Un pays sur deux condamne la diffamation des religions

Basé sur une méthodologie américaine, un travail de recherche du Pew Research Center apporte un nouvel éclairage sur les atteintes à la liberté de conscience à travers le monde.

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En août dernier au Pakistan, Rimsha, une adolescente chrétienne handicapée avait été accusée de blasphème © DR

Quid de la liberté religieuse ? Selon une étude du « Pew Forum on religion and public life », un centre de recherche indépendant, près de la moitié des pays du monde (47 %) pénalisent le blasphème, l’apostasie, la diffamation ou encore le fait d’appartenir à une autre religion. Rendue publique le 21 novembre dernier, cette analyse porte sur les lois et les politiques de 198 pays en 2011. Précision importante : les auteurs — américains — ne font pas de différence entre la critique des religions et le dénigrement des religieux. Dans le droit français, à l’inverse, cette distinction est capitale.

Les lois contre le blasphème sont particulièrement fréquentes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Ils constituent un délit dans 13 des 21 pays de cette région. En Europe, comme dans la zone de l’Asie et du Pacifique, seuls 18 % des gouvernements appliquent de telles lois. Elles sont quasiment inexistantes en Afrique subsaharienne, si ce n’est au Nigéria et en Somalie. La condamnation de l’apostasie suit une répartition similaire : elle est appliquée dans plus de la moitié du monde arabo musulman et dans quatre pays d’Afrique. En revanche, elle n’existe ni en Europe ni aux Etats-Unis.

Conséquence de l’amalgame entre critique et diffamation du religieux, cette catégorie semble la plus répandue dans le monde : 80 % des pays européens la condamnent, 75 % au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, 34 % dans la région Asie et Pacifique, 27 % en Afrique subsaharienne, 17 % en Amérique du Sud et au Canada. En Europe, précise l’étude, « ces lois ont eu tendance à pénaliser les discours de haine plutôt que la diffamation », alors que c’est le contraire dans le monde arabo-musulman. Les Etats-Unis, en revanche, n’apparaissent pas dans la liste.

C’est la seconde étude que Pew publie sur ce sujet. La précédente montrait que les lois condamnant le blasphème ou l’apostasie avait progressé entre 2006 et 2009. Entre-temps, un autre travail de recherche, publié cette année, révélait que les trois quarts de l’humanité n’étaient pas libres de pratiquer leur foi.

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