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Sondage CSA-Marianne : quelle est l’influence des philosophes ?

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Bernard-Henri Lévy est le plus connu, Élisabeth Badinter la plus influente. C’est le principal enseignement du sondage exclusif CSA-Marianne publié samedi par l’hebdomadaire, dans un dossier consacré aux « intellectuels qui comptent (vraiment) pour les Français »

82 % des personnes interrogées déclarent avoir « entendu parler » de BHL. Suivent de près Élisabeth Badinter (70 %), Luc Ferry (69 %) et Régis Debray (64 %). En revanche, 24 % des sondés disent avoir changé leur façon de penser après avoir écouté ou lu Élisabeth Badinter, contre 21 % pour Luc Ferry, 18 % pour BHL et 14 % pour Régis Debray.

Paradoxalement, d’autres figures médiatiques de la scène philosophique sont loin derrière : moins d’un Français sur trois à entendu parler d’André Glucksmann (31 %), de Michel Serres (28 %), de Michel Onfray (26 %), d’Alain Finkielkraut (21 %), d’Alain Badiou (20 %) ou de Jacques Rancière (7 %). En outre, moins d’un sur dix déclare avoir été influencé par leur pensée.

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Flopenhague, comme convenu

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Ils n’en attendaient pas grand-chose et n’ont pas trouvé de quoi se réjouir. Les philosophes, sociologues ou encore historiens sont peu intervenus dans les médias à l’occasion de la Conférence des Nations Unies sur le Changement Climatique, qui se tenait du 7 au 18 décembre à Copenhague. Au mieux, ils ont souligné l’importance de l’enjeu et les carences du sommet. Dès novembre, le spécialiste de l’histoire du climat Emmanuel Le Roy doutait de la capacité des gouvernements à infléchir l’augmentation des températures. Il se dit inquiet, estimant que des périodes de réchauffement ont certes déjà eu lieu, mais que la régularité et la durée de cette augmentation au XXème siècle sont inédites.

Plus sceptiques encore, les philosophes sensibles aux mouvements écologistes et altermondialistes ont mis en cause la compatibilité du capitalisme et d’une solution au réchauffement climatique. Auteur de Cosmopolitiques (Les empêcheurs de penser en rond – La Découverte, 7 tomes) et plus récemment de Au temps des catastrophes. Résister à la barbarie qui vient (Les empêcheurs de penser en rond – La Découverte, 2009), Isabelle Stenger juge que « on ne peut se fier au capitalisme pour réparer les dégâts dont il est responsable ». Elle fustige au passage la soumission à l’ordre établi et aux contraintes techniques. Pour elle, il faut revaloriser les principes de coopération et de collectivité. Dans un autre genre, l’agronome et philosophe Pierre Rabhi a renchéri lors d’un chat organisé par Libération : « je n’espère rien de sérieux de toutes ces grandes messes internationales, qui resteront impuissantes à changer les choses tant que la finance aura la prépondérance absolue ». L’Américain Michael Hardt met en perspective cette convergence de l’anticapitalisme et de l’écologisme (vidéo). Coauteur avec Toni Negri de Empire et multitude (Exils, 2000), un essai de référence sur l’altermondialisme, il estime que « Copenhague pourrait être le moment initial d’un nouveau cycle de luttes […]  Ce qui n’est pas encore clair, c’est si la résolution du problème climatique sera l’issue vers laquelle convergeront les différents combats, ou si l’écologisme et ces combats auront un autre but commun. »
Enfin, omniprésent pendant toute la durée du sommet, le philosophe Michel Serres ne s’est pas non plus fait d’illusion : « on ne rattrape pas si vite des années d’oubli ». Pour lui, le problème résulte notamment de la disparition de la classe paysanne et de la généralisation de la vie en agglomération. Il appelle en conséquence à reconsidérer l’être au monde de l’humanité, en y incorporant le concept de « Biogée », qu’il appelle ainsi « pour dire en un titre la terre et la vie ». Mais il estime que ce nouveau partenaire n’a pas été invité ni même représenté à la table des négociations de Copenhage. Rien n’a été décidé pour les absents en somme.

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