Archives de Catégorie: Politique

Handicap, autisme… Changeons de regard sur les fratries

Une fois n’est pas coutume, j’ai publié une tribune dans La revue de l’école des parents (n°642 / janvier-février-mars 2022). Le magazine consacrait son dossier au thème « grandir avec une sœur ou un frère handicapé ». En tant que frère d’une jeune femme autiste, j’ai souhaité faire entendre un autre son de cloche face à ce qui m’apparaissait comme un discours dominant, misérabiliste et validiste. J’y parle également de l’association HandinamiK dont je suis membre, et du collectif FratrinamiK. En espérant qu’elle contribue à ouvrir le débat ! Rendez-vous sur le site de L’École des parents pour acheter tout le numéro.

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À qui profite le travail à la carte ?

Le covid a bouleversé les entreprises et conforté des tendances émergentes – numérisation des activités, autonomisation des salariés… Une évolution à double tranchant. Cet article est parue dans Sciences Humaines (n° 344, février 2022) Abonnez vous ou achetez le en ligne, et découvrez l’ensemble du dossier sur « La France d’après » !

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Les Français et la science, une relation ambivalente

Lancée dans les années 1970, une longue série d’enquêtes s’intéresse à l’évolution des rapports qu’entretiennent les Français avec les sciences et techniques. Analyse de la dernière d’entre elle, parue en novembre 2021, avec le sociologue Michel Dubois qui l’a codirigée. Cette interview est parue dans CNRS Le Journal.

Des personnes masquées attendent leur tour devant un centre de vaccination à Montaigu (Vendée), le 18 mai 2021 © Mathieu Thomasset / Hans Lucas via AFP

En quoi l’enquête « Les Français et la Science » (1), que vous avez codirigée, diffère-t-elle d’un simple sondage ?

Michel Dubois (2). La crise sanitaire a été l’occasion d’une accumulation de sondages d’opinion. Ces derniers peuvent être utiles, mais ils ne s’inscrivent pas dans une démarche de longue haleine et servent le plus souvent les intérêts de leurs commanditaires : associations, think tanks, industriels, etc. L’enquête « Les Français et la Science » obéit à une logique différente. Elle vise à établir non pas tant l’état de nos opinions que celui de nos attitudes et de nos représentations à l’égard des sciences et techniques. Elle s’inscrit par ailleurs dans le prolongement direct d’une série d’enquêtes menées avec constance, régularité et méthode depuis près de cinquante ans. C’est la plus longue étude longitudinale au monde sur ce sujet, faisant de la France le pays ayant le plus de recul sur nos représentations de la science et leurs transformations.

D’où vient cet intérêt pour nos attitudes à l’égard des sciences et techniques ?

M. D. Dans les années 1970, la Délégation générale à la recherche scientifique et technique s’inquiétait déjà de la supposée défiance des Français à l’égard des sciences et de l’innovation technologique. Ses responsables travaillaient alors à l’élaboration d’une forme de Technology Assessment à la française. Ils se sont tournés vers la Fondation nationale des sciences politiques pour mesurer l’influence des mouvements de contestation de la science, plus précoces aux États-Unis. Très rapidement, ces études ont permis de montrer que l’intuition de départ des politiques était inutilement alarmiste : que ce soit en 1972 ou en 2021, la très grande majorité des Français – entre 84 % et 89 % selon les périodes – accordaient et continuent à accorder une confiance de principe à la science ou aux scientifiques. La question de la confiance qui semble obnubiler le débat public en France n’est clairement pas la plus pertinente pour saisir les grandes évolutions de nos attitudes.

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Qu’est-ce que la vie ?

Philosophes, biologistes, juristes… Regards croisés

« De la “philosophie de la biologie” ? Mais ça n’existe pas ! » Cette réaction, je l’ai entendue cent fois de la part de proches ou des connaissance quand je leur disais travailler avec des philosophes et des historiens sur les manipulations génétiques. Les champs disciplinaires sont trop souvent considérés comme l’eau et l’huile : sciences humaines et sociales d’un côté, naturelles et formelles de l’autre…

Questions byzantines

Pourtant ces frontières n’auraient pas eu beaucoup de sens pour des pionniers de la biologie et de l’histoire naturelle, comme Darwin, Lamarck ou encore Buffon. Dès l’Antiquité, le philosophe Aristote s’interrogeait sur la nature de la vie et tentait de classifier toutes ses formes – animales, végétales –, sans se soucier de savoir s’il outrepassait sa discipline. Toutes les approches l’intéressaient ! Aujourd’hui encore, expliquer ce qu’est un être vivant revient à se pencher tout à la fois sur son génome, sa biologie moléculaire, son anatomie, son espèce, sa situation dans l’arbre du vivant et dans son environnement… C’est aussi poser des questions byzantines sur la définition de la vie, sur les angles morts et les perspectives offertes par cette notion. C’est retracer l’histoire des recherches sur ce thème et s’intéresser à “l’évolution de l’évolution” par exemple. C’est prendre conscience des enjeux politiques attachés à l’idée de « vie », à l’heure de la crise écologique notamment.

Croiser à nouveau tous ces regards, leur permettre de s’enrichir mutuellement, et ainsi appréhender le vivant de façon panoramique, c’est toute l’ambition de ce dossier. Nous avons sollicité des historiens, des biologistes, des philosophes, des virologues, des juristes ou encore des écologues… Pour vous offrir autant de points de vue que possible sur cette réalité par ailleurs centrale dans nos existences. Car s’il y a bien quelque chose qui nous rassemble toutes et tous, au-delà même de l’espèce humaine, c’est bien le fait d’être en vie.

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VIDÉO – Lecture sur le transhumanisme

Sciences Humaines s’attaque au « mythe de l’humain augmenté », comme l’appelle le sociologue Nicolas Le Dévédec dans un excellent essai paru cette rentrée (éd. écosociété, 2021). On vous lit et commente quelques passage ; j’en profite pour vous parler de mon intérêt pour ce thème et du travail de recherche que j’avais réalisé en philosophie de la biologie. Abonnez-vous à Sciences Humaines sur Twitch pour participer aux prochains live.

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« L’activité politique de Proust est indissociable de son activité d’écriture »

Tout le monde connaît l’écrivain, mais Marcel Proust défendait aussi des idées politiques dont certaines sont restées d’actualité. Tour d’horizon avec la chercheuse Anne Simon, responsable du pôle Proust au sein de la République des savoirs (CNRS/ENS/Collège de France/PSL). Cette interview est parue dans Le Journal du CNRS.

Portrait de Marcel Proust (1871-1922) autour de 1900 © Vera-Archives / Leemage

Proust était un grand romancier, mais pas que cela. En quoi était-il aussi un intellectuel engagé ?

Anne Simon. Il est difficile de faire une différence nette entre les deux, car l’activité politique de Proust est indissociable de son activité d’écriture, interrompue seulement de rares moments dans sa vie. Au moment de l’affaire Dreyfus par exemple, qui débute un siècle à peine après que la Révolution française eut accordé le droit aux juifs d’accéder à la citoyenneté, il est encore un jeune homme d’une vingtaine d’années, inconnu du grand public. En 1898, il signe et diffuse le fameux Manifeste des Intellectuels, en défense du capitaine Dreyfus injustement accusé de trahison parce qu’il était juif, et de Zola qui vient de publier J’accuse… ! dans L’Aurore. Lorsque le colonel Picquart est à son tour incarcéré pour avoir défendu l’innocence du capitaine, Proust lui envoie son premier ouvrage, Les Plaisirs et les Jours. Il faut qu’il ait une grande foi dans la littérature, ce jeune auteur qui, en guise de soutien à un officier emprisonné, lui offre un recueil de nouvelles avec un titre si décalé ! C’est à la fois naïf et touchant.

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L’autisme au prisme des sciences humaines

Les éditions Sciences Humaines publient un petit ouvrage que j’ai coordonné sur l’autisme, à découvrir (et à commander 😉) ici. Bonne lecture !

Tout le monde a une idée de ce qu’est l’autisme, mais personne ne pense à la même chose. Les uns imaginent des enfants prostrés, incapables de communiquer et risquant de se taper la tête contre les murs. D’autres songent à des génies hors normes, un peu geeks et parfois artistes, maladroits en société mais d’autant plus subversifs. Entre ces deux extrêmes – largement fantasmés –, chacun pioche des traits supposés typiques dans une palette presque infinie de comportements, symptômes et dispositions cognitives.

Mais en réalité, en dépit de tendances communes, la diversité des formes d’autisme n’est pas loin d’épouser celle des individus, des personnalités ou encore des profils sociaux… Comment, dès lors, retracer l’histoire de l’autisme ? Peut-on identifier ses causes ou encore faire un état des lieux des prises en charge les plus prometteuses ? De l’« idiotie » aux « troubles du spectre de l’autisme », en passant par « l’autisme de Kanner » et « le syndrome d’Asperger », cette notion s’est beaucoup affinée depuis le XIXe siècle. Elle semble désormais ne pouvoir être comprise qu’à travers une approche elle-même diversifiée et multidisciplinaire, puisant tant dans les sciences humaines et sociales que dans la médecine et les sciences naturelles, et prenant en compte une multiplicité de facteurs possibles.

En toile de fond, à l’heure où de nombreux chercheurs dénoncent une tendance au surdiagnostic depuis les années 1980, la question demeure de savoir si ce que l’on désigne comme « autisme » relève toujours d’un même trouble, et si cette notion ne recouvre pas des réalités qui seront amenées à être encore mieux discernées à l’avenir.

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L’humanité face au risque

C’est l’enjeu du dernier numéro de Carnets Science, la revue du CNRS (#9, décembre 2020). La crise du Covid-19 y occupe naturellement une place importante, mais pas seulement. Des chercheurs et chercheuses interrogent plus largement le relation que nos sociétés entretiennent avec le risque sous toutes ses formes : à travers l’insécurité, l’innovation, la gestion de crise ou encore la peur par exemple.

La revue reprend à cette occasion mon interview de l’histoire Fabien Locher, sur les régimes de propriété et sur l’impact que peuvent avoir des grandes catastrophes. À (re)découvrir en librairie !

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Ça m’intéresse… le monde de demain !

La crise sanitaire n’était pas encore flagrante quand nous avons commencé à travailler sur ce numéro, mais la question était déjà d’actualité : dans quel monde vivrons-nous demain ? La nature reprendra-t-elle ses droits ? Pourrait-on se passer d’argent ? Le transhumanisme verra-t-il ses rêves réalisés ? Le hors-série de Ça m’intéresse – Questions & Réponses (n° 97), paru le 1er octobre 2020, passe aux cribles 200 questions sur l’avenir !

J’ai eu le plaisir de rédiger quelques articles sur l’économie d’hier et de demain :

  • Depuis quand accumule-t-on des richesses ?
  • Que se passerait-il si on annulait la dette ?
  • Le bouddhisme peut-il sauver l’économie mondiale ?
  • Pourquoi accorde-t-on de la valeur à du papier ?
  • 7 idées reçues sur le capitalisme passées au crible

Pour avoir des éléments de réponse à ces questions fascinantes et à bien d’autres encore, cliquez ici pour commander ce numéro ! Un grand merci notamment aux économiste Jézabel Couppey-Soubeyran et Charles Banaste pour leurs éclairages.

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« Avant toutes choses »

« Il n’est pas de culture qui n’ait soulevé la question de ses origines. Mieux : cette question a toujours reçu une réponse », observe le philosophe Pascal Nouvel dès les premières lignes de cet ouvrage. Si le premier constat n’est pas surprenant, le second est une belle source d’interrogations : par définition, une origine s’est toujours plus ou moins perdue dans le temps ; elle reste en partie inaccessible, mystérieuse et par conséquent sujette à controverses. Comment donc expliquer notre propension à vouloir la retrouver et de quelle façon prétendons-nous y parvenir ? Tel est l’objet de cette enquête philosophique, surnommée avec humour « originalogie ».

Partant de la question la plus fondamentale en la matière – celle de Leibniz qui se demande pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien –, P. Nouvel montre que les « discours d’origine » qui en découlent peuvent se réduire à quatre genres. Le « récit mythologique » fait intervenir des entités fabuleuses (des « dieux-choses » : le Chaos, la Terre, etc.) dans des environnements où les lois actuelles de l’univers ne s’appliquent pas. Ils ont leur cohérence propre et sont par conséquent invérifiables. Les discours scientifiques s’efforcent, eux, de remonter la chaîne des causes et des effets, en se fondant autant que possible sur des observations empiriques ; mais ils rencontrent des difficultés à mesure que les indices se font de plus en plus rares… À mi-chemin, des récits de type rationnel constituent les deux dernières catégories : les uns tentent de revenir à une sorte d’horizon « originaire » de la conscience, à l’image des philosophes adeptes de phénoménologie ; les autres disqualifient les discours d’origine comme répondant à un faux problème et à une illusion rhétorique – une origine a-t-elle un sens si elle est l’effet d’une autre cause ?

Outre cet effort de classification, P. Nouvel situe ces récits dans des débats politiques plus actuels. En effet, le concept d’origine se trouve au cœur de batailles politiques entre ceux qui souhaitent la restaurer, la préserver, et ceux qui préfèrent s’en affranchir, avancer sans trop regarder derrière eux.

Avant toutes choses. Enquête sur les discours d’origine, Pascal Nouvel, CNRS, 2020, 300 p., 26 €. Cette recension est parue dans Sciences Humaines (n° 326, juin 2020), à retrouver ici !

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