Une majorité de catholiques favorable à l’euthanasie, selon un sondage Ifop

L’Ifop révèle que catholiques et sans religions sont majoritairement favorables à l’euthanasie, mais leurs raisons divergent. Analyse.

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Une majorité de catholiques pratiquants se déclare favorable à la légalisation de l’euthanasie. C’est le constat d’un sondage Ifop pour Pèlerin magazine sur la fin de vie, publié jeudi 4 octobre : 59 % d’entre eux, et 86 % des Français partagent ce point de vue. L’adhésion est évidemment plus forte parmi les sans religion ; ils seraient 94 %. Toutefois, l’étude montre que les raisons invoquées ne sont pas les mêmes.

Comme le résume l’AFP, près d’un Français sur deux considère que la loi Léonetti, qui proscrit l’acharnement thérapeutique et autorise l’arrêt des traitements quand le patient le demande, ne permet pas « suffisamment d’atténuer les souffrances physiques ou morales » des malades ; une majorité considère même qu’elle ne permet pas « d’éviter toute forme d’acharnement thérapeutique », ni « de respecter la volonté du malade concernant la fin de vie ».

Pour une majorité de catholiques interrogés, le fait de « vouloir maintenir en vie certaines personnes très gravement malades » et peut-être leur infliger ainsi « des souffrances inutiles » justifie la légalisation de l’euthanasie. Les sans religions, en revanche, estiment prioritairement que « chacun a le droit de disposer de sa vie et de décider quand il doit partir ». C’est une alternative classique : les plus religieux se réfèrent à une forme de charité quand les athées valorisent la liberté individuelle.

Dans un éditorial au vitriol contre ce sondage, la cofondatrice de l’association Paroles de Catholiques, Béatrice de Stella, estime pour sa part que « la peur de la souffrance est pire que la souffrance elle-même : elle se transforme en peur de la vie » ; elle plaide en conséquence pour une multiplication des soins palliatifs plutôt qu’une légalisation de l’euthanasie. Pour les religieux en somme, le débat tourne autour du concept de souffrance, tandis que, à l’échelle de la société, cela passe tout autant voire davantage pour un problème de liberté.

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