Archives de Catégorie: Philosophie

Quand les recruteurs misent sur la neurodiversité

L’autisme et les profils atypiques commencent à être valorisés dans le monde du travail. Parfois teintée de clichés sur “l’autisme savant”, cette tendance remet cependant en question ce que l’on considère comme « normal » ou « pathologique ».

Cette chronique est parue dans Management (n° 298, octobre 2021), actuellement en kiosque ! Toujours dans cette rubrique, retrouvez en prime l’art de manager comme L’homme de cour de Baltasar Gracián.

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L’espèce humaine était-elle attendue ?

Dans Destinées improbables (La Découverte, 2021), Le biologiste Jonathan B. Losos offre une synthèse passionnante des recherches de ces quarante dernières années sur l’évolution des espèces, entre hasard et nécessité. Cette recension est parue dans Sciences Humaines (n°340, octobre 2021).

Dans le film de Frank Capra La vie est belle (1946), un ange propose au héros de vivre une expérience métaphysique : voir ce que serait devenu le monde s’il n’était jamais né. George Bailey se retrouve ainsi à déambuler dans sa ville de Bedford Falls, devenue méconnaissable ; ses proches ont suivi d’autres parcours, certains ont même disparu. À la fin des années 1980, le paléontologue Stephen Jay Gould s’inspire de cette fiction pour poser une question fondamentale en biologie.

Si le monde vivant – végétaux, animaux, micro-organismes… – revenait à son état initial, son évolution suivrait-elle un chemin identique ou emprunterait-elle d’autres voies ?Les mêmes espèces survivraient-elles, ou bien les êtres vivants deviendraient-ils totalement différents de ce que nous connaissons ? S.J. Gould défend la seconde option. Pour lui, la contingence est reine : le fait qu’une espèce survive ou s’éteigne dépend surtout de hasards et d’accidents. On pourrait certes expliquer après coup comment elle a évolué, en quoi sa physiologie était plus ou moins adaptée à l’environnement par exemple. Mais cette évolution n’aurait rien d’un destin inéluctable. L’humanité pourrait ainsi ne jamais avoir existé.

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Les nouveaux défis de l’ingénierie

Dans Petite philosophie de l’ingénieur (PUF, 2021), les chercheurs Sébastien Travadel et Franck Guarnieri offrent un panorama synthétique et captivant de cette discipline, oscillant depuis ses débuts entre pratique et théorie. Elle se cherche aujourd’hui une dimension éthique pour faire face aux nouveaux enjeux écologiques.

Cette chronique est parue dans Management (n° 297, septembre 2021). Toujours dans cette rubrique, retrouvez en prime l’art de manager comme L’homme de cour de Baltasar Gracián.

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Qu’est-ce que la science ?

Le dossier que j’ai dirigé pour Sciences Humaines sur l’histoire et la philosophie des sciences vient de sortir ! À découvrir en ligne ou en kiosque

► Consulter le sommaire 🍽 : http://ow.ly/PEed50G4REx

► Commander le numéro ✉️ : http://ow.ly/kOwH50G4REs

► S’abonner à partir de 6 € 📫 : http://ow.ly/S7oH50G4REt

Science et confiance, comment rétablir le lien ?

La science a suscité des débats passionnés durant la crise sanitaire : sur la gravité de l’épidémie, sur son origine et sa propagation, sur la meilleure façon de la combattre… La vivacité des polémiques peut donner l’impression que de plus en plus de monde s’en méfie. Mais d’après le baromètre « Les Français et la science 2020 », porté par l’Université de Lorraine, plus de huit personnes sur dix faisaient confiance aux scientifiques ou aux universitaires « pour dire la vérité sur le coronavirus ». Dans le détail, la frontière entre confiance et défiance n’est jamais radicale, comme en témoignent les ambivalences de l’hésitation vaccinale par exemple. L’année dernière, seul un tiers des personnes interrogées se déclaraient « absolument » certaines de se vacciner (14 %) ou de ne pas le faire (22 %) ; les deux tiers étaient indécis, penchant tantôt vers le « oui », tantôt vers le « non ».

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Comment vivre ? Les sagesses antiques à l’épreuve de notre temps

PressureUA/Getty

La philosophie antique n’a jamais été aussi vivante. Le développement personnel s’en empare, la pop culture s’en inspire ; en pleine pandémie, les anglophones ont même dévoré les ouvrages des stoïciens. Comme le montre notre dossier, ces textes vieillissent bien car les questions qu’ils soulèvent sont éternelles. Au 21e siècle, on peut encore affronter la mort en stoïcien ou en épicurien, comme ce champion d’un sport de combat que nous avons rencontré. On peut chercher le bonheur comme Platon et Aristote, vivre toute une semaine en pythagoricien puis en cynique. On peut réévaluer nos amitiés à l’aune de la pandémie, ou encore apprendre à consoler un enfant comme Boèce. Bref, l’idée de mettre en accord nos idées et nos actes, comme ont tenté de le faire les sages pendant leur vie, reste une exigence d’actualité. Cela se fait parfois au prix de réinterprétations, voire de torsions – le précepte « Connais-toi toi-même » n’avait rien de psychologique à l’origine ! Mais c’est aussi en cela que cette philosophie est vivante : elle ne cesse de cheminer et d’évoluer. 

Ce dossier est paru dans Sciences humaines (n° 339 – Août – septembre 2021), à découvrir en kiosque ou en ligne !

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Les mots magiques

Témoignage de l’amour de la vie et des autres, la gratitude serait, pour le philosophe Vladimir Jankélévitch, un sentiment indispensable à notre bien-être.

Cette chronique est parue dans Management (n° 296, juin 2021). À retrouver en ligne ! Toujours dans cette rubrique, retrouvez en prime l’art de manager comme L’homme de cour de Baltasar Gracián.

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Quand les ingénieurs se piquent d’éthique

L’innovation pour l’innovation ne fait plus recette. Les ingénieurs se mettent en quête de sens et de valeurs à défendre. Une petite révolution pour un corps traditionnellement attaché à l’idée d’une technique neutre, forcément synonyme de progrès.

Cet article est paru sur Philonomist, plateforme de Philosophie magazine dédiée au monde du travail, aux management, à l’innovation et à l’économie. Rendez-vous sur leur site pour lire la suite !

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L’altération des mondes. Versions de Philip K. Dick

Philip K. Dick est l’un des écrivains les plus importants de science-fiction. Auteur d’Ubik, du Maître du haut château, des Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, il semble poursuivi par deux grandes questions : ce monde est-il réel ou illusoire, et sommes-nous lucides ou en proie à la folie ? Le philosophe David Lapoujade, spécialiste de Gilles Deleuze et du pragmatisme américain, s’efforce de reconstituer les intuitions de P. K. Dick sur ces questions, en s’appuyant sur ses fictions, essais, correspondances, ainsi que sur sa biographie.

Pour lui, le romancier met généralement en scène la disparition d’un monde jusqu’alors tenu pour objectivement réel et unique…Cette disparition lui permet de souligner en retour la puissance créatrice de la subjectivité : chaque point de vue apparaît comme l’expression d’un autre monde possible, tendant spontanément à se déployer. Beaucoup tentent même d’imposer leur réalité aux autres, usant notamment d’artifices et de technologies propres à la science-fiction, ce que D. Lapoujade appelle une « guerre des psychismes ». Cette lecture est d’autant plus passionnante que, même si l’auteur ne les nomme pas, il existe aujourd’hui des technologies numériques qui favorisent l’essor de représentations alternatives de la réalité.

Chez P. K. Dick, la défaite des protagonistes est fréquente et synonyme d’aliénation : quelque chose s’immisce dans leur monde et parvient à en prendre le contrôle, réduisant à néant leur vitalité et leur humanité. Dans les récits les moins tragiques, conclut D. Lapoujade, P. K. Dick réhabilite la figure du « bricoleur » et du hacker : ses héros sont des individus modestes voire marginaux, mais débrouillards et imaginatifs ; ils résistent et rapiècent un monde commun avec des bouts de l’ancien.

Cette critique est parue dans Sciences humaines (n°338 – Juillet 2021). Rendez-vous sur le site pour découvrir d’autres essais et publications !

L’altération des mondes. Versions de Philip K. Dick, David Lapoujade, Minuit, 2021, 152 p., 16 €.

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Faut-il sauver la valeur travail ?

Faire des efforts pour réussir : selon les philosophes Gérard Amicel et Amine Boukerche, auteurs de Autopsie de la valeur travail (Apogée, 2020) ces mots d’ordre ont perdu de leur impact. Et les répéter à l’envi ne suffira pas à donner du cœur à l’ouvrage !

Cette chronique est parue dans Management (n° 295, mai 2021). À retrouver en ligne ! Toujours dans cette rubrique, retrouvez en prime l’art de manager comme L’homme de cour de Baltasar Gracián.

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« Ontologie du devenir » : quand la science se déstabilise

Ontologie du devenir

Ce titre, un peu effrayant, ne rend pas justice à un livre captivant et d’une grande clarté. Anne Fagot-Largeault, philosophe et psychiatre, professeure honoraire au Collège de France, revisite l’histoire des sciences à l’aune d’un éternel problème philosophique : comment peut-on avoir des connaissances stables sur le monde, si tout est toujours en train de changer ? Peut-on par exemple définir une race de chien – le berger allemand, le dalmatien –, si les animaux se métissent, se transforment et évoluent constamment au fil des générations ?

Dès l’Antiquité, des philosophes ont opposé dans cet esprit l’« être », ou l’essence éternelle des choses, au « devenir », soit le mouvement perpétuel du monde. Dans le sillage de Platon, la science occidentale s’est d’abord constituée comme science de l’être (« ontologie »), considérant que des vérités immuables existaient au-delà du tourbillon des apparences. Mais comme l’expose A. Fagot- Largeault, d’autres philosophes ont pris le parti opposé et tenu un discours scientifique sur le « devenir ». Cette tradition va d’Héraclite, jugeant « qu’on ne saurait descendre deux fois dans le même fleuve », à Henri Bergson, Alfred Whitehead, et tant d’autres jusqu’à aujourd’hui.

Occultée, voire mise à l’index durant des siècles, cette approche semble en effet dominante à l’heure actuelle : étudier le monde vivant ou l’univers, par exemple, c’est désormais s’intéresser à leur dynamique, à leur histoire, à leur évolution. A. Fagot-Largeault retrace ce basculement au fil d’une écriture simple et efficace – son livre étant adapté de cours donnés au Collège de France pour le grand public. La deuxième partie de l’ouvrage agrège aussi des contributions d’autres auteurs, au risque parfois de donner des allures de patchwork à l’ensemble. Mais le propos reste toujours accessible et vivant. 

Cet article est paru dans Sciences Humaines (n° 337, juin 2021)

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