Le chef de l’Église orthodoxe russe appelle à la modération

Cyrille Ier de Russie, allié de Vladimir Poutine, demande que la future loi contre le blasphème soit respectueuse de la liberté d’expression.

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© Sergey Pyatakov / Ria Novosti / AFP

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« Toute mesure légale concernant la protection des symboles religieux et la foi des croyants doit être scrupuleusement étudiée afin de ne pas limiter la liberté d’expression. » Cette petite phrase lâchée par Cyrille Ier, chef de l’Église orthodoxe russe, lors d’une interview avec l’agence de presse Interfax, est une critique à peine voilée de la politique du président Poutine depuis l’affaire des Pussy Riot. Alors que le Kremlin envisage de durcir la condamnation de toute atteinte aux sentiments religieux, le patriarche insiste : « L’essentiel, c’est que la résistance au blasphème soit juste, mesurée et exempte de toute agressivité. »

Cyrille Ier juge certes la législation actuelle insuffisante : « Une amende de seulement quelques centaines de roubles (environ sept euros) pour des inscriptions blasphématoires sur une église, une mosquée ou une synagogue, estime-t-il, cela montre que cette société ne réalise pas vraiment combien il est important de protéger les croyances religieuses de chacun. » Pour autant, cette position a égratigné l’image du patriarcat, analyse le site Fait-religieux. Les fidèles et certains prêtres auraient préféré que le primat de l’Église pardonne aux membres des Pussy Riot, conformément aux valeurs chrétiennes.

Il y a bientôt un an, ce groupe de jeunes musiciennes a réalisé une parodie de prière contre Vladimir Poutine sur l’autel de la cathédrale Christ-Sauveur de Moscou. Elles furent condamnées pour atteinte au sentiment religieux. Dans la foulée, l’Assemblée russe a voté une résolution pour durcir les lois contre le blasphème. Voté fin septembre, ce projet est en cours de travail et prévoit déjà trois à cinq ans d’emprisonnement. Le patriarcat orthodoxe a jusque là soutenu l’initiative, c’est la première fois que son principal représentant modère sa position.

Fin septembre, un sondage de l’institut Poll révélait que 82 % des Russes étaient favorables à des sanctions plus lourdes à l’encontre des atteintes aux sentiments religieux, dont 85 % d’orthodoxes. Seuls 12 % de la population rejetaient catégoriquement les lois anti blasphème : les fidèles des religions non orthodoxes, notamment, ainsi que les jeunes, les athées et les électeurs de partis minoritaires.

 

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