Excellent début pour Ainsi soient-ils

Pour sa première diffusion, la nouvelle série d’Arte sur de jeunes séminaristes parisiens a déjà remporté un large succès critique.

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© François Rousseau

Une série télé sur l’Église ? Le pari était risqué après le désastre critique d’Inquisitio, mais Ainsi soient ils fait quasiment l’unanimité. Lancée jeudi soir sur Arte, elle raconte le quotidien de jeunes séminaristes et de leurs supérieurs hiérarchiques. Entre tourments psychologiques et enjeux de pouvoir, « ce parcours initiatique de cinq aspirants prêtres se révèle riche en rebondissements romanesques, en passion, et même en sensualité », résume Télérama. Pèlerin magazine, pour sa part, se demande en une du dernier numéro si la série est « culte ».

Ainsi soient-ils offre à la fois une immersion inédite dans le milieu ecclésiastique et — comme toute série qui vise un large public — des éléments de réflexion universaux. « L’Eglise est un formidable microcosme pour raconter le monde d’aujourd’hui, assure le producteur Bruno Nahon à Télérama. Comme tous les corps sociaux ou politiques, elle est traversée de débats. À commencer par l’opposition entre la modernité et la tradition. » Interviewé par NewsTele.com, le réalisateur Rodolphe Tissot confirme : « La série ne cherche pas à avoir un discours sur Dieu ou sur la foi, mais plutôt à raconter des personnages. »

Pendant trois années d’écritures, les créateurs ont reçu des conseils d’un ancien prêtre qui a « abandonné la prêtrise pour vivre librement sa sexualité », confie Vincent Poymiro, coauteur. Pour autant, « nous ne voulions pas d’un grand témoin aigri », précise-t-il, ni d’une « série à charge contre l’Eglise. » Si les critiques saluent, les qualités artistiques d’Ainsi soient-ils, leurs opinions divergent, en revanche, quant à son réalisme. Certains l’accusent même de caricaturer le milieu ecclésial.

« La série accumule les outrances et oppose systématiquement la générosité des jeunes hommes à la rigidité d’une institution sur le déclin », dénonce le quotidien La Croix. Les personnages seraient caricaturaux et les situations invraisemblables. Sollicité par le journal, un prêtre confirme. « Il peut arriver que nous rencontrions les situations évoquées dans la série. Mais sur une échelle de quinze ans ! Ici, les profils les plus singuliers sont concentrés dans une promotion de cinq séminaristes. Ce n’est pas crédible. »

« Forcément, tout est condensé car nous faisons de la fiction, se défend Bruno Nahon dans Métro. Mais Ainsi soient-ils reflète parfaitement le quotidien des séminaristes. Il n’y a aucune affabulation ». Pour le magazine Marianne également, la série est loin de jeter l’opprobre sur la religion. « Elle parvient au contraire à démontrer la sincérité de l’engagement de ceux qui choisissent de s’y consacrer. Et à faire entrer le spectateur dans un univers totalement exotique. » C’est parfois « fait de manière un peu trop rapide et simpliste, résume Le Monde, comme s’il s’agissait plus de « passages obligés » que d’interrogations explorées en profondeur », mais ça reste une bonne fiction.

De fait, « le mystère de la vocation fascine », constatent Guillaume Fraissard et Stéphanie Le Bars dans Le Monde, d’autant plus que la diminution du nombre de prêtres et les modes de vie actuels rendent anachronique un tel choix de vie. L’Église intrigue aussi : Inquisitio, Des hommes et de dieux… Alors qu’Ainsi soient-ils a été récompensée du prix de la meilleure série française au festival Séries Mania 2012, rapporte l’agence Sipa, France 2 annonce le lancement du tournage d’un téléfilm, Le silence des églises, abordant le sujet de la pédophilie, qui sera diffusé sur la chaîne courant 2013. Certains évoquent déjà une « mode du religieux » sur le petit écran.

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