Le robot est-il un homme comme les autres ?

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Des chercheurs américains prouvent qu’on peut leur reconnaître une personnalité morale et cependant les considérer comme des esclaves.

littlelostrobot/Creative Commons/Flickr

Les machines seraient-elles victimes d’esclavagisme ? Une étude universitaire, publiée en mars dans une revue américaine, montre que nous n’en sommes pas loin. En effet, même si les robots pouvaient souffrir, éprouver des sentiments ou faire preuve d’intelligence comme les hommes, ça ne gênerait pas les enfants de les acheter, les vendre, les donner ou encore les jeter.

Autrement dit, ils peuvent reconnaître aux robots une personnalité morale et, cependant, leur dénier toute liberté. Pour parvenir à cette conclusion, l’équipe du professeur  Peter H. Kahn Jr. a rassemblé des groupes d’enfants, de 9, 12 et 15 ans. En coulisse, un technicien manipule « Robovie » – c’est le nom de la machine – et parle à sa place, laissant penser que celui-ci est animé d’une intelligence humaine.

Une « nouvelle catégorie ontologique »

Après un jeu de questions-réponses et quelques activités ludiques, un homme déboule dans la pièce et ordonne au robot de retourner dans son placard. Sous les yeux des enfants, Robovie proteste, pleure et dit qu’il a peur. Interrogés juste après, plus de la moitié jugent « injuste » de l’enfermer ainsi. D’ailleurs, l’immense majorité considère Robovie comme intelligent, capable d’éprouver des sentiments ou de devenir un ami.

Néanmoins, ils l’appréhendent comme un objet : moins de 20 % estiment qu’on ne devrait pas le posséder ou le vendre; seul un gros tiers pense qu’il pourrait bénéficier de droits, par exemple toucher un salaire ou voter. À noter que les plus jeunes (9 ans) y sont plus favorables que leurs aînés (12 et 15 ans). « Ces robots pourraient à l’avenir constituer un nouvelle catégorie ontologique », résume l’étude.

Ils seraient à la fois des personnes et des instruments – un statut qui n’est pas sans rappeler celui des esclaves. Néanmoins, dans cette expérience, un comédien est chargé « d’insuffler » sa personnalité dans le robot par le biais d’un artifice. L’avenir dira si l’intelligence artificielle peut atteindre de tels sommets. Reste cette question : une machine pourrait-elle avoir une conscience?

À voir

Le site de l’expérience (retrouvez des vidéos des ateliers sur la colonne de droite).

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