Les Simpson étudiés à la fac de philo

Aristote aurait-il considéré Homer Simpson comme un modèle de vertu ? Le philosophe John Donaldson abordera cette question et bien d’autres en janvier, à l’université de Glasgow, lors d’un cours consacré au célèbre dessin-animé américain – « monument aux absurdités de l’existence humaine », selon le descriptif.

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Les idées de Camus, Kant ou encore Mill se conjugueront aux péripéties de Bart, Marge et Lisa, permettant à un public pas forcément versé en humanités de goûter aux joies de l’éthique et de la pensée politique. « Les Simpson est l’un des objets culturels les plus populaires du monde moderne, notamment parce qu’il est pétri de philosophie », assure J. Donaldson, rappelant que leur créateur a lui-même suivi des études en la matière. Matt Groening a effectivement bûché sur Nietzsche ou Kierkegaard à l’Evergreen State College de Washington – sans toutefois valider son cursus – et reconnu une influence sur son travail. L’une de ses premières œuvres, une bande dessinée intitulée Life in Hell, s’inspirait du chapitre « How to go to Hell », tiré de l’essai Critique of Religion and Philosophy du philosophe américain Walter A. Kaufmann (1958).

Quant aux Simpson, la série regorge de paradoxes et de clins d’œil existentiels, comme l’avait déjà relevé un collectif de chercheurs dans l’ouvrage The Simpsons and Philosophy. The d’oh ! of Homer (2001). Leur humour satirique dévoile les présupposés parfois douteux de nos modes de vie, leurs raisonnements par l’absurde révèlent nos inconséquences, et chaque protagoniste incarne un archétype caricatural et néanmoins reconnaissable de ce que nous sommes. À bien des égards, ce portrait féroce de l’american way of life et plus généralement de la condition humaine – d’où leur succès à l’export… – n’est pas sans rappeler la méthode critique d’un Nietzsche.

Cet article est paru sur Sciences humaines (n° 289, février 2017)

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