Quel rôle jouent les islamistes au Mali ?

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Des mouvements rebelles se liguent contre le pouvoir en place. L’ONU voit la main d’al-Qaida, d’autres contestent l’amalgame.

© AFP

La France veut mobiliser contre un « péril islamiste » au Mali, a déclaré le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, à l’AFP. Depuis le 22 mars, une junte militaire a destitué le président Amadou Toumani Touré. Elle est elle-même mise en difficulté par d’autres mouvements de contestation, dont une minorité de salafistes touaregs. « Certains rebelles pourraient se contenter du contrôle sur les territoires du Nord, poursuit le ministre des affaires étrangères. D’autres, avec Aqmi, pourraient envisager de s’emparer de l’ensemble du territoire malien pour en faire une république islamiste. »

Lundi 2 avril, après avoir pris deux villes du Nord, Kidal et Gao, ces rebelles rejoignent d’autres indépendantistes touaregs à Tombouctou. Les différentes factions se côtoient sans forcément se rallier. Le principal regroupement putschiste, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), critique même tout amalgame : « Le MNLA tient sa position face à tous les réseaux mafieux et se démarque de l’organisation Ansar Eddine et autres. », tranche un communiqué. Le Conseil de sécurité de l’ONU continue néanmoins de s’inquiéter de « la présence dans la région du groupe terroriste al-Qaida au Maghreb islamique » et demande aux rebelles de cesser les hostilité dans le Nord du pays.

Un groupe en particulier fait parler de lui : « Ansar Eddine », les « gardiens de la foi ». Ses membres sont majoritairement issus de la tribu des Ifoghas, du nom d’un massif montagneux au Nord-Est du pays. C’est « un mouvement un peu hybride, à la fois salafiste et indépendantiste », explique l’historien Pierre Boilley, directeur du centre d’étude des mondes africains au CNRS. « Ils veulent libérer le territoire et ensuite établir la charia au Mali. » Selon Alain Juppé, ce groupe serait « étroitement lié » à al-Quaeda au Maghreb islamique (Aqmi). Spécialiste du Mali, l’anthropologue André Bourgeot nuance : Ansar Eddine « se distingue sur le plan formel institutionnel d’Aqmi, mais participe de la même idéologie et ses membres sont interchangeables selon les circonstances. »

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Classé dans Politique, Religion

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