Les moines bouddhistes français contraints de cotiser davantage

Des moines dénoncent leur changement de régime social dans une lettre ouverte aux politiques.

Sur www.lemondedesreligions.fr

Et si l’austérité commençait dans les pagodes ? Alors que des économistes annoncent des coups de rabot tous azimuts, l’appel au secours des bouddhistes résonne comme un témoin d’alerte pour tout le monde. Dans une lettre ouverte, rendue publique juste avant le second tour de l’élection présidentielle, le Conseil supérieur des religieux bouddhistes interpelle les candidats sur les cotisations sociales qui leur sont demandées. Celles-ci seraient depuis peu calculées sur la base du Smic, alors que les moines n’ont pas de salaire, dépendent de dons et perçoivent au final beaucoup moins d’argent ; ils seraient bien en peine de pourvoir à de telles sommes.

Selon l’AFP, une quarantaine de pagodes sont concernées. Jusqu’en 2009, elles relevaient de la Couverture maladie universelle (CMU), au même titre que tout résident en France gagnant très peu d’argent. Grâce à ce système, les moines ne cotisaient pas pour leur retraite et dépendaient, à terme, de la solidarité nationale. Ils doivent désormais être affiliés auprès de la Caisse d’assurance vieillesse invalidité et maladie des cultes (Cavimac), et donc cotiser. À Strasbourg par exemple, 100 000 € sont demandés à la pagode de Clasbec. La somme s’élève même à 140 000 € à la pagode Khanh-Anh de Bagneux (Hauts-de-Seine).

Des moines « n’osent plus se faire soigner », dénonce le porte-parole de la communauté bouddhiste, Han Dinh, qui pointe même le risque « de détruire toute une voie spirituelle ». Ils ne sont pas nécessairement hostiles à de nouvelles cotisations, mais demandent à ce que leurs revenus réels soient pris en compte plutôt qu’un hypothétique Smic. De son côté, la Cavimac a mis en place un fonds d’action sociale pour permettre aux Pagodes de s’adapter. Pour son directeur Jean Dessertaine en effet, le problème vient du fait qu’elles n’avaient pas prévu de cotiser et qu’elles n’ont pas de rentrée d’argent affectée à cette nouvelle dépense. Les politiques interpellés, eux, n’ont pas encore fait connaître leur réaction.

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Classé dans Religion, Société

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