Archives de Catégorie: Société

Ces patrons font un carton !

Management a consacré un très beau dossier à douze patrons pas comme les autres : audacieux, innovants et déjà (ou bientôt) couronnés de succès !

Pour ce numéro (n° 264, juin 2018), j’ai eu le plaisir d’interviewer deux entrepreneurs : Stanislas Niox-Château, CEO et cofondateur de l’entreprise d’e-santé Doctolib. Sa plateforme a séduit quelque 45 000 professionnels de santé, 1 000 établissements et 16 millions de visiteurs par mois. Dans un tout autre genre, le créateur de Prophesee (anciennement Chronocam), Luca Verre, parie sur une technologie de captation visuelle reproduisant le fonctionnement de l’œil humain et du cerveau, pour remplacer nos bonnes vieilles caméras.

J’ai également eu le plaisir de découvrir le Café Joyeux : À Rennes et à Paris, ce nouveau lieu branché mise sur embauche de personnes trisomiques ou autistes, pour remettre nos différences et nos fragilités au cœur de la machine économique. À découvrir !

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Classé dans Management, Société, Travail

«Avé l’assent !»

Quelqu’un vous parle « avé l’assent », mais sauriez-vous deviner s’il vient plutôt de Toulouse ou de Marseille ? Et feriez-vous la différence entre les parlers belge et suisse ? Cet article est paru dans Sciences Humaines (n° 304, juin 2018).

En moyenne, seuls 35,9 % des Français reconnaissent bien un accent régional ou de pays voisin, selon une enquête des linguistes Mathieu Avanzi et Philippe Boula de Mareüil*. Plus de 1 500 personnes ont tenté d’en identifier huit après avoir écouté des extraits sonores, et beaucoup s’emmêlent les pinceaux – entre Sud-Est et Sud-Ouest, Bretagne et Hauts-de-France, Belgique, Suisse et Alsace. « Nous avons souvent une vision stéréotypée des accents, constate M. Avanzi. Mais la plupart des gens ne parlent pas comme dans les films de Pagnol ou Bienvenue chez les Ch’tis. »

« le matériel phonique de la langue ne fait pas tout »

Depuis 2015, ce linguiste mène une série d’enquêtes participatives à travers le site francaisdenosregions.com, pour mieux décrire les parlers francophones Des cartes publiées en ligne ou dans l’Atlas français de nos régions (2017) révèlent certes d’étonnantes variétés linguistiques Lire la suite

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Classé dans Sciences, Société

Les métamorphoses du football

Sport le plus populaire au monde, le football n’intéresse pas que les supporters : il est aussi étudié par les chercheurs en sciences sociales. Parmi eux, l’ethnologue Christian Bromberger, qui revient, à quelques semaines de la Coupe du monde, sur les transformations de ce sport au cours des dernières décennies. Cette interview est parue dans CNRS le Journal.

Coupe du monde 2014 au stade Maracanã, à Rio (Brésil). En quelques décennies, le football s’est profondément transformé dans ses pratiques et son audience. © Ian Trower/GETTY IMAGES

 

Vous interveniez la semaine dernière à Paris dans une conférence sur le football et les sciences sociales. En quoi ce sport a-t-il changé depuis les années 1980 ?
Christian Bromberger : L’issue des matchs est moins incertaine. Une équipe dotée de millions d’euros de budget l’emporte contre les moins bien loties dans l’écrasante majorité des cas. Les dirigeants de petits clubs peuvent bien déborder d’intelligence tactique ou d’imagination, ça n’a que peu de poids face au pouvoir de l’argent. L’incertitude ne demeure que pour des affrontements entre équipes de même niveau, des clubs de taille intermédiaires ou lors des phases finales de grands tournois par exemple. Dans les coupes nationales, les matchs à élimination directe créent parfois de petits miracles, « David » l’emportant contre « Goliath ». Mais ces compétitions sont boudées par les grands clubs et les organismes européens, précisément parce que l’incertitude y est trop importante et qu’ils y ont beaucoup à perdre. C’est d’ailleurs pour cette raison que des systèmes de poule de qualification ont été introduits dans la Coupe des champions – qui deviendra la Ligue – au début des années 1990. Faute d’élimination directe, les chances qu’une petite équipe crée la surprise s’amoindrissent. C’est une évolution regrettable, car l’un des ressorts dramatiques du spectacle sportif, son piment émotionnel, est lié à l’incertitude du résultat. Contrairement aux films ou pièces de théâtre, l’histoire n’est pas construite avant la représentation mais s’élabore sous les yeux des spectateurs.

Comment est-il devenu un « sport business », selon l’expression consacrée ?
C. B. : Jusqu’aux années 1980, les clubs étaient gérés par des associations à but non lucratif. Une série de lois a permis d’en faire des sociétés anonymes sportives professionnelles, dotées des mêmes prérogatives que d’autres structures commerciales. Des investisseurs se sont engouffrés dans la brèche et les budgets ont explosé : un million d’euros de recettes pour la première division française en 1970, un milliard en 2011 ! Lire la suite

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Classé dans Loisirs, Sciences, Société

Deux autres collaborations à Ebdo : fake news et redoublement

J’ai eu le plaisir de contribuer aux pages « sciences » du magazine Ebdo, malheureusement contraint de cesser sa publication en mars 2018.

Dans le dernier numéro paru (semaine du 23 mars), je demandais pourquoi nous tenions plus facilement pour vraie une information relayée par un “ami” – notamment sur les réseaux sociaux –, quitte à relayer des fake news sans recul critique : un grand merci à Fabrice Clément, chercheur en sciences cognitives à l’université de Neuchâtel (Suisse) et à Hugo Mercier, chercheur au CNRS en sciences cognitives également, d’avoir fourni un précieux éclairage sur ces questions d’actualité !

Dans le numéro précédent d’Ebdo (semaine du 16 mars), je suis revenu sur l’épineux débat sur le retour du redoublement, au collège et lycée, et son utilité pour les élèves concernés. Merci à Marie-Hélène Véronneau, professeure en psychologie à l’université du Québec, à Montréal, et co-auteure d’une vaste étude sur le parcours de redoublants.

Nous avions encore beaucoup d’idées pour éclairer l’actualité à l’aune de la recherche scientifique ! Dommage que l’aventure se soit arrêtée si tôt.

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Classé dans Sciences, Société

Mon visage sur le corps d’un autre

Devenir le héros de votre film préféré ? Rien de plus facile à l’heure des logiciels libres et des communautés d’internautes prêtes à vous aider. Une technologie développée en ligne permet d’incruster très facilement n’importe quel visage sur celui d’un personnage de film, reproduisant toutes ses mimiques et expressions faciales sous d’autres traits. Le trucage était bien connu des studios de cinéma, mais FakeApp l’a rendu accessible à n’importe qui ou presque – quitte à provoquer une tempête judiciaire en début d’année : de célèbres actrices comme Scarlett Johansson ou Emma Watson ont été incrustées dans des films pornographiques…

Des vidéos plus humoristiques ou bon enfant ont fleuri sur la Toile. Mais de façon étonnante, même les plus réussies ont tendance à sonner faux. Quelque chose cloche dans ces visages, un problème bien connu des spécialistes d’effets spéciaux… et indirectement du philosophe Emmanuel Levinas. Contrairement à une idée reçue, explique-t-il dans Éthique et infini (1982), un visage ne se résume pas à ses traits – couleur des yeux, largeur du front, épaisseur des lèvres… « La relation au visage peut certes être dominée par la perception, mais ce qui est spécifiquement visage, c’est ce qui ne se réduit pas. » Lire la suite

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Classé dans Philosophie, Société

Comment améliorer les relations entre police et citoyens ?

Une vaste étude comparative sur les relations entre police et population à travers le monde a été publiée récemment. Si les situations sont inégales selon les pays et les régimes, la France fait figure de mauvaise élève au sein de l’Union européenne. Comment restaurer la confiance entre policiers et citoyens ? Éléments de réponse avec le politologue Sebastian Roché, codirecteur de l’étude. Cette interview est parue dans CNRS le Journal et CNRS News.

La bonne santé d’un État et de sa vie politique serait fortement corrélée aux rapports qu’entretiennent une police et sa population. © AFP PHOTO / FRANCOIS GUILLOT

 

Les relations entre policiers et citoyens peuvent être bonnes ou mauvaises, a fortiori d’un pays à l’autre, comme l’indique l’étude comparative que vous venez de faire paraître avec le sociologue Dietrich Oberwittler… Mais que révèlent-elles dans tous les cas ?

Sebastian Roché : La confiance qu’une population accorde aux forces de l’ordre est un facteur de cohésion sociale. Plus les citoyens perçoivent l’action des policiers comme légitime, plus ils adhèrent à leurs institutions. Et réciproquement, vous serez d’autant plus enclin à soutenir votre police si vous soutenez le régime politique. Ces effets peuvent sembler évidents, mais jusqu’à présent, l’essentiel de la littérature scientifique portait sur les États-Unis – les polices municipales américaines, donc –, tandis que nous avons comparé des pays comme la France, l’Allemagne, la Turquie, le Nigeria ou encore le Japon…

« La façon dont se déroule un contrôle de police joue un rôle majeur pour l’établissement de la confiance. »

Des instruments de mesure de la légitimité, nouveaux et standardisés, ont vu le jour avec le projet Eurojustis (soutenu par l’Agence nationale de la recherche), et ont pu être utilisés dans nombre de nations. Ce travail nous permet de montrer que les relations entre une police et une population varient selon le contexte national (la culture, le fonctionnement des institutions…), et de proposer des pistes pour améliorer la situation, notamment en France et en Europe. De façon plus fondamentale, nous espérons contribuer à l’analyse de la légitimité politique et de ses ressorts, de ce qui fait qu’une personne adhère à l’ordre politique ou au contraire le rejette, voire le combat.

 

Quelles sont les grandes tendances à travers le monde, pourquoi fait-on confiance ou non à sa police ?
S. R. : L’égalité de traitement est un pilier majeur de la production de la confiance, qu’il faut entendre en deux sens. Il y a d’abord ce qui a trait à la « justice distributive » de la police : c’est, en particulier, l’égalité devant le fait d’être contrôlé, ou aidé, par la police. De manière générale, ce principe est rarement respecté. Lire la suite

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Classé dans Politique, Société

À Strasbourg, un pan d’histoire entre au patrimoine

Bâti par l’empire allemand après la guerre de 1870, la « Neustadt » de Strasbourg est entré en 2017 au patrimoine mondial de l’Unesco. Une sociologue se penche sur le rapport des habitants à ce vaste ensemble architectural, entre histoire, patrimoine et vie quotidienne. Cet article est paru dans CNRS Le Journal.

Vue du palais universitaire, dans le quartier de la Neustadt, à Strasbourg, en 2016. © C. SCHRODER/Université de Strasbourg

Avec ses villas chics et ses rues populaires, son architecture de style Art nouveau, néogothique ou encore heimatschutz, la Neustadt à Strasbourg brille par son éclectisme mais n’en conserve pas moins une troublante homogénéité. C’est peut-être cette singularité qu’a voulu consacrer l’Unesco, en inscrivant une grande partie de cet ensemble de quartiers au patrimoine mondial de l’humanité, le 9 juillet 2017 (le quartier médiéval de la Grande Île est lui inscrit depuis 1988). Ces immeubles bourgeois de quatre ou cinq étages, édifiés à partir des années 1880 et alors à la pointe de la modernité, avec leurs grands espaces intérieurs et leurs équipements de confort, ont en effet traversé le temps sans avoir à subir de rénovations profondes, perpétuant le souvenir brut d’une époque révolue.

« Beaucoup de bâtiments avaient dès l’origine des ascenseurs, le gaz à tous les étages, des balcons ou encore des jardins privés », détaille Cathy Blanc-Reibel, qui mène une thèse sur l’institutionnalisation de ce patrimoine. Pour répondre aux nouveaux modes de vie du XXIe siècle, des aménagements ont certes dû intervenir ici ou là – jardins transformés pour accueillir des conteneurs de tri sélectif ou des bicyclettes, cuisine rapprochée du salon dans certains appartements, etc. Mais la volonté de préserver ce morceau d’histoire semble paradoxalement plus forte que jamais. « Les pratiques ordinaires des habitants s’efforcent de concilier deux injonctions antagonistes, poursuit la chercheuse : le respect du patrimoine et son usage au quotidien. »

Naissance d’une conscience patrimoniale

Contrairement à une idée reçue, la « Neustadt » – « ville nouvelle » en allemand – n’est donc pas la « mal aimée » de Strasbourg, au motif qu’elle fut bâtie au sortir de la guerre franco-prussienne de 1870, lorsque l’Alsace-Lorraine était passée sous l’autorité du deuxième Reich. Lire la suite

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Classé dans Histoire, Société