Archives de Tag: bioéthique

Bébés génétiquement modifiés, une nouvelle donne pour l’humanité ?

Pour la première fois dans l’histoire, deux humains sont nés avec un patrimoine génétique modifié. Cet article est paru dans Sciences Humaines (n° 312, mars 2019).

L’annonce était redoutée mais prévisible : fin novembre, le chercheur chinois He Jiankui, de l’université de Shenzhen, a déclaré avoir donné pour la première fois naissance à des humains génétiquement modifiés. Les autorités chinoises ont depuis confirmé la naissance de Lulu et Nana, et même évoqué une troisième grossesse qui serait toujours en cours. Cette expérience révolutionnaire suscite toutefois une condamnation massive : la plupart des généticiens et bioéthiciens lui reprochent a minima d’être allé trop vite et trop loin, ou même – pour les plus hostiles – d’ouvrir la porte à un eugénisme mortifère. He Jiankui s’est défendu en affirmant que de telles manipulations étaient justifiées pour des maladies délétères, tout en rappelant son opposition aux discriminations fondées sur la génétique.

L’édition génomique, ou modification ciblée de gènes dans un organisme, a réalisé des bonds de géant depuis 2012. L’essor d’une technique baptisée Crispr-Cas9 – précise, rapide et peu coûteuse – laissait présager qu’un généticien franchirait tôt ou tard le Rubicon. Lire la suite

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Pierre Savatier, le chercheur qui veut maîtriser le pouvoir des cellules souches

Voilà près de trente ans que ce biologiste réputé travaille sur les cellules souches pluripotentes, cellules à partir desquelles se forment tous les organes et les tissus d’un organisme vivant. Récemment récompensé par l’Académie des sciences pour ses travaux, il fait le point sur les espoirs que suscitent ces super cellules, notamment pour soigner un jour des maladies neurodégénératives comme Alzheimer ou Parkinson. Mais rappelle aussi la nécessité de soutenir la recherche fondamentale, sans laquelle aucune grande avancée ne peut se faire.

Ce portrait a été publié sur le site de Cortex Mag.

Université fédérale de Toulouse

Pierre Savatier ne court pas forcément après les résultats, mais cela ne l’a pas empêché de se faire remarquer. En octobre dernier, le biologiste, directeur de recherche à l’Inserm, s’est vu décerné par l’Académie des sciences et la fondation Ramsay, un prix pour ses travaux sur les cellules souches. Ces institutions délivrent chaque année deux récompenses dans le domaine de la thérapie cellulaire et de la médecine régénérative : l’une pour des découvertes ayant un intérêt thérapeutique direct et l’autre dédiée à la recherche fondamentale. Pierre Savatier s’inscrit dans la seconde catégorie. A l’heure où le pragmatisme gagne du terrain, en matière de financement de la recherche notamment, il tient à rappeler que d’immenses découvertes sont le fruit du hasard et de la sérendipité, et que de tels travaux finissent souvent par avoir un intérêt pratique. Ainsi, nos GPS et smartphones ne fonctionneraient pas si Einstein ne s’était penché sur les dilatations de l’espace-temps en se demandant ce qui arriverait s’il pouvait chevaucher un rayon de lumière !

Pionnier français des cellules souches pluripotentes

Pierre Savatier, lui, ne s’intéresse pas au cosmos, mais à l’embryon, germe de tout individu humain, mais aussi animal ou végétal. Son laboratoire est le seul en Europe à comparer directement les embryons de différentes espèces : souris, poulets, lapins… et hommes, bien sûr. Lire la suite

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Bébés “sur mesure” : oui, mais…

Les généticiens pourraient éliminer des maladies rares chez les enfants à naître, et même les éradiquer pour toute leur descendance. Mais de nombreux scientifiques appellent à la prudence et préconisent la tenue d’un moratoire avant d’aller plus loin. Où est le problème ? 

© epsos.de

wooden sculpture about science, genetics and human creativity

Cette enquête est parue dans Version Femina (n° 698, semaine du 17 au 23 août 2015). Un grand merci, pour leurs témoignages et analyses, à Juliette Dieusaert, présidente de l’Association française de l’ataxie de de Friedreich (AFAF), Pierre Le Coz, philosophe spécialiste de l’éthique, et Emmanuelle Rial-Sebbag, spécialiste de bioéthique et chargée de recherche à l’Inserm.

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Enquête philosophique en milieu hospitalier

Pour le philosophe Éric Fourneret, spécialiste de bioéthique et du fonctionnement des hôpitaux, la réflexion éthique suppose d’interroger 
les expériences des principaux concernés – soignants et soignés notamment.

© Evgenios Levin

© Evgenios Levin

Abstraite, la philosophie ? Pas forcément. De plus en plus de philosophes choisissent un terrain de recherche permettant de s’immerger dans le concret. C’est le cas d’Éric Fourneret, lauréat en 2014 des Trophées de l’éthique décernés par la fondation Ostad-Elahi. Attaché de recherches à l’université Paris-V, spécialiste d’éthique médicale et de questions liées à la fin de vie – euthanasie, don d’organe… – É. Fourneret mène des « enquêtes philosophiques » en milieu hospitalier. Il y passe plus de temps qu’en bibliothèque, pour discuter avec les médecins, les infirmiers, les patients et leurs familles. « J’ai besoin de m’imprégner de cette atmosphère et de ces échanges », explique-t-il. Il vient ainsi de passer trois ans dans des services de pédiatrie, pour nourrir ses recherches sur l’annonce d’une pathologie à risque vital faite à un jeune adulte ou à un adolescent. Il est également membre de comités d’éthique en centre hospitalier, à Chambéry, Saint-Marcellin ou encore Grenoble. « Je confronte mes expériences aux concepts philosophiques supposés y répondre. »
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Peut-on “améliorer” l’homme ?

Modifier le patrimoine génétique d’une personne pour lutter contre la maladie, voire “corriger des anomalies”, ne relève plus de la science-fiction. Dans un nouvel essai, Où va l’humanité ?, deux chercheurs font le point sur les enjeux bioéthiques.

Sur www.lyoncapitale.fr

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Balbutiant hier, le séquençage de l’ADN est en passe de devenir une opération courante. Toute personne a déjà la possibilité de mieux connaître son patrimoine génétique pour traiter d’éventuelles maladies : l’actrice Angelina Jolie a ainsi décidé de procéder à une mastectomie bilatérale après un test ayant confirmé une prédisposition au cancer du sein. Sa décision – très médiatisée – a dopé le marché des tests génétiques. La pratique se banalise tellement aux États-Unis qu’il est question de procéder à un séquençage systématique à la naissance : tous les bébés seraient soumis à un test qui permettrait de repérer des anomalies et d’élaborer des traitements en conséquence. Quatre projets de recherche ont été lancés sur cinq ans pour analyser les risques et les bénéfices de ces pratiques, parfois jugées eugénistes.

En France, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) doit se prononcer d’ici à l’été prochain. “Nous ne pouvons pas faire comme si ces progrès techniques n’existaient pas, résume Patrick Gaudray, directeur de recherches au CNRS. Mais nous ne devons pas non plus faire n’importe quoi sous prétexte qu’on le peut !”

Nouvelle liberté…

Il est d’ores et déjà possible de “corriger” un ADN jugé défaillant et, plus généralement, d’altérer le patrimoine génétique de quelqu’un. “C’est le principe de la thérapie génique, explique Catherine Bourgain, chargée de recherches à l’Inserm. Mais c’est un exercice complexe (…), pas facile de prévoir si un jour on arrivera à modifier l’ADN des fœtus pour modifier la couleur de leurs yeux. Et puis, faut-il vraiment essayer de le faire ?” Lire la suite

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