L’homosexualité est-elle soluble dans l’islam ?

Une mosquée ouverte aux couples homosexuels est inaugurée ce vendredi en France, en plein débat national sur la réforme du mariage.

Sur www.lemondedesreligions.fr

© GODONG

© GODONG

« Le Coran ne fait aucune référence explicite à l’homosexualité » : c’est fort de cet argument que Ludovic-Mohamed Zahed, a décidé d’ouvrir, vendredi 30 novembre, une mosquée dite « inclusive » : les femmes, voilées ou non, ne seront pas séparées des hommes ; des couples homosexuels pourront se marier religieusement… « Il s’agit d’ouvrir un lieu de culte où tou-tes seraient accueilli-es comme des frères et des sœurs humains avant tout, quels que soient leur sexe, leur identité de genre ou leur ethnicité », écrit-t-il sur LeNouvelObs.com.

Selon lui, le mot arabe qui désigne l’époux ou l’épouse dans le Coran, « zawjan », est n’est ni féminin ni masculin, deux hommes ou deux femmes pourraient donc se marier. D’ailleurs, les musulmans ne considèreraient pas le mariage comme un sacrement, comme les catholique, mais simplement « un contrat social entre deux individus consentants, devant deux témoins au moins, célébré en communauté », celles et ceux qui les reconnaissent en tant que couple. Enfin, tranche le jeune homme, « l’interprétation univoque et dogmatique de certains versets du Coran [qui légitimeraient l’homophobie et la misogynie] ne fait plus l’unanimité. »

Cette argumentation peut sembler partiale voire inexacte : de nombreux hadiths — des paroles attribuées au prophète Mahomet — paraissent condamner l’homosexualité ; le Coran comporte un récit analogue au mythe de Sodome et Gomorrhe, etc… Mais pour l’imam de Bordeaux, Tareq Oubroux, nulle interprétation ne fait autorité. « Aucun texte univoque, authentique, ne fait mention d’une quelconque sanction contre les homosexuels, affirme-t-il avant de nuancer. Éthiquement parlant, le Coran n’admet pas l’homosexualité. Mais le passage de cette condamnation morale à une condamnation juridique n’existe pas. »

Quoi qu’il en soit, l’islam sunnite ne reconnaissant aucun clergé, Ludovic-Mohamed Zahed peut tout à fait ouvrir une mosquée sans l’aval du Conseil français du culte musulman ou d’un autre autorité. Des établissements similaires existent d’ailleurs aux Etats-Unis ou au Canada. La semaine dernière, selon le quotidien Métro , une imam de la mosquée de Los Angeles, Ani Zonneveld, devait à Paris pour célébrer le mariage de deux femmes — « deux Françaises de confession musulmane », précisait Ludovic-Mohamed Zahed. Cette union était organisée à l’initiative de la Confederation of Associations LGBT, European or Muslims (Calem) qui regroupe des musulmans du monde entier.

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Religion, Société

Les commentaires sont fermés.