La Chine et le dalaï-lama s’affrontent sur la question des immolations

Conséquences tragiques du conflit entre les indépendantistes tibétains et le régime de Pékin, les immolations au Tibet sont de plus en plus fréquentes.

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Le 4 novembre dernier, des Tibétains en exil en Inde rendent hommage à Dorjee Lhundrup, l’un des nombreux bouddhistes à s’être immolés par le feu depuis 2009 © Ashwini Bhatia/AP/SIPA

Confrontées à de nombreux cas de suicides par immolation, au Tibet, les autorités chinoises ont longtemps accusé le chef bouddhiste et ses partisans d’encourager ces actes. Le dalaï-lama a réagi mardi, lors d’une conférence de presse à Tokyo, critiquant « l’étroit esprit des autorités communistes ». Il exige que la Chine ouvre une enquête pour élucider les causes des immolations. Il a également demandé aux médias étrangers et aux députés nippons de se rendre au Tibet pour constater ces faits par eux-mêmes. « La Chine ne s’occupe pas sérieusement [de cette situation] et essaye d’y mettre fin en me critiquant », a-t-il déclaré, d’après Le Monde.

Depuis l’ouverture, la semaine précédente, du congrès du Parti communiste chinois, au moins six Tibétains se sont suicidés de cette façon. Selon le gouvernement en exil en Inde, depuis la fuite du dalaï-lama en 1959, environ 70 ont tenté de s’immoler par le feu depuis février 2009, et 54 sont morts des suites de leurs brûlures. Face à cela, un délégué tibétain officiel a rétorqué au Congrès, reprenant la ligne officielle du Parti : « la clique du dalaï-lama sacrifie des vies pour parvenir à ses objectifs politiques cachés ».

Selon Le Figaro, le Haut commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme, Navi Pillay, s’est lui alarmé des « violences continuelles exercées à l’encontre de Tibétains cherchant à exercer leurs droits fondamentaux à la liberté d’association et de religion. » Il a demandé que des experts de l’ONU puissent se rendre sur place, au grand dam du régime de Pékin. Au début du mois, l’ambassadeur des Etats-Unis en Chine a voyagé dans les zones tibétaines puis appelé la Chine à revoir sa politique.

« Il n’y a pas d’alternative à une réforme », renchérissait le dalaï-lama. De fait, la situation n’a cessé de se dégrader. Les moines bouddhistes se trouvent bien impuissants face à l’appareil répressif chinois ; pour les plus désespérés, l’immolation passe alors pour la seule protestation possible. Les forces de l’ordre, elles, ont même offert des primes pour « quiconque apportera des informations sur des personnes planifiant, incitant ou poussant d’autres à s’auto-immoler. »

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