Management : misez sur la sincérité

Selon une idée reçue largement répandue, l’entreprise serait le lieu par excellence de la duplicité. Dans Éthique de la sincérité (Armand Colin, 2020), Elsa Godart, philosophe et psychanalyste, préconise pourtant de miser sur cette « valeur refuge » qu’est la sincérité, surtout dans le management. Cette chronique est parue dans Management (n° 286, juillet – août 2020), à retrouver en kiosque ou en ligne ! À lire également : l’art de manager comme L’homme de cour de Baltasar Gracián.

Poster un commentaire

Classé dans Management, Philosophie

Nouveau job pour nouvelle vie ?

Pour des milliers de Françaises et de Français, la période de confinement a éveillé des interrogations sur le travail et des envies de renouveau. Et si le « monde d’après » était le moment propice pour changer d’air ? Management  (n° 286, juillet – août 2020) consacre son grand dossier d’été à « 100 idées pour un nouveau départ ». J’ai eu le plaisir de réaliser un article de cadrage. Un grand merci aux spécialistes qui ont pris le temps de me répondre :

À lire également : Bullshit jobs, de l’anthropologue David Graeber (éd. LLL, 2018), La Révolte des Premiers de la classe, de Jean-Laurent Cassely (Arkhe, 2017), Éloge du carburateur, du philosophe Matthew Crawford (La Découverte, 2010), De la vraie vie (éd. de L’Observatoire, 2020) et Une seconde vie (Grasset, 2018), du philosophe François Jullien.

Toujours dans ce dossier, j’ai recueilli les témoignages de cinq personnes sur… le pouvoir des livres ! Chacune a témoigné de l’influence de lectures avant ou pendant une période de reconversion professionnelle. Pour certaine un livre a été un déclic, pour d’autres une confirmation…

Tous ces articles sont à découvrir en kiosque ou en ligne !

Poster un commentaire

Classé dans Management, Philosophie, Travail

« La propriété privée n’a absolument rien de naturel »

La notion de propriété privée telle que nous la connaissons n’est pas universelle et ses modalités ont été régulièrement remises en question. L’historien Fabien Locher analyse comment crises et catastrophes ont pu percuter les régimes d’appropriation. Cette interview est parue sur Le Journal du CNRS.

© Jean-Luc / Stock.Adobe.com

Vous êtes spécialiste d’histoire environnementale. Pourquoi vous êtes-vous intéressé à la « propriété » ?
Fabien Locher (1) : C’est l’une des institutions les plus puissantes et les plus opaques de la modernité. Elle s’impose à tous et même en partie aux États, qui l’organisent mais ne peuvent y déroger que dans des circonstances limitées et codifiées. La propriété privée peut d’ailleurs être vue comme une forme de protection contre les dérives tyranniques ou autoritaires – c’est notamment une idée très implantée aux États-Unis. Mais cette même propriété privée est souvent présentée comme une évidence, comme quelque chose de naturel.

Et pourtant… elle n’a absolument rien de naturel ! C’est une forme d’appropriation qui a une histoire, qui n’est pas de toute éternité et qui est dépendante de nos codes sociaux, de nos valeurs et de nos usages. C’est vrai, plus généralement, des différentes formes de propriété : propriété publique, propriété commune, droits collectifs… le monde de la propriété est vaste et complexe. Alors comment en sonder les mécanismes, les logiques profondes, les dimensions matérielles et écologiques ? Notamment avec cette idée du crash-test qui consiste à analyser ce qui se passe quand la propriété « percute » la survenue d’une catastrophe, idée que nous avons cherché à développer dans un volume collectif codirigé avec mon collègue Marc Elie, Crash Testing Property (2).

Quelle interrogation a guidé ces recherches ?
F. L. : Nous nous sommes d’abord demandé ce que devenait la propriété quand survenait une catastrophe, un séisme ou un grave accident industriel par exemple. Comment la répartition des biens, voire la forme même des institutions de la propriété, sont-elles modifiées ? Qui tire parti de ces situations, des « états d’exception » créés par les catastrophes ? Lire la suite

Poster un commentaire

Classé dans Histoire, Sciences, Société

« Avant toutes choses »

« Il n’est pas de culture qui n’ait soulevé la question de ses origines. Mieux : cette question a toujours reçu une réponse », observe le philosophe Pascal Nouvel dès les premières lignes de cet ouvrage. Si le premier constat n’est pas surprenant, le second est une belle source d’interrogations : par définition, une origine s’est toujours plus ou moins perdue dans le temps ; elle reste en partie inaccessible, mystérieuse et par conséquent sujette à controverses. Comment donc expliquer notre propension à vouloir la retrouver et de quelle façon prétendons-nous y parvenir ? Tel est l’objet de cette enquête philosophique, surnommée avec humour « originalogie ».

Partant de la question la plus fondamentale en la matière – celle de Leibniz qui se demande pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien –, P. Nouvel montre que les « discours d’origine » qui en découlent peuvent se réduire à quatre genres. Le « récit mythologique » fait intervenir des entités fabuleuses (des « dieux-choses » : le Chaos, la Terre, etc.) dans des environnements où les lois actuelles de l’univers ne s’appliquent pas. Ils ont leur cohérence propre et sont par conséquent invérifiables. Les discours scientifiques s’efforcent, eux, de remonter la chaîne des causes et des effets, en se fondant autant que possible sur des observations empiriques ; mais ils rencontrent des difficultés à mesure que les indices se font de plus en plus rares… À mi-chemin, des récits de type rationnel constituent les deux dernières catégories : les uns tentent de revenir à une sorte d’horizon « originaire » de la conscience, à l’image des philosophes adeptes de phénoménologie ; les autres disqualifient les discours d’origine comme répondant à un faux problème et à une illusion rhétorique – une origine a-t-elle un sens si elle est l’effet d’une autre cause ?

Outre cet effort de classification, P. Nouvel situe ces récits dans des débats politiques plus actuels. En effet, le concept d’origine se trouve au cœur de batailles politiques entre ceux qui souhaitent la restaurer, la préserver, et ceux qui préfèrent s’en affranchir, avancer sans trop regarder derrière eux.

Avant toutes choses. Enquête sur les discours d’origine, Pascal Nouvel, CNRS, 2020, 300 p., 26 €. Cette recension est parue dans Sciences Humaines (n° 326, juin 2020), à retrouver ici !

Poster un commentaire

Classé dans Histoire, Philosophie, Politique, Religion, Sciences, Société

Management : mon job en temps de crise

Crise du Covid-19 oblige, Management (n° 285, juin 2020) consacre un grand dossier à tout ce qui change (ou pas) dans le monde du travail. J’ai eu le plaisir de faire l’article d’ouverture, « Cap sur le monde d’après », sur les évolutions déjà observées, attendues ou encore démenties, alors que la crise sanitaire battait son plein. Un grand merci aux spécialistes qui ont pris le temps de me répondre :

 

 

Toujours dans ce dossier, j’ai également interviewé le philosophe Ghislain Deslandes, professeur à l’ESCP et notamment auteur de Critique de la Condition Managériale (PUF, 2016) et de À propos du management et d’un problème plus général (PUF, à paraître en octobre 2020). Sens du travail, utilité sociale, respect… Le confinement a ravivé de nombreuses questions et encouragé une remise à plat de nos modèles d’organisation, estime-t-il.

À retrouver en kiosque ou en ligne !

Poster un commentaire

Classé dans Management, Philosophie, Travail

Aux origines du storytelling

Dire d’où l’on vient et quel chemin l’on a suivi est devenu un incontournable de la communication d’entreprise. Dans un nouvel essai captivant, Avant toutes choses (CNRS éditions, 2020), le philosophe Pascal Nouvel nous aide à faire plus généralement le point sur notre goût pour les « discours d’origine ». Cette chronique est parue dans Management (n° 285, juin 2020), à découvrir en kiosque ou en ligne ! Retrouvez en prime l’art de manager comme L’homme de cour de Baltasar Gracián.

Poster un commentaire

Classé dans Management, Philosophie

Le progrès technique est-il toujours utile ?

La question se pose depuis la nuit des temps, du mythe de Prométhée dans l’Antiquité grecque aux interrogations contemporaines sur l’impact écologique des nouvelles technologies. Petit tour d’horizon dans Management (n° 284, mai 2020). Retrouvez aussi l’art de manager comme L’homme de cour de Baltasar Gracián.

Poster un commentaire

Classé dans Management, Philosophie

Management : musclez votre esprit critique !

Décrétées indispensables par le World Economic Forum, la pensée critique et la résolution de problèmes complexes figurent toujours au top ten des soft skills recherchées par les recruteurs. Mais que cachent ces expressions un peu vagues au premier abord ? Éléments de réponse avec Flora Bernard, cofondatrice de l’agence de philosophie Thaé, autrice de Manager avec les philosophes (Dunod, 2016), et Cecil Dijoux, consultant, auteur de #Hyperlean (CreateSpace, 2017) et de Hyperlean en action (L’Harmattan, 2018)

Ces interviews sont parues dans Management (n° 284, mai 2020), à retrouver en kiosque ou en ligne !

Poster un commentaire

Classé dans Management, Philosophie, Travail

« L’urgence environnementale est bien plus pressante aujourd’hui »

Selon Serge Morand, écologue et biologiste de l’évolution, les chercheurs en sciences de l’environnement et en écologie sont plus politisés qu’il y a vingt ou trente ans. Les projets alliant la recherche scientifique à l’action politique et impliquant des communautés locales se multiplient à travers le monde. Cette interview est parue dans Le Journal du CNRS.

 

Récolte de l’orge en France. L’agriculture est au centre de nombreux enjeux : sécurité, biodiversité, rapport de l’homme à la nature… © H. Rigel / Biosphoto / Biosphoto via AFP

 

Vous avez publié en 2016 un ouvrage intitulé La prochaine peste. L’épidémie actuelle était-elle prévisible ?

Serge Morand (1) : L’apparition du virus SARS-CoV-2 était une possibilité parmi d’autres. Personne ne pouvait savoir que nous affronterions cette épidémie en particulier, mais toutes les conditions étaient réunies pour qu’une maladie infectieuse émergente de ce type se propage à grande vitesse sur la planète. La mondialisation s’est accélérée : les transports aériens n’ont jamais été aussi nombreux et fréquents – ils ont augmenté de 1 200 % depuis les années 1970 ! Le tourisme international de masse a explosé, y compris dans des pays comme la Chine. Cette accélération de la mondialisation explique que l’épidémie actuelle soit beaucoup plus répandue que celle du SRAS de 2002 par exemple.

Aujourd’hui, un agent pathogène peu virulent passe relativement inaperçu les premiers temps, et peut donc circuler très largement avant que l’on ne prenne conscience de sa gravité. Ça a été d’autant plus vrai, en l’occurrence, que le SARS-CoV-2 est hautement transmissible. Malheureusement, il me semble qu’un certain déni a prévalu depuis une vingtaine d’années. Nous et nos institutions avons du mal à remettre en cause notre manière d’occuper la planète et de circuler. C’est un peu comme une crise économique : on voit bien que la bulle grossit, grossit… Mais on fait semblant de ne pas le savoir. Lire la suite

Poster un commentaire

Classé dans Politique, Sciences, Société

À lire dans « Sciences Humaines » : l’autisme en 10 questions

J’ai eu le plaisir de coordonner un grand dossier sur l’autisme pour le magazine Sciences Humaines (n° 325, mai 2020). Merci aux auteurs et aux autrices qui ont travaillé avec moi !

Ce numéro fait un état des lieux concret et accessible des recherches actuelles sur l’autisme : comment le définit-on depuis un peu plus d’un siècle ? Quelles en sont les causes, si tant est qu’on puisse en identifier ? Est-ce un handicap ou une différence, comme l’avancent des partisans de la « neurodiversité » ? Quelles prises en charge cliniques sont-elles aujourd’hui à l’étude ? Quid de l’inclusion scolaire ou professionnelle ? Etc. Je vous laisse découvrir le sommaire détaillé en ligne.

Vous pouvez acheter ce numéro en pdf ou commander un exemplaire imprimé sur le site de Sciences Humaines, ou bien le retrouver ou dans les points de vente restés ouverts. Bonne lecture !

Poster un commentaire

Classé dans Histoire, Philosophie, Psychologie, Sciences, Société