Un prêtre destitué car franc-maçon

Pascal Vesin souhaitait conserver une double appartenance, à l’Église catholique et au Grand Orient de France. Impossible, lui est-il répondu.

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Pascal Vesin, à Megève le 24 mai dernier © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Pascal Vesin, à Megève le 24 mai dernier © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Dimanche, les fidèles de la paroisse Sainte-Anne d’Arly Montjoie, à Megève, ont pris place sur les bancs pour une première messe sans le père Pascal Vesin, exclu 48 heures plus tôt par l’évêque d’Annecy, Mgr Yves Boivineau, pour cause d’appartenance à la loge maçonnique du Grand Orient de France. Le père Fournier-Bidoz, vicaire général du diocèse d’Annecy, le remplace pour célébrer la messe. « Vous connaissez tous les raisons de ma présence ici, explique-t-il (…) Je suis venu vous accompagner dans cette épreuve que traverse votre paroisse ».

En poste depuis près de dix ans, Pascal Vesin serait franc-maçon depuis 2001. Lorsque sa hiérarchie l’apprend, elle lui demande de quitter la loge « pour se consacrer à son ministère de prêtre ». Il rétorque alors avoir l’intention « de vivre la double appartenance », selon un communiqué de presse de l’évêché. « Je n’ai pas envie de quitter la Franc-Maçonnerie, comme je n’ai pas envie de quitter l’Église, confirme-t-il dans une lettre ouverte. Je ne choisis pas la Franc-Maçonnerie contre l’Église, je choisis de garder ma liberté de penser. » Trois membres du Conseil presbytéral d’Annecy l’ont rencontré pour confirmer sa destitution.

L’évêché s’appuie notamment une sur une note du 16 novembre 1983 de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, qui précise que « l’inscription à ces associations reste interdite par l’Église, ceci en raison même de l’incompatibilité entre les principes de la franc-maçonnerie et ceux de la foi chrétienne. » Pascal Vesin se situait par ailleurs sur une ligne dite progressiste, défendant par exemple l’ordination de prêtres déjà mariés ou refusant d’annoncer une manifestation contre le mariage homosexuel. Ses prises de position pouvaient déranger ; c’est d’ailleurs une lettre anonyme qui a informé l’évêché de son appartenance au Grand Orient de France.

Pour l’Église, les loges exercent « une activité subversive à [son] égard », mais aussi qu’elles propagent « des idées philosophiques et des conceptions morales opposées à sa doctrine », prônant notamment « le relativisme doctrinal » et refusant « toute idée de salut ». Pascal Vesin, lui, estime que le pluralisme d’opinion ne devrait pas rebuter aussi radicalement les autorités catholiques.

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