Belgique : les cours de religion font débat

Le gouvernement belge veut réformer les cours de morale et de religion. Des militants laïcs jugent le projet trop conciliant.

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Déconfessionnalisons l’école ! C’est le cri du cœur du Centre d’étude et de défense de l’école publique (Cedep), en Belgique. Ce regroupement d’associations laïques dénonce une « ségrégation » en réponse au projet de réforme de la ministre de l’enseignement obligatoire, Marie-Dominique Simonet.

Actuellement, les parents doivent inscrire leurs enfants, dès l’âge de six ans et jusqu’à leur majorité, à des cours de religion ou de morale non confessionnelle. Ces cours sont assimilés à de la philosophie, bien que cela soit très différent de ce qui se fait en France. En effet, les élèves sont répartis dans différentes classes en fonction de leurs croyances — chrétiennes, juives, agnostiques… —, une situation dénoncée depuis longtemps par les associations laïques. En 2005, le gouvernement leur a donné des gages et a créé un Conseil consultatif des cours philosophiques.

Aujourd’hui, le projet envisage l’adoption d’un programme commun à toutes les classes, qui favoriserait le questionnement, le dialogue entre les religions et l’éducation à la citoyenneté. Les militants laïcs ont salué cette initiative avant de se rétracter. Dans un communiqué publié le 27 avril, le Cedep estime que cette réforme va dans le bon sens, mais qu’elle ne remet pas en question le problème essentiel : l’enseignement continuerait de se faire dans le cadre des cours de religion ou de morale non-confessionnelle. Il réclame un pas de plus : que le gouvernement mette fin à l’obligation de s’identifier religieusement ou comme agnostique à l’école, pour que les élèves se mélangent indépendamment de leurs croyances. Pour l’instant, le gouvernement entend conserver ce système, l’article 24 de la Constitution belge garantissant la possibilité de suivre un cours de morale adapté à sa religion.

Le Conseil consultatif des cours philosophiques dialogue avec les autorités de chaque culte pour élaborer un programme commun, en tenant compte des spécificités de chaque religion. Leurs conclusions sont attendues pour la rentrée de septembre 2013. Pour le président du Cedep, Philippe Spelh, il n’y a aucun sens à déconfessionnaliser les programmes si les classes ne le sont pas.

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