Mariage homosexuel : l’Église catholique clarifie sa position

Un texte publié par le Conseil Famille et Société de la Conférence des évêques de France vise à étouffer les accusations d’homophobie tout en réaffirmant l’opposition des catholiques.

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© Fred Tanneau / AFP

L’Église veut arrondir les angles. Après les propos controversés de Mgr Barbarin, contre le mariage pour les couples homosexuels, la Conférence des évêques de France publie un document officiel pour nuancer la position des catholiques, se prémunir contre les accusations d’homophobie et exposer une conception argumentée du mariage : « Si toute réticence ou interrogation devant cette réforme du droit de la famille est qualifiée a priori d’ « homophobe », affirme-t-elle, il ne peut pas y avoir de débat de fond. »

L’effort pour présenter aussi honnêtement que possible les thèses adverses est tacite. Surtout, il est répété à de nombreuses reprises que le refus de l’homophobie est aujourd’hui inhérent au catholicisme : « la Congrégation pour la doctrine de la foi invitait, dès 1976, les catholiques à une attitude de respect, d’écoute et d’accueil (…) Dix ans plus tard, la même Congrégation soulignait que les expressions malveillantes ou gestes violents à l’égard des personnes homosexuelles méritaient condamnation. »

S’agissant du mariage, le cœur de l’argument reste le même : pour l’Église, cette institution célèbre et encadre « le miracle de la vie », soit la procréation naturelle. Il serait donc fallacieux d’établir une identité de principe, à l’échelle de la société, entre les couples homosexuels et hétérosexuels. En revanche, l’Église se prononce pour l’égalité de droit, proposant même d’améliorer le PACS pour la garantir : « Les personnes homosexuelles réclament aujourd’hui aussi une forme d’union plus solennelle ».

Ces bases étant posées, le texte critique plus directement les thèses adverses. Ne retenir du mariage que la célébration d’un lien amoureux serait une méprise. Pour preuve, même le droit français « comporte une présomption de paternité », à l’article 312 du Code civil. Autrement dit, le mariage civil aurait toujours eu pour fonction « d’encadrer la transmission de la vie » et n’aurait jamais été « un certificat de reconnaissance d’un sentiment amoureux. » L’Église dénonce là une conception individualiste et biaisée.

L’argumentation s’en tient au niveau juridique, à une question de principe – « la différence des sexes est une heureuse nouvelle », et nie toute homophobie. Elle se heurte néanmoins à une objection factuelle : si l’histoire et le droit témoignent d’une association forte entre mariage et procréation, celle-ci est justement en train de se dissocier. C’est d’ailleurs le cœur de l’opposition (…) De même, s’agissant de l’adoption, c’est devenu un problème d’égalité et non plus d’identité quand les célibataires en ont eu le droit. L’Église s’y était d’ailleurs opposée dans le passé, pour cette raison entre autres.

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