« Tant que tu fais une différence entre le nirvana et le samsara, tu es dans le samsara. »

André Comte-Sponville, philosophe athée mais fidèle à sa culture chrétienne, est aussi un passionné et fin connaisseur du bouddhisme. Pourtant – ou précisément pour cette raison –, il refuse de se définir comme un adepte. Cette interview est parue sur Bouddha News.

© François Bouchon – Figarophoto

D’où vient votre intérêt pour le bouddhisme ?

De mon intérêt pour la sagesse, qu’elle soit d’Orient ou d’Occident. Mais quand j’étais jeune, ce thème paraissait obsolète en Occident : les philosophes contemporains semblaient avoir renoncé à chercher quelque sagesse que ce soit ! J’ai donc fait un détour par l’Orient, où cette quête me semblait plus vivace. Et j’ai vite rencontré le bouddhisme, dont je me suis senti beaucoup plus proche que de l’hindouisme ou du confucianisme. Pourquoi ? Parce qu’il est moins religieux que l’hindouisme et plus spirituel que le confucianisme. L’hindouisme prône l’assimilation du « soi » intérieur (« l’âtman ») au Soi absolu ou à l’âme universelle (« le Brahman »). Alors que le bouddhisme nie tout simplement l’existence d’un soi, que ce soit en moi ou en tout. C’est l’idée d’ »anâtman » : il n’y a pas d’identité substantielle, pas d’autre ego qu’illusoire. Quant au confucianisme, c’est un humanisme ritualiste et conservateur, très efficace dans la vie quotidienne, mais qui manque d’élévation spirituelle, de sens de l’absolu ou de l’éternité, enfin d’une dimension mystique.

Quels courants vous ont le plus intéressé ? 

Je me suis d’abord penché sur le bouddhisme primitif : je cherchais ce qu’avait pu être la pensée originelle du Bouddha, avant que ses disciples, toujours trop pieux à mon goût, en aient fait une religion. Lire la suite

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Patrimoine : la machine à remonter le temps existe-t-elle ?

Reconstitution de lieux, de sons d’odeurs… Des scientifiques recréent un patrimoine disparu depuis des siècles pour mieux nous immerger dans l’Histoire. Cet article est paru dans Ça m’intéresse – Questions & Réponses (n° 25, février – avril 2019), consacré aux secrets de notre patrimoine. À découvrir en kiosque ou en ligne !

Un grand merci pour leurs témoignages et leur expertise à :

  • Étienne Anheim, historien spécialiste du Moyen-Âge
  • L’historienne Isabelle Bakouche et la sociologue Sarah Gensburger, créatrices de la série de “bulles sonores” Gens de la Seine
  • Annick le Guérer, historienne, anthropologue et philosophe spécialiste des parfums et odeurs
  • Bruno de Sa Moreira, cofondateur d’Histovery, à l’origine de l’HistoPad

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Salutation au Soleil-Levant

Paru début janvier, un recueil dédié aux notions clés de la culture japonaise comporte de riches pages sur l’histoire et les spécificités du bouddhisme dans l’archipel. Cet article est paru sur Bouddha news.

Suivant l’adage du « wakon yôsai » – « âme japonaise, savoir étranger » –, une spécificité du génie nippon réside dans sa capacité à assimiler des idéologies étrangères tout en préservant une identité culturelle affirmée. Cette idée résume bien l’histoire du bouddhisme dans ce pays, comme l’exposent les auteurs de cet ouvrage dense, sobre et passionnant, intitulé La pensée japonaise (Sous la direction de Sylvain Auroux, PUF, 2019). Introduit au milieu du VIe siècle via la Chine, le bouddhisme y a « joué un rôle formateur de la pensée et de la sensibilité japonaises », tout en étant reçu « d’une façon plutôt distincte de son état primitif en Inde et en Chine » – plus en harmonie avec les croyances préexistantes dans l’archipel. Tout au long de son histoire, le pays du Soleil-Levant n’aura pas cessé de développer des concepts originaux au cœur de cette tradition.

Terreau commun

Le mélange s’est appuyé sur une proximité idéologique et une aspiration commune. La pensée japonaise comme le bouddhisme nourrissent généralement une défiance vis-à-vis de la méthode scientifique et du rationalisme occidental. Jusqu’au XIXe siècle, si les Japonais ont peu à peu accepté cette approche dans les sciences naturelles, ils ont conservé à son égard « une attitude fondamentalement négative dès lors qu’il s’agissait de comprendre l’être humain en lui-même », la divinité ou encore le caractère sacré de l’existence. Lire la suite

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Le “flex office » ou le travail en liberté surveillée ?

Exit les bureaux fixes et attitrés, la tendance est à la mobilité… et à la surveillance déguisée, comme l’anticipaient les philosophes Michel Foucault et Gilles Deleuze.

Cet article est paru dans la nouvelle formule du magazine Management (n° 272, mars 2019), à retrouver en ligne ! à lire également dans le même numéro, le dossier sur l’art de la négociation. Je vous propose trois romans, classiques ou contemporains, pour s’y initier.

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Classé dans Management, Philosophie

Généalogies et nature du transhumanisme

Jadis assimilé à de la science-fiction, le transhumanisme fait régulièrement la couverture des magazines depuis quelques années. Les progrès en génétique, en informatique, en robotique donnent à penser que l’humanité aura la possibilité d’améliorer sa condition biologique comme jamais auparavant, voire de se transformer en une autre espèce, comme le souhaitent certains transhumanistes radicaux. Cette perspective a suscité une flopée d’essais alarmistes trop souvent mal informés, laissant toutefois une place à quelques perles, comme cet ouvrage collectif.

Tendances multiples
Cet état des lieux savant et tempéré, écrit pour le plus grand nombre, réunit les analyses de chercheurs en sciences sociales et de philosophes, spécialistes de cette mouvance comme de questions éthiques et politiques connexes. Si le transhumanisme paraît renvoyer aux sempiternelles tentatives de l’humanité pour s’émanciper de contraintes biologiques et échapper à la mort, la diversité des courants s’en réclamant remet en question son unité : qu’y a-t-il de commun entre les partisans raisonnés du progrès biotechnologique et médical et les militants eugénistes, par exemple ? Lire la suite

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Peut-on s’inspirer des millenials au travail ?

Managers et DG attendent notamment des jeunes qu’ils les aident à maîtriser les réseaux sociaux et les outils numériques. Au-delà d’une mise à jour technique, beaucoup tentent ainsi de renouveler leurs méthodes.

© Laurent Hazgui pour Management

Cet article est paru dans Management (n° 271, février 2018). Merci pour leurs témoignages et commentaires à :

  • François Bucchini, directeur adjoint chez Gras Savoye Willis Towers Watson, et son “mentor junior » Mathieu Pereira
  • Sandrine Perrien, responsable RH chez Gras Savoye Willis Towers Watson
  • Alain Escoffier, responsable pour la France de BNP Paribas Leasing Solutions
  • Edouard Tessier, consultant et fondateur d’Anakao
  • Pierre-Henri Tavoillot, philosophe et coauteur de La guerre des générations aura-t-elle lieu ? (Calmann-Levy, 2017)

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Les nouvelles frontières de la pédagogie

Apprendre, oui, mais comment ? Des chercheur.euse.s de l’université Paris Diderot testent des innovations en matière d’enseignement et d’assimilation des connaissances. La fameuse peur des maths pourrait bien disparaître, tandis que les élèves seraient mieux préparés à démêler le vrai du faux dans le flux d’information. L’université elle-même montre l’exemple en s’impliquant dans une nouveau modèle de formation : l’École universitaire de recherche. Ce dossier a été réalisé pour Médiathena et l’Université Paris Diderot.

Professeure des universités en didactique de la physique, Cécile de Hosson analyse les choix et les compromis d’adolescents soumis à un exercice de médiation scientifique.

Faire prendre conscience aux jeunes de leurs biais cognitifs, lorsqu’ils sont confrontés à une information contre-intuitive, permettrait de mieux les armer intellectuellement contre les fake news, envisage le professeur de sociologie à l’université Paris Diderot et spécialiste des croyances Gérald Bronner.

Vingt-neuf Écoles universitaires de recherche (EUR) font leur apparition cette année. Jonathan Weitzman, professeur de génétique, est le cofondateur avec Alain Zider de l’une d’entre elles pour l’université Paris Diderot, en génétique et épigénétique. Il présente les principales innovations pédagogiques qu’il compte mettre en place dans l’EUR Génétique et Epigénétique Nouvelle Ecole (G.E.N.E.).

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