Archives de Catégorie: Internet

Données sensibles : faut-il avoir peur du cloud ?

Pour stocker leurs données en ligne, les entrepreneurs français s’en remettent le plus souvent aux géants américains… Au risque de se faire piquer leurs idées ou leurs brevets. Cet article est paru dans un hors série de Management (n°19,  27 octobre 2016)

© Jacky Leung/Getty Images

© Jacky Leung/Getty Images

Partage de documents, messagerie, carnet d’adresses et agenda accessibles aux quatre coins du monde sur n’importe quel appareil… Quelle aubaine ! A l’heure du télétravail à tout crin et de la mondialisation, les services de cloud sont d’autant plus tentants qu’ils sont gratuits ou peu coûteux. Mais cette tentation a un revers pour les entrepreneurs, et pas seulement en terme de publicité ciblée. «Un confrère ingénieur avait déposé son brevet sur un service américain de stockage de fichiers en ligne en vue de lancer une start-up, raconte Damien Gossard, cofondateur de WiggWam, une solution de service du cloud souverain. Quelques semaines plus tard, il s’est aperçu qu’une société américaine lançait exactement le même produit !» Si le vol de données est impossible à prouver, difficile de croire à une simple coïncidence… «Un État ou une entreprise peuvent être tentés de favoriser des acteurs locaux», insiste Damien Gossard, rappelant une réalité bien connue sous le nom d’espionnage industriel entre pays, même alliés. De fait, les géants du cloud – comme Google, Apple, Amazon  ou encore DropBox – sont tous basés aux États-Unis, où la législation permet de collecter presque sans limite des données confidentielles ou concurrentielles.

«Quand je rencontre des entrepreneurs de l’innovation qui n’hésitent pas à stocker toutes leurs données sensibles sur des serveurs basés en Californie, donc soumis au droit californien, poursuit l’entrepreneur, je suis quelque peu atterré…» C’est ce qui l’a poussé à proposer exactement les mêmes services, mais en hébergeant toutes les données en France – d’où l’expression de «cloud souverain». Lire la suite

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Classé dans Internet, Management, Travail

« Comprendre comment la haine se propage nous aidera à la combattre »

Professeure en sciences de l’éducation et présidente de l’Observatoire international de la violence à l’école, Catherine Blaya pilote une grande enquête sur la propagande et la violence en ligne, afin de mieux comprendre leurs effets sur les jeunes. Cette interview est parue sur Le Journal du CNRS.

CC  @joebehr sur Flickr

CC @joebehr sur Flickr

Des études ont-elles déjà mesuré l’impact des contenus haineux sur Internet ?
Catherine Blaya : Plusieurs travaux ont montré que les jeunes y étaient de plus en plus exposés. Le rapport européen « Net Child Go Mobile » pointe une forte augmentation de toute une série de pratiques entre 2010 et 2014 : insulte ou harcèlement en ligne, exposition à des images violentes, à des messages haineux ou discriminatoires. Une autre étude finlandaise a récemment révélé que 67 % des internautes avaient été exposés à des contenus haineux en ligne, liés au physique, à l’identité sexuelle, à la religion ou encore la couleur de peau. En revanche, il n’y a pas vraiment eu d’enquête sur l’impact de ces contenus sur les jeunes : comment le vivent-ils ? Cela les conduit-il à cautionner ce type de messages, voire à adhérer à ou adopter des idées ou des comportements violents ? C’est ce que nous souhaitons vérifier, préciser ou nuancer, suite à l’appel à projet « Attentats-recherche » du CNRS. Pour cela, nous conduisons une large enquête sur les 11-18 ans, en ciblant spécifiquement ce qui relève du racisme, de l’antisémitisme, de l’islamophobie et de la xénophobie.

Mais un tel processus, qu’on pourrait dire « de radicalisation en ligne », n’est-il pas clairement établi ?
C. B. : Notre recherche ne s’intéresse pas exactement à la radicalisation, mais à l’implication des jeunes dans la cyber-haine et à ses conséquences en termes d’adhésion à des idées ou attitudes violentes, voire extrémistes. La « radicalisation » est un concept flou, multiforme, qui n’est pas défini de façon précise, et un lien avec la prolifération de contenus haineux en ligne n’est pas non plus scientifiquement prouvé. Lire la suite

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Classé dans Internet, Politique, Sciences

Quand le numérique se met au service de l’associatif

Mordus d’internet, experts en informatique ou geek patentés, de plus en plus de passionnés du clavier mettent leur talent au service des autres. Après le passage du dévastateur typhon Haiyan, aux Philippines, des amateurs de géolocalisation ont créé une carte collaborative pour aider les ONG et la Croix Rouge à baliser le terrain. Pendant les attentats du Bataclan, des twittos influents ont lancé une opération portes ouvertes pour que tout un chacun puisse héberger des personnes en difficulté. Au-delà de ces initiatives individuelles, de plus en plus d’entrepreneurs, d’acteurs de l’économie sociale et solidaire et de militants créent des structures d’entraide, permettant de conjuguer outils numériques et bien public. Trois d’entre eux partagent leur témoignage.

Cet article est paru dans Version Femina (n° 758, semaine du 10 au 16 octobre 2016). Un grand merci à Raphaëlle Menajovsky, fondatrice de la plateforme d’entraide Webassoc, Cyrille Tassard, « créateur de vidéos solidaires » sur InFocus, et Nesrine Dani, responsable du programme Solidatech pour les Ateliers du Bocage et le mouvement Emmaüs. Merci également à Bastien Engelbach, chargé de mission à la Fonda, pour son analyse.

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Classé dans Internet, Société

Selfie, ça suffit ?

La pratique s’est généralisée, banalisée… et agace de plus en plus de monde, surtout quand elle met en danger – autoportrait au volant, au bord d’une falaise ou au beau milieu d’un lâcher de taureaux.

Cet article est paru dans Version Femina (n° 705, semaine du 5 au 11 octobre 2015). Un grand merci à Michaël Stora, psychanalyste et cofondateur de l’Observatoire des mondes numériques en sciences humaines, pour son analyse.

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Classé dans Internet, Société

Bien douter, ça s’apprend

À l’heure où beaucoup doutent de tout et n’importe quoi, des spécialistes proposent des outils pour nous apprendre à faire le tri dans ce que nous lisons. Car remettre en question une information “officielle” n’est pas le problème, c’est même plutôt positif : une façon d’essayer de penser par soi-même… Seulement cela ne s’improvise pas ; c’est quelque chose qui s’apprend, qui se travaille et qui se perfectionne. Les maîtres en la matière sont les scientifiques et les philosophes sceptiques.

L'Incrédulité de saint Thomas (Le Caravage)

L’Incrédulité de saint Thomas (Le Caravage)

Cette enquête est parue dans Version Femina (n° 704, semaine du 28 septembre au 4 octobre 2015). Un grand merci aux spécialistes du doute qui ont bien voulu m’apporter leurs témoignages et analyses :

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Classé dans Internet, Philosophie, Psychologie, Sciences, Société

Quelle régulation pour le Web ?

Internet favorise aussi bien l’innovation 
que la criminalité… 
Les États, en partie impuissants, 
hésitent sur la stratégie à adopter.

Cet article est paru dans le numéro spécial de Sciences Humaines : « les grandes questions de notre temps ».

SHUM266_258Indignés, Anonymous, militants du Printemps arabe, dissidents chinois, russes ou cubains… Difficile d’énumérer tous les mouvements politiques nés ou développés sur la Toile au cours des dernières années. Selon le sociologue Dominique Cardon, le cyberespace est un formidable « laboratoire, à l’échelle planétaire, des alternatives à la démocratie représentative (1)  ». En instaurant une égalité de principe entre tous les internautes, le Web permet à tous ceux qui n’avaient pas accès à la parole publique de s’adresser potentiellement à des millions de personnes et de mobiliser les foules. Dans les sociétés autoritaires, le masque numérique permet d’échapper à la censure et aux pouvoirs de coercition des gouvernements.

Pour le meilleur donc… mais aussi pour le pire. Selon de nombreux rapports de l’Onu (2), les mouvements terroristes util [ lire la suite… ]
Article de 906 mots.

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Classé dans Internet, Philosophie, Politique, Société

La philo, simple comme un jeu vidéo

Karl Marx chez Mario Bros, Platon dans la caverne de Zelda… Bienvenue dans 8-bit Philosophy  ! Cette série de vidéos sur Internet vulgarise avec humour des théories philosophiques grâce à des détournements de jeux vidéo des années 1980-1990. Le surhomme de Friedrich Nietzsche devient le Megaman de Nintendo, René Descartes affronte le « malin génie » de Castelvania, et l’individu libre de Jean-Paul Sartre se retrouve dans un jeu de rôle (RPG) où l’on doit choisir entre différentes actions… Hilarant et cependant rigoureux sur le fond, chaque clip dure un peu plus de trois minutes ; dix épisodes ont ainsi été imaginés à ce jour par la boîte de production audiovisuelle Napkin Note, basée aux États-Unis. Celle-ci s’offre d’ailleurs un joli coup de pub : chaque vidéo a été vue entre 50 000 et 500 000 fois depuis avril dernier ! Comme quoi la bonne vulgarisation peut rencontrer un certain succès lorsqu’elle s’approprie la culture pop en vogue sur le Web.

Cet article est paru dans Sciences Humaines (n° 264, novembre 2014). Retrouvez le sommaire complet en cliquant ici.

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