« Et le monde devint jeu »

Mardi 10 juin à la Fondation d’Entreprise Ricard pour l’art contemporain, Michel Maffesoli me recevait en compagnie d’Aurélien Fouillet, sociologue, chercheur au CeaQ  et auteur de L’empire ludique (François Bourin, 2014), pour une conférence sur les mutations du divertissement dans les sociétés postmodernes.

L’enregistrement de la conférence est disponible sur France Culture. Pour l’écouter en ligne, cliquez ci-dessous.

« Le monde change. Nos sociétés sont en « crise ». Dans les  fractures du socle traditionnel du vivre-ensemble s’immisce une infinité de pratiques ludiques. Les sites de rencontres, les jeux de rôles en ligne, les Zombies Walk, le Cosplay, la bande-dessinée, les réseaux sociaux, Candy crush saga, Ingress, sont autant de signes de ce retour du jeu au premier plan. Plus que de futilité ou de frivolité, ces pratiques ludiques témoignent des formes de la socialité postmoderne. World of warcraft  interroge les techniques de management, les Fablabs le modèle industriel, les jeux en ligne les processus de recherches collectives, l’application Tinder les modes de relation des couples, la réalité augmentée notre rapport au réel.

Loin d’être une fuite hors de la vie sociale, la passion du jeu témoigne d’un réel réenchantement, d’un imaginaire enrichi, de nouvelles formes de socialité. C’est ce qu’illustrent jusqu’au tragique ou au grotesque la multiplication des figures iconiques, des séquences humoristiques, de la « célébréphémérité » des stars. Les contes et légendes de la postmodernité sont à lire dans les journaux à scandale, les films reprenant les faits divers et les frasques des hommes célèbres, les tournages en boucle sur Internet. Bienvenue au monde « Casino ». »

(Texte de présentation originellement publié sur le site de la Fondation).

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