Archives de Catégorie: Philosophie

La sagesse de Stars Wars, tu découvriras

Le neuvième épisode de La Guerre des étoiles sort le 18 décembre au cinéma, concluant provisoirement une saga entamée… en 1977 ! Le philosophe Gilles Vervisch, déjà auteur de La philo contre-attaque en 2015, récidive pour l’occasion avec Star Wars, le retour de la philo (Le Passeur, 2019), dédié aux dimensions politiques, existentielles ou encore métaphysiques du célèbre space opera. Car George Lucas rêvait de conjuguer un film de guerre du type Apocalypse Now, un récit de samouraï à l’image du cinéma d’Akira Kurosawa, des considérations spirituelles d’inspirations européenne et surtout asiatique – bouddhisme, taoïsme, bushidō…

Ainsi les chevaliers Jedi, sorte de maîtres zen, apprennent à leurs jeunes élèves à se libérer des apparences pour découvrir la force tapie en toute chose. Ils s’opposent aux sombres Sith, parvenus à la tête d’un empire à force de manœuvres politiques et de stratégies d’asservissement. Leur affrontement illustre une opposition philosophique classique entre l’intuition et la technique. Les Jedi désapprennent à penser et à raisonner pour se fier à leur instinct. Ils privilégient de ce fait un mode de vie épuré, proche de la nature et ascétique. La philosophie de Henri Bergson n’est pas loin, mais conjuguée aux stoïciens et aux épicuriens ! Lire la suite

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Qui a peur du « genre » ?

Aux quatre coins du monde, de Donald Trump à Jair Bolsonaro, des intégristes religieux aux partisans proclamés du bon sens, le « genre » est devenu un épouvantail permettant de fédérer des tendances politiques par ailleurs opposées. Cet article est paru sur Le Journal du CNRS.

Le drapeau de la « straight pride » de Boston, le 31 août 2019, une étonnante marche pour exprimer la « fierté hétérosexuelle » qui a suscité l’indignation aux États-Unis. © Scott Eisen / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Les études de genre ont gagné en légitimité, pourtant elles n’ont jamais été autant attaquées à travers le monde. Cette ambivalence a été abordée lors de la conférence plénière du deuxième Congrès international du Groupement d’intérêt scientifique (GIS) Institut du Genre, qui s’est tenu du 27 au 30 août dernier à l’Université d’Angers, en partenariat avec cette dernière.

Ces mouvements trouvent appui au plus haut sommet de l’État, obtenant le retrait de campagnes pédagogiques, de projets de loi, des restrictions gouvernementales à l’encontre de la recherche scientifique.

« Certes le nombre de publications scientifiques et de coopérations internationales et interdisciplinaires a régulièrement augmenté ces dernières années, constate la sociologue Sylvie Cromer (1). Et de plus en plus de disciplines tiennent compte du prisme de genre dans leurs études, comme la musicologie et les sciences de gestion dont nous avons pour la première fois accueilli une intervention au congrès », s’enthousiasme-t-elle. Mais on constate aussi que l’opposition aux études de genre s’est renforcée et organisée. Lire la suite

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La management à la lumière des sciences humaines

J’ai eu le plaisir de coordonner un dossier consacré au management pour le magazine Sciences Humaines (n° 319, novembre 2019). À retrouver en kiosque ou en ligne ! Je vous laisse découvrir le sommaire ci-dessous et vous souhaite une très bonne lecture.

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Le temps des magiciens

C’est l’histoire de quatre philosophes méconnus et appelés à devenir des classiques. Leur point commun ? Tous ont élaboré une œuvre majeure entre 1919 et 1929, dans la jeune République de Weimar. Cette décennie allemande, marquée par des tensions politiques et une désorientation idéologique, témoigne en philosophie d’un « élan de créativité sans précédent », assure Wolfram Eilenberger : Ludwig Wittgenstein fixe dans Tractatus logico-philosophicus des limites jugées définitives au langage et à notre connaissance. Martin Heidegger plaide dans Être et Temps pour une liquidation de la métaphysique et un retour à des enjeux authentiquement existentiels. Plus enthousiaste, peut-être, Ernst Cassirer explore dans Philosophie des formes symboliques de nouvelles formes d’accès à la connaissance ; tandis que le penseur maudit Walter Benjamin, enfin, déchiffre le monde comme une myriade de signes à interpréter.

W. Eilenberger nous initie avec plus ou moins de pédagogie à ces quatre pensées complexes et, pour certaines, très abstraites. L’intérêt de son ouvrage ne s’arrête pas là : c’est aussi une plongée historique et biographique dans les cercles intellectuels de l’époque, comme dans la vie intime de ces philosophes. Le récit est vivant, détaillé, riche en anecdotes ; de nombreux chapitres se lisent comme un roman. Wittgenstein se dispute et se rabiboche avec Bertrand Russell. Le mariage de Heidegger bat de l’aile, mais cela inspire sa philosophie. Cassirer manœuvre comme un diable pour intégrer l’université, et Benjamin ne cesse de s’enfoncer dans des déboires financiers, politiques ou amoureux.

De façon subtile, sans jamais sombrer dans une forme de surinterprétation a posteriori, W. Eilenberger laisse entrevoir comment la vie personnelle, le contexte culturel et la production intellectuelle peuvent s’entremêler, et briller en ces moments exceptionnels.

Le temps des magiciens. 1919-1929, l’invention de la pensée moderne, Wolfram Eilenberger, Albin Michel, 2019, 460 p., 22,90 €. Cet article est paru dans Sciences humaines (n° 319, novembre 2019)

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“Les plateformes rétablissent un statut de quasi-tâcheron”

La France suivra-t-elle la Californie dans sa lutte contre l’emploi précaire des « travailleurs des applis » ? Pour la sociologue Sarah Abdelnour, les chauffeurs VTC et autres travailleurs indépendants sont traités comme les tâcherons du XIXe siècle, et devraient être reconnus comme salariés. Retrouvez cette interview sur Philonomist !

Maîtresse de conférence en sociologie à Paris-Dauphine et à l’Irisso (Institut de recherche interdisciplinaire en sciences sociales), Sarah Abdelnour a consacré sa thèse aux autoentrepreneurs – résumée dans son ouvrage Moi, petite entreprise (PUF, 2017) – et aux nouvelles formes de travail indépendant. Elle a publié Les Nouveaux prolétaires (Textuel, 2018) et vient de co-diriger Les Nouveaux travailleurs des applis (PUF, 2019), avec Dominique Méda.

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La Lune, reflet de nos croyances

La Lune inspire depuis toujours des récits mythologiques à toutes les cultures et civilisations. Souvent religieux, ils sont aussi teintés de considérations politiques et sociales. Des premiers mythes sur l’apparition de la vie et de la mort, du bien et du mal, à l’invention des calendriers et aux superstitions sur la biodynamie, tour d’horizon de croyances plus ou moins lunaires.

Cet article est paru dans Ça m’intéresse – Questions et Réponses daté de juillet 2019. Un grand merci à l’anthropologue Jean-Loïc Le Quellec, coauteur du Dictionnaire critique de mythologie (CNRS éd., 2017), et à Yaël Nazé, astrophysicienne à l’Université de Liège et autrice de Astronomie du passé (Belin, 2018).

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Faut-il ralentir ?

Plus nous avons de temps pour faire les choses, plus nous cherchons à aller vite… Ce constat paradoxale a poussé le sociologue et philosophe Hartmut Rosa à critiquer notre tendance à l’accélération liée, selon lui, à des impératifs de productivité déraisonnables. Cette chronique est parue dans Management (n° 277, septembre 2019). À lire pour aller plus loin : Accélération. Une critique sociale du temps (La Découverte 2010).

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