J.K Rowling choque les Sikhs

Une partie de la communauté indienne dénonce comme stigmatisante la description d’une jeune pratiquante.

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La créatrice d’Harry Potter pourrait être censurée en Inde. Dans son nouveau polar, Une place à prendre (Grasset), sa description d’une jeune femme sikhe — moustachue mais à forte poitrine, pour ne pas dire hermaphrodite — choque une partie de la communauté. Le comité responsable de l’Akal Takht, la plus haute institution politique sikhe, dénonce « une insulte » et « une provocation » ; son président, Avtar Singh Makkar, exige le retrait des paragraphes incriminés. Même son de cloche du côté de la Fédération nationale des jeunes Sikhs : « nous ne laisseront pas les librairies vendre ce livre », averti le président de la division de Jamshedpur, Satanam Singh Gambhir.

L’auteur partait pourtant d’une bonne intention. Fascinée par le sikhisme, elle a souhaité le placer au cœur de son nouveau roman. À l’âge de 25 ans, explique-t-elle dans une interview reprise sur Poudlard.org, elle est tombée admirative devant cette religion, suite à une discussion avec une amie pakistanaise. Celle-ci « se référait au fait que les hommes et les femmes sont considérés comme égaux dans les livres saints, explique J.K Rowling, et qu’ils sont capables de participer aux mêmes rites religieux. » Pour elle, l’important était de montrer que le sikhisme est une religion égalitaire, ouverte et tolérante. Elle s’estime d’ailleurs plus critique à l’égard de l’Église anglicane.

Comment expliquer cette polémique alors ? Selon le Times of India, le roman est paru dans un contexte déjà tendu. Le mois dernier, une étudiante sikhe aux États-Unis, Balpreet Kaur, est devenue la risée d’un réseau social après qu’une photo d’elle fut publiée : « elle a de la barbe, je ne sais pas quoi en conclure », ironisait l’auteur. L’étudiante en neurosciences s’est défendue en expliquant que le refus de s’épiler fait partie de sa religion : « Je réalise que les gens se trompent sur mon identité et que je ne ressemble pas à la plupart des femmes. Ceci étant dit, en tant que sikh je crois au caractère sacré de mon corps — c’est un cadeau qui nous est fait par le divin et, doit rester intact pour se soumettre à sa volonté. »

En Inde, la tension reste palpable. « On se moque de plus en plus souvent du physique des Sikhs, dénoncent Satanam Singh Gambhir, notamment dans les pays occidentaux. » Des comités de lecture traquent d’ores et déjà de nouveaux extraits à mettre à l’index.

 

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