Se déconnecter accroît notre empathie

Les débats sur l’impact du numérique sur les relations sociales n’en finissent pas de rebondir. Une étude de l’université de Californie à Los Angeles (UCLA), publiée fin août 2014, indique que se couper d’Internet et plus généralement des écrans pourrait développer notre capacité à décrypter les émotions.

©  Maurizio Pesce sur Flickr

© Maurizio Pesce sur Flickr

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont séparé deux groupes d’adolescents : les uns n’avaient plus aucun accès au web ni à la télé durant cinq jours ; les autres pouvaient continuer à se connecter aussi souvent que d’habitude. Au début et à la fin de l’expérience, chaque jeune a, par ailleurs, été évalué sur sa capacité à identifier des émotions, en reconnaissant une expression de visage triste, heureuse, inquiète… Verdict : les deux groupes montrent la même habileté au début de l’expérience ; mais à la fin, ceux qui ont été déconnectés font beaucoup moins d’erreurs que les autres !

De là à supposer que les nouvelles technologies sapent notre empathie, il n’y a qu’un pas. « Vous n’apprenez pas à décrypter les indices non verbaux sur un écran de la même façon que dans la vraie vie », alerte ainsi la chercheuse Yalda Uhls, principale auteure de l’étude. Un regard fuyant, une voix hésitante… Ces éléments ont beaucoup d’importance dans les échanges réels. « Si vous ne communiquez pas régulièrement en face à face, vous pourriez perdre d’importantes capacités relationnelles », conclut-elle. Il est, en effet, inquiétant de constater que des différences apparaissent au bout de seulement cinq jours, étant donné que les adolescents sont connectés à longueur de temps et pendant des années… «  Les interactions réelles restent nécessaires, y compris en compléments des échanges que l’on peut avoir sur les réseaux sociaux », insiste la psychologue Patricia M. Greenfield, directrice du laboratoire qui a dirigé l’étude. Peut-être qu’il ne suffit pas de chatter pour communiquer…

Yalda Uhls et al., « Five days at outdoor education camp without screens improves preteen skills with nonverbal emotion cues », Computers in Human Behavior, vol. XXXIX, octobre 2014.

Cet article est paru dans Sciences Humaines (n° 264, novembre 2014). Retrouvez le sommaire complet en cliquant ici.

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