Les dépenses alimentaires augmentent pendant le jeûne

Près de 350 millions d’euros seraient dépensés par les ménages musulmans pendant le mois de ramadan, selon une étude.

Sur www.lemondedesreligions.fr

CC — Iftar, par @v i p e z sur Flickr

« Le mois de jeûne musulman est marqué par une hausse sensible de la consommation » : c’est la conclusion d’une enquête réalisée par le cabinet Solis, spécialisé en marketing. On pourrait croire que le budget alimentaire serait en baisse en période de jeûne. Mais selon cette étude, le mois de ramadan se caractérise au contraire par une plus forte propension des familles à consommer : préparations culinaires plus élaborées, rupture du jeûne et prise des repas dans un cercle familial élargi, consommation plaisir, etc.,

Le ramadan est aussi devenu un enjeu commercial, et même « un vrai business » pour certains. D’après le cabinet Solis, la demande est entretenue par une offre de produits plus abondante dans les points de vente. Il y aurait aussi, « de plus en plus, un soutien promotionnel visible à travers des mises en avant et des prospectus spécifiques de la part des distributeurs. » À travers les médias communautaires, mais aussi à la télévision ou dans l’espace public, les campagnes publicitaires ciblées sont en passe de se banaliser.

Si ces dépenses concernent, pour l’essentiel, des achats de viande, de produits d’épicerie, laitiers, frais et des boissons, les produits saisonniers, traditionnellement associés Ramadan, présentent un pic de ventes, comme les feuilles de brick, les dattes, le lait fermenté et des soupes telles que l’harira et la chorba. Le cabinet Solis observe d’autres variations dans les habitudes de consommations, mais elles sont plus dépendantes de facteurs individuels ou circonstanciels. En règle générale, les produits — halals notamment — dont la consommation est régulière tout au long de l’année enregistrent des progressions conséquentes.

Ce constat pose un problème sur le fond : s’il est généralement admis que jeûner est bon pour la santé, ce verdict est remis en question par la rupture du soir, l’iftar. Manger de plus grosses quantités de nourriture en moins de temps qu’à l’accoutumée pourrait générer d’autres soucis de santé, d’autant que ce repas est souvent riche en calories. Un article du Los Angeles Times a ainsi estimé, en Égypte, qu’il pouvait être un facteur d’obésité. Bref, comme le recommande d’ailleurs un hadith, il est essentiel de ne pas trop manger et de bien s’hydrater lors de la rupture du jeûne : « Quelques bouchées suffisent au fils d’Adam pour ériger son corps, mais s’il devait manger davantage, qu’il garde alors un tiers de son ventre pour la nourriture, un tiers pour la boisson et un tiers pour respirer. »

 

 

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Religion, Société

Les commentaires sont fermés.