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François Osiurak, neuropsychologue en quête du propre de l’homme

Spécialiste de l’utilisation d’outils chez les hominidés, ce neuropsychologue amateur d’« anthropologie cognitive » critique l’idée que l’intelligence et le sens pratique soient radicalement distincts : une “rationalité technique” serait toujours à l’œuvre dans les gestes utilitaires.

Francois-Osiurak

Ce portrait est paru sur cortex-mag.net

Les recherches de François Osiurak, maître de conférence à Lyon II, pourraient s’inspirer d’une scène culte de 2001, L’Odyssée de l’espace, le film de Stanley Kubrick : en pleine préhistoire, un grand singe trouve un os par terre et l’utilise pour frapper des objets au hasard, comme s’il avait un marteau en main, tandis qu’une musique épique monte en toile de fond. Ce crescendo de Richard Strauss – dédié à l’aube de l’humanité – souligne la dimension extraordinaire d’une scène qui paraîtrait banale autrement ; car en manipulant pour la première fois un outil, ce primate est en train de devenir un homme. Tout un symbole qui taraude François Osiurak dans ses recherches. Que s’est-il passé concrètement ? Comment nos ancêtres ont-ils eu l’idée d’utiliser des maillets, des lames tranchantes ou des cales ? Et dans quelle mesure l’utilisation d’outils est-elle le propre de l’homme, à l’instar du rire ou du langage ? « Je travaille sur les aspects neuropsychologiques et cognitifs, confie le chercheur, mais c’est l’anthropologie et la recherche fondamentale qui m’intéressent le plus. »

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Voir, c’est reconnaitre

Reconnaître quelqu’un, un visage familier, n’est pas 
aussi passif qu’on pourrait le croire. Le cerveau ne se contente pas d’engranger des données sensorielles et de les traiter. Il a aussi tendance à « projeter », pour ainsi dire, des schémas préenregistrés sur ce qu’il perçoit, et c’est cette superposition qui permet l’identification. Une récente étude neuroscientifique va plus loin : lorsque, pour une raison quelconque, cette personne est difficile à reconnaître, nous pourrions aller jusqu’à « tordre » la réalité pour que celle-ci colle à nos représentations mentales.

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Morphing des visages d’Angelina Jolie et Halle Berry. © University of Leicester

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont fusionné numériquement les photos de duos de célébrités en un portrait unique. Les visages de Bob Marley et 
de Whoopi Goldberg n’en formaient qu’un, par exemple ; idem pour Angelina Jolie et Halle Berry, Arnold Schwarzenegger et Sylvester Stallone, etc. Puis les scientifiques ont demandé à des individus d’identifier chaque photo, et ont observé leur activité neuronale à ce moment-là. Verdict : les sujets ont tendance à percevoir 
les traits de l’une ou de l’autre vedette, mais jamais les deux en même temps. Autrement dit, ils ont du mal à voir… le visage qui est effectivement sur la photo !

C’est d’ailleurs une expérience assez courante en fait : comme lorsqu’on décèle « le truc » dans un trompe-l’œil, mais qu’il continue à faire illusion vu sous un certain angle… Selon Rodrigo Quian Quiroga, l’un des principaux auteurs, cela indique que notre perception subjective 
est plus prégnante que la représentation objective 
des choses. « Comme l’a avancé le philosophe Aristote, conclut-il, nous utilisons des images du monde extérieur que nous avons créées, bien davantage que des stimuli sensoriels. C’est exactement ce que font les neurones 
que nous avons observés. »

Article paru dans Sciences humaines (n° 265, décembre 2014).

Source : Rodrigo Quian Quiroga et al., « Single-cell responses to face adaptation in the human medial temporal lobe », Neuron, 24 septembre 2014.

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L’esprit immatériel existe-t-il ?

La conscience peut-elle fonctionner indépendamment du cerveau ? Pour les uns, des expérimentations de sorties hors du corps semblent l’attester. Pour d’autres, « l’esprit » n’est pas une entité mais un ensemble de phénomènes cérébraux.

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Cette enquête est parue dans le dossier du Monde des religions (n° 59, mai – juin 2013) consacré au problème de l’âme. J’ai réalisé  l’article sur l’état de la recherche scientifique (pp. 42-44) et l’entretien avec Daniel Andler (pp. 48-49).

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Les bégaiements de l’adulte

Les bégaiements de l’adulte, sous la direction de Bernadette Piérart, éditions Mardaga (320 pages, 29 €)

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Comme le langage, le bégaiement est le propre de l’homme. L’étudier revient donc à prendre conscience de ce que nous sommes, voire de ce que nous avons été, car on en trouve des traces dès l’Antiquité. Synthèse d’un colloque qui s’est tenu en décembre 2009, cet ouvrage commence par tordre le cou au singulier du « bégaiement » : il n’y a pas un trouble, mais plusieurs, et l’on aurait tort de les ranger sous une même catégorie. Il arrive par exemple que le bégaiement soit un problème en lui-même, mais aussi qu’il soit le symptôme d’un autre trouble. Lire la suite

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