l’acceptabilité de la violence terroriste. Certains jeunes peuvent comprendre ce type d’action violente et radicale sans y adhérer, d’autres peuvent être séduits par des idées radicales sans jamais passer à l’acte, etc. Il est important d’analyser ces résultats en termes de degrés, et non de façon dichotomique.

Comment définissez-vous la radicalité ?
A. M.  : Pour nous, la radicalité suppose un ensemble d’attitudes ou d’actes marquant la volonté d’une rupture avec le système politique, social, économique, et plus largement avec les normes et les mœurs en vigueur dans la société. Elle atteint son point le plus extrême lorsqu’elle s’accompagne d’une justification de l’usage de la violence. Lire la suite

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Classé dans Politique, Religion, Société

Un mariage en grande pompe, sinon rien

Si le nombre de mariage est en baisse, les cérémonies sont de plus en plus fastueuses : augmentation du budget moyen, du nombre d’invités, multiplications des “temps forts” et événements le jour J, recours à un wedding planner… Pourquoi les nouveaux mariés veulent-ils tout en grand ?

Cet enquête est parue dans Version Femina (n° 779, semaine du 6 au 12 mars 2017). Un grand merci aux jeunes et futurs mariés qui ont accepté de témoigner, ainsi qu’aux spécialistes et professionnels qui ont répondu à mes questions : la sociologue Florence Maillochon, notamment auteur de La passion du mariage (PUF), Charlotte Beuvelet, wedding planner et cofondatrice de l’agence Com’une Orchidée, Stéphane Séban organisateur du Salon du mariage.

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Quelle place pour la douceur aujourd’hui ?

La douceur a bonne presse : méthodes douces, « éducation non violente », potion new age – aromathérapie, aliments relaxants… – “soft skills” dans l’entreprise, etc. Dans une société plus en plus dure et parfois violente, s’offrir quelques instants de tendresse fait du bien… au risque de surfer sur une tendance de consommation encouragée par la pub, et de refuser tout forme de confrontation même salutaire.

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Cet article est paru dans Version Femina (n° 775, semaine du 6 au 12 février 2016). À lire pour aller plus loin : Puissance de la douceur (éd. Payot), de la philosophe et psychanalyste Anne Dufourmantelle, Le syndrome du bien-être (éd. L’échappée), de Carl Cedeström et Andre Spicer, Marketing de l’agro-alimentaire (Dunod), de Philippe Aurier et Lucie Siriex, et Heureux comme Crésus ? (Eyrolles), de l’économiste Mickaël Mangot.

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