Archives de Catégorie: Livres

Pourquoi les super-héros fascinent-ils tant ?

Blockbusters, séries télé, bandes dessinées et même expositions au musée… Les surhommes en collant rencontrent un incroyable succès depuis leur renaissance au cinéma au début des années 2000, comme en témoigne encore la sortie de Justice League mercredi 15 novembre. Ce grand raout de justiciers jusque-là éparpillés dans différents opus – Superman, Batman, Wonder Woman… – constitue un point d’orgue pour les fans et l’un des films les plus attendus de la rentrée.

Les essais et détournements mêlant philosophie et super-héros se multiplient

Selon Laurent de Sutter, professeur en théorie du droit et directeur d’un ouvrage dédié, « cet engouement témoigne d’une démocratisation progressive de l’héroïsme ». Celui-ci n’apparaît plus comme l’apanage de demi-dieux lointains et inaccessibles, incarnant de façon flatteuse une civilisation américaine triomphante au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Les films actuels mettent en scène des hommes, certes dotés d’incroyables pouvoirs, mais à bien des égards ordinaires. Lire la suite

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Classé dans Livres, Loisirs, Philosophie

Et si l’on accélérait ?

À l’heure où la gauche cherche de nouvelles boussoles, un courant de pensée fraîchement apparu rebat les cartes de sa famille politique : l’accélérationnisme. Nourri au constructivisme de Gilles Deleuze et Félix Guattari, Jean-François Lyotard ou encore Jean Baudrillard, il est né d’un Manifeste pour une politique accélérationniste, publié le 14 mai 2013 par les chercheurs Nick Srnicek et Alex Williams, aussitôt traduit et commenté dans le monde entier. Malgré quelques échos en France, via la revue Multitudes ou des articles d’Antonio Negri par exemple, il reste peu connu sur nos rives ; la parution récente du premier recueil dédié aux Presses universitaires de France pourrait changer la donne.

Pour les militants « accélérationnistes », la gauche s’est enfermée dans une double impasse. Les organisations dites « de gouvernement » proposent au mieux de renouer avec l’État providence et l’interventionnisme, alors que les conditions économiques et sociales ne le permettraient plus. Les mouvements décroissants feraient également fausse route en prônant un retour en arrière – à des formes d’autoorganisation communautaires directes par exemple –, car ils réduiraient ainsi la politique à une négation de l’ordre existant, sans proposer aucune alternative. Les auteurs du manifeste proposent de réenchanter la gauche en renouant avec l’idée de progrès.

« L’accélération » consiste ainsi à préserver les gains du capitalisme tout en les poussant au-delà de leurs limites naturelles, afin de construire une société « postcapitaliste ». Pour prendre un exemple central, les progrès technologiques ne sont pas foncièrement inféodés à l’hubris consumériste : certains permettent de réduire le temps de travail, de limiter les pollutions ; les plus spectaculaires – génétiques, cybernétiques, informatiques… – ouvrent même la voie à de nouvelles formes d’émancipation collective. L’accélérationnisme entend ainsi faire le pari de l’avenir contre toute forme de nostalgie.

Cet article est paru sur Sciences Humaines

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De quelle liberté avons-nous besoin ?

Garantie par notre constitution, la liberté semble aller de soi. Mais entre les contraintes sociales et celles que l’on s’impose à soi-même au quotidien, les choses ne sont pas aussi simples… À quel point sommes-nous libres ?

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Cet article est paru dans Fifties, le nouvel hors-série du magazine Ça m’intéresse. Un grand merci, pour leurs analyses et témoignages, au philosophe Vincent Cespedes, notamment auteur de Oser la jeunesse (Flammarion, 2015) et L’Ambition ou l’épopée de soi (2013), ainsi qu’au psychiatre et addictologue Michel Lejoyeux, notamment auteur d’un essai sur Les secrets de nos comportements (Plon, 2009).

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Quel humanisme pour notre temps ?

De nombreux penseurs prônent un nouvel humanisme, 
placé sous le signe de la fraternité. 
Rencontre avec trois d’entre eux.

SHUM266_258« L’homme est une invention dont l’archéologie de notre pensée montre aisément la date récente. Et peut-être la fin prochaine », nargue Michel Foucault en conclusion de l’essai Les Mots et les Choses. Cinquante ans plus tard, le verdict reste mitigé. L’antihumanisme trouve encore des défenseurs et des prolongements. Pourquoi l’homme vaudrait-il mieux que les autres vivants ? Au nom de quoi en faire une valeur, un principe directeur pour nos actions ? En outre, de « grands projets de civilisation » de l’époque moderne, comme le colonialisme ou certains rationalismes totalitaires, ont révélé que l’humanisme pouvait être un enfer pavé de bonnes intentions, une sorte de caution morale donnée aux errements idéologiques de leur temps. Et pourtant… L’humanisme séduit encore et toujours, quitte à verser parfois dans l’incantation morale. Sorti de cénacles intellectuels spécifiques – disciples de Foucault, Gilles Deleuze ou encore Karl Marx –, quel homme public oserait se dire « antihumaniste » aujourd’hui ? Quel candidat à un poste politique, par exemple, pourrait déclarer publiquement son hostilité aux droits de l’homme ? Au contraire, la tendance est à « l’humanisation » à tout va : de l’économie, du travail, de l’éducation… Pour comprendre ce retour en force, nous avons demandé à trois intellectuels, qui se définissent comme humanistes, quel sens pouvait encore avoir cette valeur d’« homme », pour aujourd’hui comme pour demain.

Retrouvez le dossier complet dans le numéro spécial de Sciences Humaines : Les grandes questions de notre temps. Avec les interviews d’Abdennour Bidar, philosophe, auteur de Histoire de l’humanisme en Occident (Armand Colin, 2014), Tzvetan Todorov, philosophe et historien, auteur notamment du Jardin imparfait : la pensée humaniste en France (Grasset, 1998), et Les ennemis intimes de la démocratie (Robert Laffont, 2012), et Jean Picq, haut fonctionnaire et professeur associé à l’IEP-Paris, auteur de Liberté de religion dans la République (Odile Jacob, 2014).

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« Et le monde devint jeu »

Mardi 10 juin à la Fondation d’Entreprise Ricard pour l’art contemporain, Michel Maffesoli me recevait en compagnie d’Aurélien Fouillet, sociologue, chercheur au CeaQ  et auteur de L’empire ludique (François Bourin, 2014), pour une conférence sur les mutations du divertissement dans les sociétés postmodernes.

L’enregistrement de la conférence est disponible sur France Culture. Pour l’écouter en ligne, cliquez ci-dessous.

« Le monde change. Nos sociétés sont en « crise ». Dans les  fractures du socle traditionnel du vivre-ensemble s’immisce une infinité de pratiques ludiques. Les sites de rencontres, les jeux de rôles en ligne, les Zombies Walk, le Cosplay, la bande-dessinée, les réseaux sociaux, Candy crush saga, Ingress, sont autant de signes de ce retour du jeu au premier plan. Plus que de futilité ou de frivolité, ces pratiques ludiques témoignent des formes de la socialité postmoderne. World of warcraft  interroge les techniques de management, les Fablabs le modèle industriel, les jeux en ligne les processus de recherches collectives, l’application Tinder les modes de relation des couples, la réalité augmentée notre rapport au réel. Lire la suite

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Ce livre va vous toucher

Vous connaissez les « sièges qui bougent » au cinéma, pour vous donner l’impression d’être totalement immergé dans le film ? Imaginez la même chose avec un roman.

Le héros entre dans une maison abandonnée, vous sentez une odeur de poussière et de sang. Il a un mauvais pressentiment, les battements de votre cœur s’accélèrent. Vous sentez la fraîcheur d’une lame de couteau sous votre gorge, l’assassin vient de le surprendre ! Ce n’est pas (que) de la science-fiction : un groupe d’étude au MIT (Massachusetts) a développé un livre qui fait ressentir physiquement des sensations au fur et à mesure que l’on tourne les pages, le « sensory book ».
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Un livre pour « apprendre à apprendre »

J’ai participé à un collectif des éditions Sciences humaines sur l’apprentissage : Apprendre, Pourquoi ? Comment ?, dirigé par Véronique Bedin et Martine Fournier. À découvrir en librairie ou en ligne !

Apprendre

D’où nous vient cette immense soif d’apprendre qui semble aujourd’hui plus intense que jamais ? Outre les possibilités croissantes offertes par le numérique (MOOCs, serious games, sites en ligne…) les pratiques d’autoformation et les démarches autodidactes se multiplient. L’éducation non formelle (hors l’école), les apprentissages implicites font l’objet de recherches de plus en plus nombreuses. « Apprendre tout au long de la vie », mot d’ordre lancé par l’Europe à la fin du XXe siècle, se décline aujourd’hui en de multiples programmes.

Mais comment apprendre et dans quel but ? Quels sont les ressorts de la motivation ? Quelles sont les forces et les faiblesses des nouvelles formes d’apprentissage ? Les écrans modifient-ils le cerveau ? Les sciences cognitives ont beaucoup renouvelé les perspectives et les recherches concernant les apprentissages.

Cet ouvrage se propose de rappeler les fondamentaux et les avancées récentes de la recherche en matière d’apprentissage mais aussi d’explorer les mille et une manières d’apprendre tout au long de la vie.

« Apprendre, Pourquoi ? Comment ? », dirigé par Véronique Bedin et Martine Fournier, éd. Sciences humaines, 24 avril 2014 – 144 pages – ISBN : 9782361062057

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