Les matheux sont-ils des mécréants ?

Une expérience psychologique apporte un éclairage sur l’origine de la foi et de l’incroyance.

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Une simple question permet de deviner si vous êtes croyant. C’est la conclusion de deux universitaires canadiens, Will. M. Gervais et Ara Norenzayan, spécialistes en psychologie sociale.

Le problème est le suivant : une balle et une batte de base-ball coûtent 1,10 $ ; la batte coûte 1 $ de plus que la balle. Combien coûte la balle ? Si vous avez répondu 0,10 $, vous êtes plus susceptible d’avoir la foi que quelqu’un qui aurait donné la bonne réponse, 0,05 $. Pour parvenir à cette  conclusion, parue dans la revue Science, les chercheurs ont soumis près de 500 volontaires — chrétiens ou agnostiques pour une large majorité — à une série de problèmes similaires. Dans un second temps, ils leur ont demandé de remplir un questionnaire sur leur foi.

Verdict : les personnes au tempérament intuitif sont celles qui se déclarent le plus croyantes ; celles qui sont à l’aise avec les raisonnements analytiques, mathématiques par exemple, sont plus souvent athées. Le lien de cause à effet n’est pas démontré, mais la coïncidence est frappante. William Gervais et Ara Norenzayan ne disent pas qu’un type de raisonnement serait supérieur à l’autre. C’est juste un facteur qui permet de comprendre comment on en vient à croire ou à ne pas croire. La culture en est un autre…

Un exemple historique relativise d’ailleurs leur postulat : Albert Einstein, expert en matière de raisonnement analytique, a persisté à croire en un dieu, quitte à s’opposer à une partie de la communauté scientifique. C’était en outre un ardent défenseur de l’intuition dans les sciences.

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