Archives de Tag: Japon

Salutation au Soleil-Levant

Paru début janvier, un recueil dédié aux notions clés de la culture japonaise comporte de riches pages sur l’histoire et les spécificités du bouddhisme dans l’archipel. Cet article est paru sur Bouddha news.

Suivant l’adage du « wakon yôsai » – « âme japonaise, savoir étranger » –, une spécificité du génie nippon réside dans sa capacité à assimiler des idéologies étrangères tout en préservant une identité culturelle affirmée. Cette idée résume bien l’histoire du bouddhisme dans ce pays, comme l’exposent les auteurs de cet ouvrage dense, sobre et passionnant, intitulé La pensée japonaise (Sous la direction de Sylvain Auroux, PUF, 2019). Introduit au milieu du VIe siècle via la Chine, le bouddhisme y a « joué un rôle formateur de la pensée et de la sensibilité japonaises », tout en étant reçu « d’une façon plutôt distincte de son état primitif en Inde et en Chine » – plus en harmonie avec les croyances préexistantes dans l’archipel. Tout au long de son histoire, le pays du Soleil-Levant n’aura pas cessé de développer des concepts originaux au cœur de cette tradition.

Terreau commun

Le mélange s’est appuyé sur une proximité idéologique et une aspiration commune. La pensée japonaise comme le bouddhisme nourrissent généralement une défiance vis-à-vis de la méthode scientifique et du rationalisme occidental. Jusqu’au XIXe siècle, si les Japonais ont peu à peu accepté cette approche dans les sciences naturelles, ils ont conservé à son égard « une attitude fondamentalement négative dès lors qu’il s’agissait de comprendre l’être humain en lui-même », la divinité ou encore le caractère sacré de l’existence. Lire la suite

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Classé dans Philosophie, Religion

Onomastique des Pokémon

Ils s’appellent Pikachu, Braségali ou encore Lugia. Et même si vous ignorez à quoi ressemblent ces créatures fantasmagoriques, héros de manga et de jeux vidéo, vous pourriez déjà vous être fait une vague idée – en associant spontanément leurs noms à des formes plutôt rondes ou pointues, de grande ou de petite taille, etc. « De récentes études (la pokemonastique) ont montré que les sons utilisés dans les noms des Pokémon japonais avaient une valeur symbolique », assure l’appel à contribution de la première conférence scientifique dédiée, organisée à l’université de Keiō (Japon) les 26 et 27 mai prochains.

Cette approche s’inscrit dans les recherches en onomastique, consacrées à l’analyse des noms, une branche marginale mais bien vivante de la linguistique. Des études japonaises sur la symbolique des sons indiquent par exemple que les mots « malouma » et « bouba » évoquent des formes rondes et généreuses, tandis que « takété » et « kiki » font écho à des silhouettes angulaires et pointues. Le même constat pourrait valoir en français pour les prénoms « Maude » et « Thierry » par exemple. Et pour les Pokémon bien sûr. Les quelque 800 spécimens répertoriés présentent une vaste variété de formes, de tailles, et possèdent chacun leur nom propre – un terrain de choix pour l’onomastique.

Des Pokémon “non officiels” ont été dessinés pour la conférence, afin des tester des hypothèses onomastiques.

De fait, constate le linguiste Shigeto Kawahara, principal organisateur de la conférence, on devine le plus souvent la taille et le poids approximatifs d’un Pokémon en entendant son nom, mais aussi son « stade d’évolution » – ces créatures pouvant se transformer pour acquérir plus de pouvoir – ou encore sa force au combat. Lorsque le nom commence par une voyelle haute comme « i » par exemple, le Pokémon est généralement petit et léger. La conférence aura notamment pour objet de déterminer si ces résultats se retrouvent dans d’autres langues – huit noms de Pokémon sur dix étant traduits à l’étranger – et plus généralement si la symbolique des sons peut être universelle.

Cet article est paru dans Sciences Humaines (n° 302, avril 2018)

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Classé dans Loisirs, Sciences, Sciences du langage

Business et coutumes : casse-tête japonais

« En négociation, un Français, un Anglo-Saxon et un Japonais, c’est ingérable. » Cyrille Vigneron parle d’expérience : il a travaillé une dizaine d’années comme PDG pour Cartier Richemont au Japon. Le casse-tête commence dès qu’il s’agit de dire bonjour. « L’un tend la main alors que l’autre s’incline en avançant sa carte de visite, puis inversement, pour finalement s’incliner en se serrant la main de manière maladroite et désordonnée. » Faut-il se comporter à l’identique avec tous ou se conformer à la culture de son interlocuteur ?

Par Fabien Trécourt pour Philosophie Magazine n° 32

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