L’Église catholique, entre tradition et modernité

Un sondage montre que le clivage se creuse au sein de la population française, entre catholiques pratiquants et non pratiquants notamment.

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© Andrew Medichini/AP/SIPA

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Faut-il moderniser l’Église ? D’après un sondage Ifop réalisé pour le quotidien Sud Ouest, les Français estiment qu’elle doit modifier ses positions pour tenir compte des changements intervenus dans la société, plutôt que de défendre des valeurs traditionnelles en décalage avec les évolutions sociales. Dans le détail, une écrasante majorité souhaite un aggiornamento sur la question de la contraception (90 %), du remariage des divorcés (82 %), de l’avortement (80 %), de l’euthanasie (79 %) et de l’homosexualité (68 %).

Dans une moindre mesure, les catholiques expriment les mêmes attentes : les pourcentages sont quasiment les mêmes sur tous ces sujets. Néanmoins, l’Ifop remarque que la demande de changement est moindre par rapport à une enquête de mars 2009, sur l’avortement (– 4 points) et l’homosexualité (– 7 points). Ce recul est beaucoup plus fort chez les pratiquants, « plus crispés sur ces sujets qu’il y a quatre ans ». Jérôme Fourquet, responsable de l’étude, confirme : « ils ont le sentiment d’être devenus minoritaires en France, ce qui se traduit par un retour à des valeurs fortes. »

En filigrane, cette étude révèle une tension entre des non pratiquants qui veulent de nombreux changements et des pratiquants qui se radicalisent. Ces derniers étaient 68 % à souhaiter une évolution de l’Église sur avortement en 2009 ; ils ne sont plus que 45 %. L’inflexion se retrouve s’agissant du remariage des divorcés (– 9 points), de l’homosexualité (–5 points) et de la contraception (– 4 points). L’Ifop note que ce recul est également manifeste chez les sympathisants de droite — soutiens de l’UMP, de l’UDI ou du FN.

Consensus progressiste d’un côté, radicalisation traditionaliste de l’autre… Au-delà de ce clivage, une voix discordante s’est exprimée dans Le Monde : Solange Bied-Charreton, écrivain, « trentenaire urbaine » qui a « écouté du Rage against the machine sur [son] iPhone », dépeint avec ironie le désir d’avoir un pape qui se conforme aux évolutions sociales. Elle voudrait au contraire « un pape de fight », « un pape pour se clasher avec », « un pape qui ne soit pas d’accord »… Bref, une Église fidèle aux valeurs traditionnelles, pour faire contrepoids dans le débat public. Bien que cette tribune soit critique vis-à-vis de l’Église — « Je veux pouvoir casser du pape », écrit l’auteur —, les catholiques semblent bien l’accueillir sur le web.

 

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Classé dans Religion, Société

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