En Belgique l’Église crée une commission de lutte contre la pédophilie

Suite à de nombreux scandales d’abus sexuels, les évêques belges instaurent une structure pour assister les victimes et faciliter le signalement de comportements suspects.

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En matière de pédophilie, l’Église belge entend désormais prévenir plutôt que guérir. Une Commission inter-diocésaine pour la protection des enfants et des jeunes vient d’être instaurée ; elle doit se réunir pour la première fois en octobre. Son but : offrir aux victimes d’abus des points de contact pour les aider, à porter plainte notamment, et donner à tous les fidèles la possibilité de signaler en amont des comportements suspects. Toutes les institutions ecclésiales sont en ligne de mire, les évêchés comme les mouvements de jeunesse ou encore certains centres pour personnes handicapées. Pour autant, la Commission n’a pas vocation à se substituer à la justice et transmettra les dossiers aux autorités compétentes.

Cette initiative fait suite à la publication d’un rapport, au début de l’année, sur les abus sexuels au sein de l’Église belge. Intitulé « Une souffrance cachée », ce document liste une dizaine d’impératifs pour les prochaines années, qui tournent autour de l’assistance aux victimes, la condamnation des criminels et, pour la première fois de façon aussi claire, la prévention. « Cette brochure contient énormément de choses, note l’évêque de Tournai, Mgr Harpigny, pour Radio Vatican. Mais c’est encore du papier si personne ne met cela en œuvre » La création de la Commission en est l’ultime et premier point d’application. Reste à voir s’il n’y a pas encore « des choses à modifier ou à mettre sur pied » pour gagner en efficacité, renchérit Mgr Harpigny.

C’est l’aboutissement de scandales à répétition. En 2010 notamment, les aveux de culpabilité de l’évêque de Bruges poussent l’Église à enquêter et à rechercher des témoignages. Des centaines de victimes se manifestent. Les évêques reconnaissent avoir sous-estimé l’ampleur des faits et notent, dans une lettre ouverte, que « des responsables d’Église n’ont pas suffisamment pris la mesure du drame de l’abus sexuel sur mineurs et de l’étendue de ses séquelles ». Certains crimes étant prescrits, une Commission parlementaire est créée pour indemniser les victimes. L’Église continue de recueillir et de transmettre les témoignages. Elle fait aujourd’hui un pas de plus en créant une structure de prévention.

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