L’Eglise anglicane autorise l’ordination des évêques gays

Après avoir donné la possibilité aux femmes de devenir prêtres, l’Église anglicane d’Angleterre vient de lever l’interdiction d’ordonner évêques les prêtres homosexuels.

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Le débat sur l'ordination de prêtres homosexuels au sein de l'Eglise Anglicane est né avec l'affaire Jeffrey John, en 2003, prêtre qui avait dû renoncer à devenir évêque de Reading en raison de son homosexualité © Michael Stephens / AP / SIPA

Le débat sur l’ordination de prêtres homosexuels au sein de l’Eglise Anglicane est né avec l’affaire Jeffrey John, en 2003, prêtre qui avait dû renoncer à devenir évêque de Reading en raison de son homosexualité © Michael Stephens / AP / SIPA

Alors que le débat sur le mariage homosexuel met la France en émoi, l’Église anglicane lève l’interdiction faite aux prêtres homosexuels, unis civilement avec leur partenaire, d’être ordonnés évêques. Ils doivent néanmoins s’engager à rester abstinents. L’Église estime ainsi « qu’il serait injuste d’exclure de l’épiscopat toute personne cherchant à vivre en conformité avec l’enseignement de l’Église sur l’éthique sexuelle. »

Jusque ici, ils ne pouvaient être ordonnés qu’à condition d’être célibataires. Les prêtres et évêques mariés ­— donc hétérosexuels —, eux, ne sont pas soumis à l’obligation de chasteté. « Je salue en théorie » cette décision, a réagi le révérend Colin Coward, favorable à l’intégration des homosexuels dans l’Eglise, cité par l’AFP. « C’est une évolution très inquiétante », a estimé pour sa part le révérend Rod Thomas, porte-parole du groupe traditionaliste Reform.

Le sujet fait débat depuis 2003 au moins : Jeffrey John, un prêtre homosexuel vivant avec un autre religieux, avait été contraint de renoncer au poste d’évêque de Reading — une ville à l’ouest de Londres. En 2010, sa candidature au diocèse londonien de Southwark a de nouveau été écartée, le clerc ayant contracté un partenariat civil avec un autre prêtre. Depuis 2005, l’Église d’Angleterre autorise les personnes homosexuelles unies dans le cadre d’un partenariat civil à devenir prêtres, à condition de rester chastes.

En 1992, elle a d’ailleurs pris l’initiative d’ouvrir le sacerdoce aux femmes. Leur ordination n’est cependant pas à l’ordre du jour : en novembre dernier, le synode — instance de décision de l’Église — a rejeté une nouvelle fois cette proposition. « Car toute l’anthropologie chrétienne est fondée sur l’essentialisme et le fait que les deux sexes ont des fonctions différentes », analyse Églantine Jamet-Moreau, auteur de Le curé est une femme (L’Harmattan, 2012).

L’introduction des partenariats civils en Angleterre, en 2004, a relancé le débat sur la bénédiction des couples de même sexe. Tandis que le collège des évêques l’interdisait, certains ont pris l’initiative de bénir malgré tout l’union d’un prêtre de leur diocèse avec un autre homme. En 2011, un projet d’autorisation de célébrations religieuses pour les partenariats civils suscite les protestations de l’aile traditionnaliste de l’Église. La chambre des évêques annonce finalement un examen général de la sexualité humaine pour 2013, examen qui aura abouti à l’ordination des prêtres homosexuels.

 

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