Un site web dédié à la pensée de Mohammed Arkoun

Deux ans après sa mort, le célèbre penseur algérien Mohammed Arkoun suscite toujours l’enthousiasme.

Sur www.lemondedesreligions.fr

© IBO / SIPA

La Fondation Mohammed Arkoun vient de lancer un site internet dédié à ce penseur algérien, philosophe et islamologue de renom, décédé il y a deux ans. Des centaines d’heures d’interviews audio et vidéo sont mises gratuitement à disposition, ainsi que de nombreux textes. Le but, écrit sa femme, Touria Yacoubi Arkoun : « garder vivante cette œuvre monumentale, à laquelle il a consacré toute sa vie et qui constitue un legs à l’humanité, qui doit être connu et préservée également pour les générations futures ».

Né en 1928 en Algérie, Mohammed Arkoun a étudié à Oran, Alger et Paris ; titulaire d’une agrégation en langue et littérature arabe, docteur en philosophie, il a consacré une partie de ses recherches à « l’islam appliqué » — concept qu’il a forgé en référence à l’anthropologie appliquée de Roger Bastide. C’est un courant de pensée critique, qui tente notamment de raviver ce qu’il peut y avoir d’impensé dans l’histoire d’une religion, d’une culture ou encore d’un peuple.

La fondation entend protéger sa pensée, des caricatures et du plagiat, et encourager son étude. Une bourse doctorale Mohammed Arkoun a notamment été créée, soit 100 000 livres sterling attribuées sur quatre années d’étude. Après « une sévère sélection », précise le site de la fondation, un chercheur iranien en aura été le premier bénéficiaire. Par ailleurs, un prix « Mohamed Arkoun » sera décerné tous les deux ans, afin de récompenser le meilleur travail effectué sur son œuvre.

Le 31 octobre dernier, un hommage lui était rendu au Maroc. Son dernier livre d’entretiens, La construction humaine de l’islam (éd. Albin Michel) a été présenté par Rachid Benzine, islamologue et chargé de cours à l’I.E.P d’Aix-en-Provence, et Mohamed al Ayadi, professeur de sciences sociales et d’histoire politique. Alors que 30 à 40 personnes étaient attendues, quelque deux cents se sont pressées à la villa des arts de Casablanca. « Cela me conforte davantage dans mes résolutions, écrit Touria Yacoubi Arkoun, à continuer de faire le maximum pour que la pensée de mon mari, pour laquelle vous avez démontré votre engouement, soit mise à votre disposition par tous les moyens possibles. »

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