Archives de Catégorie: Politique

Et si… tout le monde devenait végane ?

Abolir toute forme d’exploitation animale est un projet vertueux. Mais il est difficile d’imaginer toutes les conséquences d’un tel bouleversement culturel.

sh

« Demain, vous serez tous végétaliens », prédit le philosophe Thomas Lepeltier. Pour lui, l’exploitation animale finira par être abolie « comme l’a jadis été l’esclavage », prévient-il dans La Révolution végétarienne (éd. Sciences Humaines). Le pari n’est pourtant pas gagné : seuls 3 % des Français sont végétariens et 10 % envisagent de le devenir. Mais les mentalités semblent bien avoir évolué : la consommation de viande est en baisse depuis une dizaine d’années, et la multiplication de scandales agroalimentaires a favorisé l’essor de régimes alternatifs. À l’époque de la crise de la vache folle, l’anthropologue Claude Lévi-Strauss envisageait déjà que l’avenir serait végétarien : les buffets « carnés » et les étals de boucher susciteraient un jour [ lire la suite… ]

Cet article est paru dans Sciences Humaines. ( n°288 – janvier 2017)

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans Histoire, Philosophie, Politique

« Comprendre comment la haine se propage nous aidera à la combattre »

Professeure en sciences de l’éducation et présidente de l’Observatoire international de la violence à l’école, Catherine Blaya pilote une grande enquête sur la propagande et la violence en ligne, afin de mieux comprendre leurs effets sur les jeunes. Cette interview est parue sur Le Journal du CNRS.

CC  @joebehr sur Flickr

CC @joebehr sur Flickr

Des études ont-elles déjà mesuré l’impact des contenus haineux sur Internet ?
Catherine Blaya : Plusieurs travaux ont montré que les jeunes y étaient de plus en plus exposés. Le rapport européen « Net Child Go Mobile » pointe une forte augmentation de toute une série de pratiques entre 2010 et 2014 : insulte ou harcèlement en ligne, exposition à des images violentes, à des messages haineux ou discriminatoires. Une autre étude finlandaise a récemment révélé que 67 % des internautes avaient été exposés à des contenus haineux en ligne, liés au physique, à l’identité sexuelle, à la religion ou encore la couleur de peau. En revanche, il n’y a pas vraiment eu d’enquête sur l’impact de ces contenus sur les jeunes : comment le vivent-ils ? Cela les conduit-il à cautionner ce type de messages, voire à adhérer à ou adopter des idées ou des comportements violents ? C’est ce que nous souhaitons vérifier, préciser ou nuancer, suite à l’appel à projet « Attentats-recherche » du CNRS. Pour cela, nous conduisons une large enquête sur les 11-18 ans, en ciblant spécifiquement ce qui relève du racisme, de l’antisémitisme, de l’islamophobie et de la xénophobie.

Mais un tel processus, qu’on pourrait dire « de radicalisation en ligne », n’est-il pas clairement établi ?
C. B. : Notre recherche ne s’intéresse pas exactement à la radicalisation, mais à l’implication des jeunes dans la cyber-haine et à ses conséquences en termes d’adhésion à des idées ou attitudes violentes, voire extrémistes. La « radicalisation » est un concept flou, multiforme, qui n’est pas défini de façon précise, et un lien avec la prolifération de contenus haineux en ligne n’est pas non plus scientifiquement prouvé. Lire la suite

Poster un commentaire

Classé dans Internet, Politique, Sciences

Et si l’on accélérait ?

À l’heure où la gauche cherche de nouvelles boussoles, un courant de pensée fraîchement apparu rebat les cartes de sa famille politique : l’accélérationnisme. Nourri au constructivisme de Gilles Deleuze et Félix Guattari, Jean-François Lyotard ou encore Jean Baudrillard, il est né d’un Manifeste pour une politique accélérationniste, publié le 14 mai 2013 par les chercheurs Nick Srnicek et Alex Williams, aussitôt traduit et commenté dans le monde entier. Malgré quelques échos en France, via la revue Multitudes ou des articles d’Antonio Negri par exemple, il reste peu connu sur nos rives ; la parution récente du premier recueil dédié aux Presses universitaires de France pourrait changer la donne.

Pour les militants « accélérationnistes », la gauche s’est enfermée dans une double impasse. Les organisations dites « de gouvernement » proposent au mieux de renouer avec l’État providence et l’interventionnisme, alors que les conditions économiques et sociales ne le permettraient plus. Les mouvements décroissants feraient également fausse route en prônant un retour en arrière – à des formes d’autoorganisation communautaires directes par exemple –, car ils réduiraient ainsi la politique à une négation de l’ordre existant, sans proposer aucune alternative. Les auteurs du manifeste proposent de réenchanter la gauche en renouant avec l’idée de progrès.

« L’accélération » consiste ainsi à préserver les gains du capitalisme tout en les poussant au-delà de leurs limites naturelles, afin de construire une société « postcapitaliste ». Pour prendre un exemple central, les progrès technologiques ne sont pas foncièrement inféodés à l’hubris consumériste : certains permettent de réduire le temps de travail, de limiter les pollutions ; les plus spectaculaires – génétiques, cybernétiques, informatiques… – ouvrent même la voie à de nouvelles formes d’émancipation collective. L’accélérationnisme entend ainsi faire le pari de l’avenir contre toute forme de nostalgie.

Cet article est paru sur Sciences Humaines

Poster un commentaire

Classé dans Livres, Philosophie, Politique

Ces dirigeants limitent leur salaire

En 2015, les patrons du CAC40 ont touché en moyenne 240 smic, soit 4,2 millions d’euros, actions et stock options comprises. La plus haute rémunération s’est envolée à 16,6 millions d’euros (Olivier Brandicourt pour Sanofi), tandis que Martin Bouygues percevait un peu moins d’un million “à peine”. Révélés fin avril par La Tribune, ces chiffres ont aussitôt ravivé l’idée d’imposer un salaire maximum – soit en le plafonnant, soit en indexant les plus hauts revenus sur les plus bas.

salaire-max

© Laurent Blachier pour Management

Quarante personnalités (hommes politiques, syndicalistes, intellectuels…) ont appelé à limiter les salaires à cent smic, et le gouvernement a publiquement envisager de légiférer en ce sens. La proposition figure également au programme du Parti de Gauche, pour l’élection présidentielle de 2017, mais propose carrément un ratio de un à vingt. C’est d’ailleurs l’écart que préconisait le banquier John Pierpont Morgan, fondateur de la banque du même nom à la fin du XIXe siècle. Une légende tenace attribue à Henry Ford la volonté de s’en tenir à un ratio de 1 à 40, pour que les écarts restent “acceptables” par la population, mais ce n’est qu’une rumeur…

Reste que le système est possible et expérimenté, y compris par de très grandes boîtes. La coopérative espagnole Mondragon, qui possède des marques comme Fagor, a longtemps imposé un écart maximum de 1 à 3, avant d’augmenter à six puis à douze. Plutôt que d’analyser le pour et le contre, nous avons recueilli les témoignages de trois entrepreneurs français qui ont souhaité limiter les écarts dans leur propre entreprise. Ils n’ont pas été faciles à trouver – peu de dirigeants appliquent cette politique… –, mais le fait est qu’ils existent et qu’ils n’ont pas forcément un point de vue aussi tranchés.

Ces témoignages sont à retrouver dans le magazine Management (n° 243, juillet – août 2016). Un grand merci à Abdenour Aïn Seba, dirigeant de IT Partner, Jérémy Cousin de CIV et Michel Sarrat de GT Location, ainsi qu’aux réseau des Entrepreneurs et dirigeants chrétiens.

Poster un commentaire

Classé dans Management, Politique, Société

10 questions sur la COP21

On entend parler depuis des mois de cette conférence des Nations Unies sur les changements climatiques, qui se déroule à Paris du 30 novembre au 11 décembre. Mais de quoi s’agit-il au juste ?

Cet article est paru dans Version Femina (n° 710, semaine du 9 au 15 novembre 2015).

Poster un commentaire

Classé dans Politique, Société

Au commencement était le rire

Mots d’esprit, joutes verbales, caricatures… À l’instar de la religion, le rire semble indissociable de l’histoire humaine. Et si les relations ont parfois été tendues entre humour et institutions religieuses, l’un n’a jamais pu faire disparaître l’autre.

Cet article est paru dans Le monde des religions (n° 72, juillet – août 2015). À retrouver en kiosque ou en ligne ! Un grand merci aux experts qui ont bien voulu m’éclairer :

Jean-Loup Chiflet, écrivain et auteur du Dictionnaire amoureux de l’humour (Plon, 2012)

Moussa Nabati, psychologue et auteur d’un essai sur L’humour thérapie (éditions Bernet-Danilo, 2012)

Gérard Rabinovitch, philosophe et auteur de Et vous trouvez ça drôle ?! Variations sur le propre de l’homme (Bréal, 2011)

Bernard Sarrazin, professeur émérite de littérature et auteur de Le rire et le sacré (Desclée de Brouwer, 1991)

Poster un commentaire

Classé dans Philosophie, Politique, Psychologie, Religion, Société

La discrimination positive, une solution d’avenir ?

La discrimination positive existe depuis des décennies. 
Mais elle s’impose plus difficilement en France qu’ailleurs.

sciences-humaines-267Au moins 40 % de femmes dans les conseils d’administration des grandes entreprises : c’est l’un des objectifs fixés par le gouvernement à travers la loi pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, adoptée en juillet dernier. « Est-ce de la discrimination positive ? Oui, et je l’assume ! », tranchait Najat Vallaud-­Belkacem, qui portait le projet en tant que ministre aux Droits des femmes. Or, deux tiers des Français sont contre, selon un récent sondage. Politiquement, les partisans d’un « universalisme républicain » dénoncent un outil contre-productif et même… « inégalitaire » ! Il instaurerait un régime préférentiel pour une partie de la population.

« Un problème de catégories »

Pourtant, la loi semble s’inscr [ lire la suite… ]

Cet article est paru dans Sciences Humaines (n° 267, février 2015). Pour continuer la lecture, cliquez ici.

Poster un commentaire

Classé dans Philosophie, Politique, Société