Archives de Catégorie: Psychologie

À lire dans « Sciences Humaines » : l’autisme en 10 questions

J’ai eu le plaisir de coordonner un grand dossier sur l’autisme pour le magazine Sciences Humaines (n° 325, mai 2020). Merci aux auteurs et aux autrices qui ont travaillé avec moi !

Ce numéro fait un état des lieux concret et accessible des recherches actuelles sur l’autisme : comment le définit-on depuis un peu plus d’un siècle ? Quelles en sont les causes, si tant est qu’on puisse en identifier ? Est-ce un handicap ou une différence, comme l’avancent des partisans de la « neurodiversité » ? Quelles prises en charge cliniques sont-elles aujourd’hui à l’étude ? Quid de l’inclusion scolaire ou professionnelle ? Etc. Je vous laisse découvrir le sommaire détaillé en ligne.

Vous pouvez acheter ce numéro en pdf ou commander un exemplaire imprimé sur le site de Sciences Humaines, ou bien le retrouver ou dans les points de vente restés ouverts. Bonne lecture !

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Neurodiversité : quand la différence n’est plus un handicap

Et si l’autisme, l’hyperactivité ou encore la dyslexie n’avaient rien de pathologique, mais représentaient d’autres formes d’intelligence, de façons de penser et de voir le monde ? C’est l’idée défendue par les partisans de la « neurodiversité », un mouvement aussi populaire que controversé.

Hélène Bellenger, « Brainbow 2019 »

Cet article est paru dans Psychologies magazine (n° 408, avril 2020). Rendez-vous sur le site pour consulter le sommaire et acheter le numéro. Un grand merci aux spécialistes et aux personnes qui ont bien voulu apporter leurs témoignages :

 

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Penser avec les oreilles

Pourquoi entendons-nous dans notre tête différentes voix et intonations, des changements de rythme ou de volume sonore, lorsque nous lisons un texte ? D’où viennent ces sonorités et, surtout, contribuent-elles à donner du sens au propos déchiffré ? Friedrich Nietzsche – dont il est difficile de lire un paragraphe sans percevoir des accents de tribun – dénonçait « la cire dans les oreilles » des philosophes classiques, tout accaparés qu’ils étaient par une appréhension visuelle du monde et des idées.

Écoute flottante

François Noudelmann prend cette boutade au sérieux et tente de définir ce que serait le fait de « lire avec les oreilles ». Selon lui, on peut en effet identifier des timbres propres à des façons de penser, voire des significations nouvelles pouvant échapper à leurs auteurs. « Une “troisième oreille” permettrait d’accéder ainsi à la fabrique des idées, à la forge contradictoire où se mêlent des affects, des imaginaires et des concepts que le texte vient structurer et fixer », écrit-il. De même que la communication non verbale – gestes, postures, regards – permet d’interpréter la parole d’un interlocuteur, le bruit de la pensée et des textes exprimerait un vécu, une intention plus affective que rationnelle, de ce fait difficile à décrire avec des mots. La psychanalyse est d’ailleurs fréquemment érigée en modèle d’une écoute flottante, trouvant du sens au-delà de ce qui est dit.

Sound studies

F. Noudelmann propose ses propres vues sur cette « lecture avec les oreilles », et situe plus largement son propos dans le cadre du développement des sound studies en Amérique du Nord. Si ses interprétations et analyses sont discutables, elles visent davantage à encourager l’essor de ce type d’études et à ouvrir des champs d’investigation qu’à en donner une idée arrêtée.

Penser avec les oreilles, François Noudelmann, Max Milo, 2019, 252 p., 21,90 €.

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Comment gérer la colère d’un collègue ?

Contrairement à une idée reçue, s’énerver est une réaction plutôt saine d’un point de vue psychologique. Rester à la gérer finement quand on est manager, un travail de longue haleine mais qui s’apprend.

Cet article est paru dans le magazine Management (n° 280, décembre – janvier 2019). Un grand merci pour leurs témoignages et leur expertise à :

  • Emma Vilarem, docteure en neurosciences, cofondatrice et cheffe de projet à l’agence de consulting Cog’X,
  • Jérôme Palazzolo, psychiatre, pratiquant de sports de combat, auteur, avec le champion d’arts martiaux mixtes Axel Sola, de Gérer les conflits et l’agressivité au quotidien (Josette Lyon, 2019)

À lire également : les travaux d’Olga Klimecki, chercheuse en psychologie et neurosciences, sur l’empathie, la compassion, et leurs rôles dans la résolution des conflits.

Et à retrouver dans ce même dossier une sélection de trois livres décalés pour s’initier à la gestion de conflit : l’œuvre d’un samouraï japonais, l’histoire d’un cadre sous pression et les leçons d’un philosophe intergalactique.

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La management à la lumière des sciences humaines

J’ai eu le plaisir de coordonner un dossier consacré au management pour le magazine Sciences Humaines (n° 319, novembre 2019). À retrouver en kiosque ou en ligne ! Je vous laisse découvrir le sommaire ci-dessous et vous souhaite une très bonne lecture.

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La Lune, reflet de nos croyances

La Lune inspire depuis toujours des récits mythologiques à toutes les cultures et civilisations. Souvent religieux, ils sont aussi teintés de considérations politiques et sociales. Des premiers mythes sur l’apparition de la vie et de la mort, du bien et du mal, à l’invention des calendriers et aux superstitions sur la biodynamie, tour d’horizon de croyances plus ou moins lunaires.

Cet article est paru dans Ça m’intéresse – Questions et Réponses daté de juillet 2019. Un grand merci à l’anthropologue Jean-Loïc Le Quellec, coauteur du Dictionnaire critique de mythologie (CNRS éd., 2017), et à Yaël Nazé, astrophysicienne à l’Université de Liège et autrice de Astronomie du passé (Belin, 2018).

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Henry David Thoreau, le philosophe des bois

Rejeter les conventions, le prêt à penser et les artifices de la société, pour tracer sa propre voie en toute liberté, est un leitmotiv majeur de Thoreau. Écrivain, philosophe, naturaliste, militant politique… Cet auteur fondamental pour la culture américaine – et la nôtre – louait une simplicité et une nature lui permettant de vivre sans entrave.

Cet article est paru dans Psychologies (n° 400, août 2019). Un grand merci pour leurs analyses à Michel Granger, professeur honoraire de littérature américaine à l’université de Lyon 2, qui a notamment dirigé l’anthologie Pensées sauvages (éd. Le mot et le reste, 2017) et Frédéric Gros, philosophe, qui consacre un chapitre à Thoreau dans Désobéir (Albin Michel, 2017).

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Homo biologicus

Peut-on espérer comprendre l’esprit humain sans commencer par le cerveau et les cellules de notre corps ? Le neurobiologiste Pier Vincenzo Piazza en doute fortement. Pour lui, la dichotomie classique entre le corps et l’esprit n’est pas fondée. Nos oscillations psychologiques, nos comportements, notre culture ou encore notre spiritualité s’expliquent d’abord en termes de mécanismes biologiques. L’auteur décrit par exemple comment des expériences de vie traumatisantes peuvent s’inscrire au fer rouge dans les neurones, comment notre quête du bonheur et du plaisir est un produit de l’évolution, ou encore quelles modifications du cerveau peuvent faire basculer un individu dans la toxicomanie.

Précises et pédagogiques, les analyses neurobiologiques de P.V. Piazza sont d’autant plus convaincantes qu’elles ne versent pas dans un réductionnisme simple que l’auteur critique par ailleurs, s’agissant de la génétique notamment. Certains arguments font mouche : si l’esprit était une entité purement immatérielle, par exemple, comment des objets, des faits ou des événements matériels pourraient-ils avoir un effet sur lui ? Cet essai captivera tout lecteur s’interrogeant sur les rapports entre le corps et l’esprit, la nature et la culture, la biologie et la psychologie.

Seul bémol : en usant et abusant d’expressions telles que « selon les sciences humaines et sociales », P. V. Piazza cède facilement au sophisme de l’homme de paille. Les thèses qu’il attribue aux humanités sont souvent caricaturales et ne correspondent pas à l’état actuel de la recherche, par exemple en philosophie de l’esprit ou en épistémologie. On recommandera donc de survoler voire d’oublier les chapitres abordant l’histoire des idées, pour dévorer avec d’autant plus de gourmandise les parties revenant à la biologie, qui est le vrai domaine d’expertise de l’auteur.

Homo biologicus, Pier Vincenzo Piazza, Albin Michel, 2019, 416 p., 22,90 €. Cette critique est parue dans Sciences Humaines (n° 318, octobre 2019).

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Obésité, l’autre combat

Perdre 50 kilos ne suffit pas pour se sentir mince. Après un régime important et parfois une opération, il est nécessaire d’entreprendre un travail de reconstruction physique et psychologique. Une véritable épreuve… trop souvent sous-estimée.

Cet article est paru dans Version Fémina (n° 906, semaine du 12 au 18 août 2019). À découvrir en ligne ! Merci à toutes celles et ceux qui ont bien voulu témoigner, partager leurs expériences et leurs analyses, et tout particulièrement à :

  • Virginie, dite « Navie », co-autrice, avec Audrey Lainé au dessin, du roman graphique Moi en double (Delcourt, 2019)
  • Fabien Stenard, chirurgien et responsable d’un nouveau pôle bariatrique à la Clinique des cèdres d’Echirolles (Isère)
  • Deborah Tholliez, psychologue clinicienne au cabinet Nutrition Longchamp

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Mort de honte

À mi-chemin entre le témoignage, l’autobiographie et l’essai introspectif, le dernier ouvrage du psychiatre et psychanalyste Serge Tisseron peut dérouter au premier abord. L’auteur part d’une anecdote : apprenant que la Légion d’honneur doit lui être remise, il éprouve une gêne, une incompréhension et même une légère honte à être récompensé. Étonné par cette réaction, il tente de remonter à l’origine de son malaise et examine alors ses souvenirs d’enfance, ses premiers textes et dessins, ou encore ses travaux de recherche.

Et l’on se prend au jeu : suivre un spécialiste de l’esprit explorer les méandres du sien s’avère assez captivant. S. Tisseron montre notamment comment la honte peut infuser dans un cercle familial et se transmettre à travers des attitudes, des réponses évasives aux questions de l’enfant ou encore une ambiance appesantie par les tabous et les secrets de famille. Est-ce un hasard, d’ailleurs, si l’auteur a consacré ses premières publications à ces sujets ?

On peut certes regretter que S. Tisseron colle d’aussi près à son histoire personnelle et néglige toute mise en perspective ou presque : le ton est loin d’être académique. Les concepts psychanalytiques mobilisés ne sont quasiment pas définis, par exemple. Pour autant, cet essai conserve bien une portée générale, au-delà des souvenirs personnels, des anecdotes et des révélations que livre l’auteur sur sa propre histoire. S. Tisseron donne en effet à voir une démarche psychanalytique en acte. Plus qu’une plongée en un for intérieur, celle-ci apparaît davantage comme une relecture de faits et gestes dont la cohérence et l’interconnexion lui échappaient jusque là. Ainsi, les souvenirs qu’il convoque deviennent des hypothèses susceptibles de donner du sens au présent.

Mort de honte, Serge Tisseron, Albin Michel, septembre 2019, 216 p., 17 €. Cette critique est parue dans Sciences Humaines (n° 318, octobre 2019)

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